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jeudi 8 décembre 2016
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AFP, 4 janvier 2016

Bahreïn coupe ses liens diplomatiques avec l’Iran


Manifestation contre l’exécution de Nimr Baqer al-Nimr en Arabie saoudite, à Sanabis, le 3 janvier 2016

Le Royaume de Bahreïn a rompu, lundi 4 janvier 2016, ses relations diplomatiques avec l’Iran, moins de 24 heures après une décision similaire de l’Arabie saoudite, a annoncé l’agence officielle bahreïnie BNA. Bahreïn, dirigé par une dynastie sunnite qui entretient des liens étroits avec Riyad, a demandé à tous les diplomates iraniens de quitter le royaume « sous 48 heures », a ajouté l’agence.


Bahreïn

Ces développements sont survenus après l’exécution, samedi 2 janvier 2016, d’un dignitaire chiite en Arabie saoudite et des attaques de représailles contre des missions diplomatiques saoudiennes en Iran. L’exécution du cheikh Nimr Baqer al-Nimr a provoqué des manifestations parmi les communautés chiites du monde arabo-musulman, y compris à Bahreïn, où des heurts ont éclaté, dimanche 3 janvier, entre des manifestants chiites et la police.

Nimr Baqer al-Nimr

Le petit Royaume de Bahreïn, voisin de l’Arabie saoudite, est le siège de la Ve Flotte des États-Unis. Il est le théâtre de troubles sporadiques depuis des manifestations de masse, en 2011, de la majorité chiite qui demandait des réformes et un plus grand rôle politique pour cette communauté. Le pouvoir sunnite à Bahreïn fait preuve d’une extrême fermeté à l’égard des opposants, notamment chiites, mais nie toute discrimination envers cette communauté. Les dissidents sont souvent accusés d’être liés à l’Iran, une accusation qu’ils rejettent.

Les Émirats arabes unis ont rappelé leur ambassadeur en Iran et réduit les liens diplomatiques avec ce pays, se démarquant légèrement de l’Arabie saoudite et de Bahreïn qui ont rompu leurs relations avec l’Iran, a annoncé, lundi 4 janvier 2016, le gouvernement d’Abou Dhabi. Abou Dhabi a rappelé son ambassadeur à Téhéran et « réduit le nombre de diplomates iraniens » aux Émirats, en raison de la « poursuite des ingérences iraniennes dans les affaires des pays arabes et du Golfe, qui ont atteint des niveaux inégalés », a indiqué le ministère des Affaires étrangères cité par l’agence WAM. Désormais, les deux pays seront représentés par des chargés d’affaires, a précisé le texte en annonçant que l’ambassadeur émirati à Téhéran, Saif Al Zaabi, avait été rappelé dans son pays, conformément à une mesure qualifiée « d’exceptionnelle ».

À l’exception du Sultanat d’Oman, les monarchies arabo-sunnites du Golfe entretiennent des relations tendues avec le gouvernement de Téhéran qu’elles accusent régulièrement « d’interférences » en Syrie, au Yémen, au Liban et à Bahreïn.

Le ministère émirati des Affaires étrangères a souligné, lundi 4 janvier 2016, que « des relations positives entre les États devraient être fondées sur le respect mutuel et une politique de non-ingérence ». Une importante communauté d’origine iranienne vit à Dubaï et les Émirats entretiennent des liens d’affaires avec l’Iran.

Agence France Presse

Manifestation contre l’exécution de Nimr Baqer al-Nimr en Arabie saoudite, à Sanabis, le 3 janvier 2016

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