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jeudi 8 décembre 2016
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panamza.com, 10 janvier 2016

Le lobby juif : La désinformation en prime time

par Hicham HAMZA


L’émission Envoyé Spécial de France 2 a consacré 9 minutes au site Panamza. Le résultat : un condensé de mensonges, non-dits et approximations.


France

Dans la prolongation du gouvernement Valls, c’est au tour du service public de France 2 de s’en prendre -à une heure de grande écoute- au site indépendant d’investigation. La méthode est la même : diabolisation, mensonges éhontés, raccourcis et condescendance.

Fondée en 1990 par Bernard Benyamin et Paul Nahon (tous deux proches du Conseil représentatif des institutions juives de France), l’émission Envoyé Spécial a diffusé, jeudi 7 janvier 2016 au soir, un reportage totalement à charge contre l’auteur de ces lignes. Son titre ô combien ridicule : "Les adeptes du soupçon". Ses auteurs : Paul Sanfourche, Tatiana Daligault, Elie Marot, Nils Montel et Mikaël Bozo.

Paul Sanfourche

Elie Marot

Durant près de 9 minutes (sur les 35 mn du reportage), le site et son fondateur ont été ainsi brocardés, associés aux spéculations sur les "Illuminati" et calomniés sans la moindre possibilité d’apporter un contre-point (reportage intégral dès 1h18, séquence à partir de 1h31).

Vidéo : Envoyé spécial du 7 janvier 2016

https://www.youtube.com/watch?v=4LmOfF-rBy0

Florilège des contre-vérités et autres approximations élaborés par le rédacteur du reportage : Paul Sanfourche, "journaliste à France Télévisions" (donc payé avec vos impôts).

* Mensonge (1h32) : "le site Panamza voit" dans une vidéo capturée le 7 janvier 2015 "la preuve d’une conspiration" à propos de l’attentat contre Charlie Hebdo. De tels termes n’ont jamais été employés, notamment sur la base de ces seules images.

* Approximation (1h33) : Julien Deceroi, auteur de cette vidéo dont des extraits ont été repris, se plaint auprès de Sanfourche -qui ne le contredit pas- de ne pas être "cité". Sa vidéo a pourtant été intégralement diffusée, avec l’accès direct à sa page Youtube et à son identité, dans cet article de Panamza. http://www.panamza.com/200715-charlie-mensonge/

* Approximation (1h33) : Deceroi accuse Panamza d’avoir désigné un passant visible dans sa vidéo comme un probable "policier en civil" en raison d’une simple impression visuelle. Dans sa narration en voix-off, Sanfourche omet de préciser que cet individu avait curieusement interrompu -en s’interposant face à eux- des vidéastes (dont Deceroi) qui tentaient de filmer la scène du crime.

* Mensonge (1h32) : "La particularité de Panamza, c’est l’obsession du complot juif". En 30 mois d’existence, une telle sémantique -intellectuellement grossière- n’a jamais été validée sur le site. Outre la calomnie, voici l’autre procédé pervers de Sanfourche : suggérer en filigrane que des personnalités juives -y compris celles qui sont animées par la défense de leur identité religieuse et/ou leurs convictions sionistes- ne peuvent jamais "comploter". Seule l’expression de "complot islamiste" serait politiquement correcte. Or, l’histoire contemporaine de l’État d’Israël démontre amplement le contraire, notamment à travers sa pratique -de plus en plus éventée- de l’attentat sous fausse bannière.

* Approximation (1h32) : "Il s’étonne que les attentats aient eu lieu un vendredi, au moment du shabbat". Voici mes propos exacts à propos de cet aspect de l’affaire du 13 novembre 2015 : "Ne comptez guère sur les médias traditionnels pour espérer connaître les ramifications d’opérations imputées exclusivement à une cellule islamiste activée un vendredi 13, au début du shabbat".

* Mensonge/Approximation (1h32) : "Il affirme aussi que des officiels juifs auraient été prévenus à l’avance des attaques". Nulle affirmation de ma part : j’ai rapporté la révélation à ce sujet d’un média israélien. Là encore, Sanfourche ne dit rien sur le fond.

* Double mensonge (1h32) : "Après avoir refusé notre proposition d’interview, nous le contactons par téléphone". En réalité, j’ai accepté sa proposition d’entretien et nous avons ainsi échangé durant près d’une heure par téléphone. Et c’est moi -et non pas lui- qui ait contacté l’autre sur son smartphone, suite à notre correspondance par mail.

Détail relatif à sa duplicité : Sanfourche m’avait promis par mail de ne pas faire d’"enregistrement" durant notre échange vocal. L’extrait diffusé dans l’émission prouve le contraire. Par ailleurs, Panamza a également -par sécurité- capturé notre entretien. En guise d’information supplémentaire, des extraits seront donc très prochainement dévoilés sur le site.

* Mensonge/Approximation (1h35) : aucune question ne m’avait été posée à propos de mon "tuteur" du stage effectué durant l’été 2008 au sein du "Courrier" de Mantes-la-Jolie. Il s’agissait de Francine Carrière, rédactrice en chef -adepte d’un rapport de connivence avec les élus locaux- qui m’envoyait rarement en reportage et préférait me voir garder la salle de rédaction tandis que ses salariés partaient sur le terrain. Résultat : c’est ainsi que, désoeuvré et posté devant un ordinateur, j’ai perfectionné durant deux mois mon maniement du webjournalisme, notamment -dans la foulée de ma collaboration antérieure avec le site Bakchich- à travers la rédaction de papiers de plus en plus sourcés (pour un blog aujourd’hui clos). Anecdote : j’avais surpris un jour l’un de mes co-tuteurs en train de consulter dans mon dos mes articles consacrés à l’affaire Richard Labevière, alors responsable de RFI qui s’était plaint de la main-mise de la mouvance sioniste.

Richard Labevière

S’apparentant à un fichage tacite, la rumeur -alors naissante à mon sujet- d’un marquage politique jugé trop radical (opposant au régime colonial israélien, détracteur du Conseil représentatif des institutions juives de France, critique de la version officielle du 11 septembre 2001) allait vite devenir compromettante pour s’ancrer professionnellement dans le secteur médiatique hexagonal.

A fortiori quand le nouveau directeur de votre école de journalisme (débarqué en janvier 2008, six mois après mon admission) se nomme Christophe Deloire, crypto-zemmourien islamophobe lié aux cercles néoconservateurs et encensé jadis par Bruno Mégret, aujourd’hui patron (comme le fut l’atlanto-lepéniste Robert Ménard) de Reporters sans frontières.

Christophe Deloire

L’année suivante, deux autres stages me donnèrent l’opportunité de mesurer par moi-même l’ampleur du tabou relatif à la question d’Israël : à LCP, l’ex-directeur (Richard Michel, successeur du sioniste Ivan Levaï) avait littéralement engueulé la dizaine de journalistes qui refusèrent de couvrir toute la soirée du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France en leur affirmant qu’ils risquaient ainsi de "foutre en l’air" leur carrière. Et sur TF1, un journaliste-reporter d’images (Alain-Sam Federowski) n’avait pas hésité à tester ma réaction en m’emmenant découvrir la photographie inattendue qui ornait la porte de son casier : le portrait de Golda Meir, ancienne dirigeante raciste et belliciste du gouvernement israélien.

Alain-Sam Federowski

J’avais évoqué de vive voix ces deux illustrations significatives auprès de Sanfourche, mais celui qui se fait le représentant "des médias grand public" (comme il se définit dans le reportage) n’a visiblement pas osé les rapporter. De même, je lui avais fait savoir que ma dénonciation -début 2009, dans un mailing interne à l’école- d’une prétendue "enquête" collective du Centre de formation des journalistes sur le 11 septembre 2001 avait été l’élément ultime pour précipiter ma mise au ban par l’équipe professorale. Opiniâtre mais désormais blacklisté, j’étais devenu une source de remords pour le Centre de formation des journalistes : l’époque était alors à la mode de l’affichage du recrutement volontariste de la "diversité" (comprendre des étudiants d’origine afro-arabe). J’allais vite percevoir que les "typés" étaient les bienvenus dans les écoles de journalisme (passerelles obligées pour commencer à travailler dans les médias de masse), pourvu qu’ils soient aseptisés, notamment sur la question de l’islam ou de la Palestine.

Mon rapport à la banlieue dont j’étais issu (ayant grandi en "zone urbaine sensible") ou ma vision de Tariq Ramadan ainsi que celle de Charlie Hebdo étaient alors fréquemment questionnés, notamment par Christophe Deloire.

* Mensonge (1h36) : "John Paul Lepers donne sa chance à Hicham Hamza". Pipeau asséné avec un brin de condescendance : ce fut Lepers qui m’avait contacté à la rentrée 2009 -via une connaissance commune de l’association Reopen911- pour travailler avec lui sur la question du 11 septembre 2001.

John Paul Lepers

* Approximation (1h36) : "Hicham Hamza décide d’enquêter sur des personnes qui auraient été prévenues à l’avance du 11-Septembre". Sanfourche fait preuve ici d’une stupéfiante incompétence. Le cas des délits d’initiés qui furent commis autour du 11 septembre 2001 a été attesté par de nombreux spécialistes internationaux de la finance.

* Mensonge (1h36) : "Élucubration", manque "de preuves, d’éléments" donc "on s’est pas revu", affirme Lepers. Fin 2009, Lepers était vivement intéressé par la remise en question croissante du récit officiel du 11 septembre 2001. Après deux collaborations avec lui sur ce thème, j’avais pu valider in extremis l’intérêt de mon enquête sur les délits d’initiés car j’avais réussi à interviewer, entre autres, un économiste réputé (Marc Chesney) et un célèbre ex-trader (Max Keiser). En 2013, voici ce que je rapportais déjà à propos de l’ambigu Lepers dont je me suis rapidement séparé : "Le directeur de la Télé Libre, John-Paul Lepers, acceptait ouvertement de contester avec pugnacité la version officielle des attentats à la seule condition que l’angle israélien ne soit jamais abordé. L’ex-journaliste du Vrai Journal de Canal+ m’affirmait devenir « touchy » dès que ce thème était évoqué devant lui. Quand j’ai indiqué, fin 2009, au collectif de la Télé Libre -dans lequel venait de se greffer un proche de Caroline Fourest et Mohamed Sifaoui (ajout 2016 : son nom est Jonathan Halimi)- mon intention de travailler sur la question opaque des délits d’initiés relatifs au 11-Septembre, John-Paul Lepers avait alors feint de s’indigner avec ironie, en s’exclamant : « Ah non ! Pas un sujet sur les juifs de Wall Street ! ». Quand je lui fis remarquer que la variété des spéculateurs boursiers concernés débordait largement du cadre restreint de la communauté financière new-yorkaise, l’homme qui passe pour un trublion des médias français n’en a eu cure. Pour John-Paul Lepers, enquêter sur la question revenait curieusement à prêter le flanc à de futures accusations d’antisémitisme".

* Mensonge (1h36) : Sanfourche affirme de manière péremptoire qu’aucune "enquête" n’a été faite sur les circonstances de la vidéo capturée par l’ouvrier polonais devant les locaux de Charlie Hebdo. Il omet de préciser que j’avais justement basé mon investigation, étayée par plusieurs éléments inédits d’information, sur mes entretiens téléphoniques avec ses deux employeurs.

* Approximation (1h36) : soutenu sans contradiction par Sanfourche, Geoffroy Sciard affirme que son ouvrier polonais ne se prénomme pas, comme l’avait rapporté Panamza, "Janek". Ce prénom fut pourtant rapporté par plusieurs médias polonais dont celui-ci, en anglais. http://www.thenews.pl/1/10/Artykul/193599,Poles-recorded-footage-of-Charlie-Hebdo-attackers

Passons ici sur le recours aux pseudo-spécialistes du "complotisme" tout au long du reportage : Gérald Bronner, le sociologue (promu par le Conseil représentatif des institutions juives de France) qui rapporta une fausse rumeur sur Haïti, et Rudy Reichstadt, militant crypto-sioniste lié à Caroline Fourest.

Passons également sur l’éloquente omission de Sanfourche à propos du métier du journaliste en France : beaucoup l’exercent sans le "diplôme" de l’une des 14 écoles dites "reconnues". Mieux encore : de nombreux pigistes n’ont pas de carte de presse car celle-ci dépend simplement de l’existence d’un contrat plurimensuel de travail au sein d’une entreprise dite "de presse". C’est ainsi qu’à l’inverse, des milliers de titulaires de cette carte bleu-blanc-rouge n’exercent en rien -au quotidien- le travail de rédaction ou d’investigation journalistique.

Vidéo : Info ? Intox ? "La carte de presse pour les employés du Minitel rose ?" - Archive INA

https://www.youtube.com/watch?v=cmTSIVrIrTU

Panamza reviendra au plus tôt sur cette sordide manoeuvre politico-médiatique en publiant des extraits sonores de mon long échange téléphonique avec Sanfourche.

En attendant, je vais revoir mon avocat : mon dossier d’étudiant -dont Sanfourche a bien évidemment sélectionné des passages vaguement négatifs sans rappeler au téléspectateur mon conflit à la fois idéologique et personnel avec le directeur Deloire- n’est pas censé, selon la CNIL, pouvoir être publiquement divulgué.

Conséquence : nous allons envisager la faisabilité d’une plainte contre France 2, Paul Sanfourche et le Centre de formation des journalistes. Et rira bien qui rira le dernier.

Hicham HAMZA

http://www.panamza.com/080116-france2-contre-panamza/

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