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mardi 6 décembre 2016
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poggia.blog, 20 février 2016

Suisse : Assurance maladie. Va-t-on se moquer encore longtemps des Genevois ?

par Mauro POGGIA


Nous le savons, de 1996 à 2013, les Genevois, comme les assurés de huit autres cantons, ont été obligés de verser des primes supérieures aux coûts de la santé qu’ils ont engendrés, permettant ainsi à nos assureurs de garder artificiellement basses les primes d’une majorités de cantons suisses (alémaniques), félicités, année après année, pour leur sens aigü des responsabilités.


Suisse

Le pot-aux-roses découvert, il a fallu menacer, en 2013, de toucher à un pilier de notre fédéralisme, la péréquation financière intercantonale, pour que le Parlement fédéral, du bout des lèvres, donne son aval à une Ordonnance sur la correction des primes, du 12 septembre 2014, restituant aux lésés, 800 millions sur le 1,6 milliard qui leur avait été prélevé indûment. Nous avons avalé cette première couleuvre.

Cette ordonnance, accouchée au forceps par une majorité de profiteurs du système, qui prétendaient ne pas trouver de base légale pour imposer la restitution du butin, indiquait que ces 800 millions seraient remboursés sur trois ans, en 2015, 2016 et 2017, et que participeraient à l’effort, les assurés des cantons ayant payé des primes trop basses -normal-, la Confédération, pour ne pas avoir su éviter ce dysfonctionnement -curieux-, et les assureurs, ceux-ci pouvant, au choix, puiser dans leurs réserves ou augmenter les primes de leurs assurés, y compris ceux auxquels le remboursement était destiné -inadmissible-. Nous n’avons, pour l’heure, avalé cette deuxième couleuvre, qu’à moitié..

La somme destinée aux Genevois, pour les trois ans, a été précisément arrêtée à 222’033’000 francs.

En 2015, seuls les assurés des cantons ayant versé des primes trop basses durant 18 ans et la Confédération ont mis la main au porte-monnaie, et nous avons reçu 79 francs par personne (pas 80, mais 79, afin que nous soyons convaincus du caractère scientifique de l’opération). Si l’on compte 444’000 assurés sur le canton, cela nous donne 35 millions... sur plus de 222. Troisième couleuvre.

A la fin de l’année dernière, on nous annonçait qu’en 2016, les assureurs allaient également participer à l’effort (en réalité, nos assureurs ne gèrent que notre argent et leur effort n’est que le nôtre).

Or, qu’apprenons-nous hier 18 février ? https://www.news.admin.ch/message/index.html?lang=fr&msg-id=60693 Que nos assureurs ne participeront pas à cette tranche de remboursement (sans doute pour ne pas entamer leurs modestes réserves), mais surtout, que les Genevois ne recevront que...57,30 francs !
http://www.news.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/42982.pdf

En d’autres termes, si l’on compte 450’000 assurés dans le canton, la somme remboursée ne serait que de 26 millions, lesquels, ajoutés aux 35 millions de 2015, nous donnent 61 millions en deux ans, sur les 222 millions annoncés en 2014 !

Ce qui voudrait dire qu’en 2017, si l’on table sur 455’000 assurés, chaque habitant du canton devrait recevoir plus de 350 francs ?

Au train où vont les choses, et compte tenu du manque de sérieux avec lequel ce sujet sensible est géré, il y a fort à parier que nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Mais cette couleuvre-là, Genève ne l’avalera pas !

Nous allons commencer par demander des explications détaillées à l’Office fédéral de la santé publique, et surtout des garanties. Genève, troisième plus important contributeur national dans le cadre de la péréquation financière intercantonale, après Zürich et Zoug, ne sera pas, une fois de plus, le dindon de la farce. Si fédéralisme rime certes avec opportunisme, il rime aussi avec réalisme.

Mauro POGGIA

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