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dimanche 4 décembre 2016
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Rivarol, 12 mars 2016

Le lobby juif : Les chambres à gaz ? M’en fous !

par Hannibal


Une jeune journaliste me disait l’autre jour :

— « Je ne comprends pas l’obsession de RIVAROL pour la question des chambres à gaz. On s’en fout. Les jeunes s’en foutent. Vous devriez être contents qu’on s’en foute et passer à autre chose ».


J’ai eu un peu l’esprit de l’escalier et je n’ai pas bien répondu, voici pourquoi je le fais dans cette chronique. Cette phrase me semble sincère. Je l’ai déjà entendue chez mes enfants, neveux et nièces. Accompagnée parfois d’un conseil :

— « Papa, si tu arrêtais de te faire du mal et qu’on disait que tu reviendrais dans la vraie vie ? »

Donc admettons qu’une part non négligeable de la jeunesse française éduquée se fiche de la question des chambres à gaz et tient ceux qui l’examinent pour des esprits gelés dans le passé, de pauvres obsédés qui font le jeu de leurs adversaires. Faut-il s’en réjouir ? Si cela signifierait que la machine à reformater les mémoires ne marche plus, certainement. Si cela signifierait que la somme de films, émissions historiques, procès divers, que le rabâchage scolaire incessant, que le gavage par la Shoah laisse la nouvelle génération indemne, que l’immense obsession de notre société occidentale glisse sur elle comme l’eau sur les plumes d’un canard, oui, sûrement, nous serions « contents ». Ce serait bien qu’une classe d’âge libérée soupire :

— « Auschwitz, connais pas ! Ou : Treblinka, keskséksa ? »

Cependant soixante-dix ans de propagande ne peuvent manquer d’avoir exercé certains ravages sur notre civilisation, et, quoi qu’en disent les sémillants jeunes gens et jeunes filles qui « s’en foutent », je demeure persuadé que l’obsession des chambres à gaz les a marqués en profondeur. Inconsciemment, elle aura donné forme à leur sensibilité politique, posé les limites de leur liberté et de leur autocensure.

Voilà un peu plus de vingt ans, dans une série de papiers de National Hebdo, j’établissais que le concept de crime unique fondait la morale, la politique et la philosophie du monde blanc postérieur à 1945. J’ai attendu depuis d’éventuelles réfutations et il n’en est pas venu. Certains disent aujourd’hui :

— « Oui mais les choses sont en train de changer. Les événements sont anciens, d’autres génocides sont venus en concurrence. Le sionisme se trouve d’ailleurs attaqué par d’autres forces puissantes. Et puis des questions nouvelles sont agitées pour capter l’attention du monde entier, par exemple le changement climatique ou les migrants, qui nous donnent l’ardente obligation de changer nos cœurs, nos vies, d’aider le tiers monde et de haïr nos nations ».

Cette foule d’objections ne me convainc pas pour trois raisons principales. D’abord, parce que la Shoah et ses chambres à gaz demeurent le primus inter pares des crimes contre l’humanité, et que la traite transatlantique, le génocide arménien, a fortiori celui des Ukrainiens ou des Vendéens, ne sont pas tout à fait égaux à elle —la loi Gayssot suffit à le prouver. Ensuite, surtout, parce que le jugement que l’on porte sur un méfait actuel a toujours pour pierre de touche et point de comparaison la Shoah, et non le génocide tutsi ou l’holocauste cambodgien. Si l’on veut critiquer l’armée israélienne dans sa façon de combattre les Palestiniens, on parle des « méthodes nazies » de Tsahal. Et la mise en scène des enfants palestiniens tués par les Israéliens rappelle explicitement l’image du gamin du ghetto de Varsovie. Donc, si tant de gens qui « se foutent des chambres à gaz » ont été manipulés par la photo du petit noyé turc, ou sont sensibles, malgré qu’ils en aient, aux exhortations de François quant aux migrants, c’est en raison des leçons qu’a semées dans leur crâne la Shoah. Enfin, il me semble impossible que les jeunes puissent s’abstraire tout à fait de la question des chambres à gaz, quoi qu’ils en prétendent, car les bombardements, les orages de propagande, n’ont pas cessé, bien au contraire. Et que des menaces de plus en plus précises pèsent de ce fait sur la démocratie, ce dont les jeunes ne sauraient se moquer.

Ainsi le Times of Israël du 24 février 2016 nous apprend-il que le musée du mémorial de l’Holocauste de New York cherche des « messages et des objets personnels de survivants de l’Holocauste » pour les inclure dans une « capsule temporelle » qui sera ouverte pour le cinquantième anniversaire du musée en 2043. Sa directrice, Sara Bloomfeld, estime en effet que :

— « Chaque jour, le musée engage une bataille pour sauver la vérité et maintenir vivant le souvenir de l’Holocauste, une bataille qui ne va que s’intensifier avec chaque année qui passe ».

Sara Bloomfeld

Cette bataille, cette frénésie de perpétuer une certaine mémoire, s’exacerbe en effet à mesure que l’événement s’éloigne et que les témoins directs disparaissent. Bien que « les rescapés de l’Holocauste » soient d’un nombre et d’une longévité tout à fait exceptionnels, il n’est si bonne compagnie qui ne se quitte, et même les milliers de bébés nés à Auschwitz-Birkenau quitteront la scène dans les vingt ans qui viennent. Dans ces conditions, les gardiens de la mémoire ont recours à un curieux sophisme, qui est de prétendre que les témoignages d’aujourd’hui ont une valeur exceptionnelle, alors que les témoins sont moins précis à mesure que le temps passe et que leurs facultés diminuent, et que leurs éventuelles erreurs ne trouvent plus de contradicteurs. Pour mieux s’en rendre compte il faut délaisser un moment la Shoah pour ouvrir le champ de vision sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il est certain que certaines bêtises grossières, celles d’un Paxton notamment, n’auraient pas été défendables tant que De Gaulle, Churchill et leur génération étaient vivants.

Robert Owen Paxton

Quoi qu’il en soit, l’acharnement judiciaire contre les « bourreaux nazis » de plus de quatre-vingt-dix ans participe de cette frénésie de mise en scène d’une certaine mémoire, portée au rouge par le vieillissement naturel des populations. Il faut faire vite avant que les derniers SS passent l’arme à gauche. Aussi divers parquets allemands ont-ils lancé en 2015 plusieurs instructions contre des nonagénaires diaboliques : Reinhold Hanning, 94 ans, gardien, Hubert Zafke, 95 ans, médecin, accusé de complicité dans le meurtre de dizaines de milliers de juifs. Mais cette activité débordante ne débouche pas toujours. Ainsi Hilde Michnia, une jeunette de 93 ans, cuisinière à Bergen-Belsen, accusée de complicité dans le meurtre de 1600 femmes mortes lors d’une marche, vient-elle d’être relaxée faute de preuve, alors qu’il existait un témoignage formel de sa méchanceté : elle avait donné des coups de pied à deux hommes qui volaient des navets dans sa cuisine ! Schrecklich !

Hilde Michnia

Deux affaires toutes récentes devraient retenir l’attention des jeunes qui « se foutent » des chambres à gaz car elles montrent à quel point cette chose dont ils n’ont rien à faire restreint aujourd’hui les libertés publiques et pervertit le débat politique. La première touche un Français, Olivier Badré, conseiller municipal des Hautes-Rivières, dans les Ardennes, au nord-ouest de Bouillon. Il vient d’être condamné à cinq mois de prison avec sursis et mille cinq cent euros d’amende par le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières pour un texte écrit sur son compte Facebook. Voici le texte : « Le 21 avril 2015, nous avons fêté le 33e anniversaire de la création de l’Assag, une association fondée en 1982 pour répondre au professeur Faurisson qui, dans une lettre en droit de réponse publiée par Le Monde du 16 janvier 1979, réclamait “une preuve, une seule preuve” ».

Olivier Badré

L’Assag dont il s’agit n’est pas l’épreuve que, dans les chansons des troubadours, les dames provençales imposaient à leurs amoureux pour vérifier que leur sentiment était vraiment courtois, à savoir de coucher nus ensemble sans que rien ne se passe, mais elle s’est attelée, elle aussi, à une tâche délicate. « L’association pour l’étude des assassinats par gaz sous le régime national-socialiste (Assag) », fondée à Paris en 1982 avait pour objet de « rechercher et contrôler les éléments apportant la preuve de l’utilisation de gaz toxique » par les nazis et « contribuer à la publication de ces éléments de preuve ». Cette association avait pour présidente Germaine Tillion, pour vice-président Georges Wellers, pour secrétaire général Jean Gavard, assisté de Serge Choumoff. L’erreur d’Olivier Badré est d’avoir titré son message : « Chambres à gaz : aucune preuve après 33 ans de recherche ». Cette formulation ambiguë peut donner à croire qu’il n’existe nulle preuve de l’existence des chambres à gaz, alors que le message dit seulement que l’Assag n’a publié aucune preuve. En d’autres termes, elle n’a simplement pas rempli son objet social, soit par incompétence de ses membres, soit pour toute autre raison, en particulier la mort de sa présidente Germaine Tillion en 2008 et de son vice-président Georges Wellers dès 1991.

Un compte Facebook est réglé par ce que l’on nomme des paramètres de confidentialité. C’est donc un espace privé, et il est tout à fait étonnant que l’on ait pu poursuivre Olivier Badré pour les propos qu’il y a tenus, si nauséabonds soient-ils pour la pensée unique. Ce qui inquiète plus encore est qu’une pétition circule, lancée par un certain Jean Corcos, auteur d’émissions et d’expositions de propagande communautaire et apparatchik du CRIF, demandant à Facebook de purger son réseau social de tout péché révisionniste : « Nous demandons que, le plus vite possible et après échange avec des associations antiracistes, soient mises en œuvre des procédures permettant que soit mis un terme à cette situation insupportable ».

Jean Corcos

Cependant la dictature qui pèse sur la France est de la roupie de sansonnet auprès de celle qui écrase les pays germaniques. Témoin le cas de Wolfgang Fröhlich. Cet ingénieur autrichien de 64 ans ne croit pas aux chambres à gaz homicides, ce qui est (encore) son droit, et il le dit, et il l’écrit, ce qui tombe sous le coup de la loi. Déjà emprisonné en 2003 et 2004, il purge une peine depuis août 2007 pour contestation de crimes contre l’humanité. Chers jeunes qui vous « foutez » des chambres à gaz, sachez donc qu’on peut être maintenu en prison dans une démocratie occidentale, pendant huit ans et demi, pour délit d’opinion. A quoi les geôliers répondront que la contestation de crime contre l’humanité n’est pas une opinion, c’est un délit : mais quiconque s’est intéressé si peu que ce soit à l’histoire des totalitarismes sait que leur caractéristique est précisément de transformer en délit, par la baguette magique de lois scélérates, une opinion non conforme.

Wolfgang Fröhlich

Il y a plus rigolo encore dans le cas Fröhlich. Tournant depuis huit ans dans sa prison, et soumis à des brimades que n’encourent pas les droit commun, le malheureux a adressé de sa cellule des courriers à diverses autorités pour les convaincre de sa bonne foi et de son bon droit. Ce faisant, il est apparu à leurs yeux comme relapse et récidiviste et a écopé de trois ans supplémentaires le 9 juillet 2015 ! N’en pouvant plus, mais tenace, il a déposé le 25 novembre 2015 une requête auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), avec copie à tous les membres du parlement européen. Sans doute très pris par leurs affaires, tous ont omis de répondre. Et la Cour se tait, bien sûr. Fröhlich vient donc de s’adresser une nouvelle foi à son président, directement, en s’étonnant de ce grand silence, et en joignant une masse impressionnante de pièces justificatives. Attendons de voir le résultat. Et si cela ne marche pas, irez-vous manifester à Strasbourg, chers jeunes, ou attendrez-vous que le Moloch totalitaire vous mange, sous un autre prétexte, par exemple celui de vous opposer à l’invasion ou à l’islamisation de la France ?

Hannibal

Le siège de la Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source