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Le Monde, 27 août 2004

Irak : Les cadavres du tribunal de Moqtada Al-Sadr


Preuve de crimes commis par les miliciens d’Al-Sadr ou manipulation des forces de sécurité irakiennes ? La police et les gardes nationaux irakiens auraient mis au jour des cadavres de policiers et de civils dans le bâtiment qui servait de tribunal au jeune imam.


Au moins vingt-cinq corps à la peau noircie et gonflée gisaient, vendredi 27 août 2004, dans la cour du tribunal du chef chiite Moqtada Al-Sadr, à Nadjaf, a rapporté un journaliste de l’AFP. Selon la police irakienne, ces corps auraient été transportés dans cette cour par des policiers et des gardes nationaux -auxiliaires de l’armée- après avoir été, toujours selon la police, découverts dans les caves du tribunal mis en place par le jeune imam et situé dans la vieille ville, près du mausolée.

Mais la confusion régnait, vendredi 27 août 2004, sur l’origine de ces cadavres. La police a affirmé qu’il s’agissait de personnes exécutées par les résistants, alors que le bureau de Moqtada Al-Sadr a indiqué au contraire qu’il s’agissait de combattants de l’Armée du Mahdi tués dans les combats et transportés au tribunal avant d’être enterrés. Deux photographes de l’AFP ont en effet vu des résistants, dans la matinée, emporter vers le tribunal, dans des couvertures, des corps trouvés dans un bâtiment de le rue Toussi et d’autres qui gisaient rue Sadeq. Ces deux rues étaient inaccessibles durant les combats car elles constituaient une ligne de front.

Une odeur insupportable se dégageait de la cour. Les cadavres portaient des vêtements sales et maculés de boue qui empêchaient d’en discerner la couleur, selon le correspondant de l’AFP. Des canettes de bière jonchaient le sol et un garde national a lancé aux journalistes : "Regardez de vos yeux, ils buvaient de la bière [formellement interdit dans la religion musulmane, NDLR] et après ils tuaient."

"Nous sommes entrés dans le bâtiment qui faisait office de tribunal à Moqtada Al-Sadr et nous avons découvert dans les caves un grand nombre de corps de policiers et de civils ordinaires", avait affirmé plus tôt le général Amer Hamza Al-Daami, chef adjoint de la police de Nadjaf. "Certains avaient été exécutés, d’autres étaient mutilés et d’autres encore avaient été brûlés", avait-il ajouté.

Rahri Hussein, un témoin, a affirmé qu’il se trouvait près du mausolée, vendredi 27 août 2004 au matin, lorsqu’un "jeune homme a demandé aux gens de venir au tribunal car il disait y avoir été torturé et qu’il était convaincu que des prisonniers s’y trouvaient encore". "Lorsque nous sommes arrivés là-bas, nous n’avons vu que deux personnes vivantes, l’oncle du chef de la police et un garçon, et le reste n’était que des cadavres", a-t-il dit.

Avec AFP

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