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lundi 21 août 2017
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AFP, 17 mars 2016

Corruption : Diffusion d’une conversation incriminante entre Lula et Rousseff


Manifestation antigouvernementale à Sao Paulo

Le Brésil est paralysé par une crise politique majeure, envenimée par les révélations dévastatrices du scandale Petrobras, alors qu’il est plongé, depuis 2015, dans une profonde récession économique. Quelque trois millions de Brésiliens avaient réclamé, dimanche 13 mars 2016, le départ de la présidente, visée par une procédure de destitution, lors de manifestations d’une ampleur historique. Lula a été nommé, mercredi 15 mars, au gouvernement, à un rang de quasi-Premier ministre, pour tenter de sauver la présidente d’une procédure parlementaire de destitution lancée contre elle en décembre 2015 et sur le point d’être relancée au Parlement.


Brésil

Des Brésiliens manifestaient, mercredi 16 mars 2016 au soir, devant la présidence, à Brasilia, et à Sao Paulo, scandalisés par la publication d’une écoute judiciaire d’une conversation embarrassante entre la présidente Dilma Rousseff et l’ex-président Lula, nommé dans la journée au gouvernement. Dans cet enregistrement effectué dans la matinée par la police judiciaire, la présidente appelle Lula sur son téléphone placé sur écoutes pour lui dire qu’elle va lui faire parvenir son « décret officiel » de nomination afin qu’il puisse « s’en serve seulement en cas de nécessité ». Cet extrait a été largement interprété comme la confirmation que l’un des objectifs de la nomination de Lula au gouvernement était bien de le protéger contre un éventuel placement en détention imminent dans le cadre du scandale de corruption Perrobras. L’enregistrement a été rendu public par le juge fédéral Sergio Moro, en charge de ce dossier, qui avait lancé des investigations contre l’ancien président (2003-2010) pour corruption et blanchiment d’argent. Protégé par son statut de ministre, Lula ne peut désormais plus répondre pénalement que devant le Tribunal suprême fédéral (STF), chargé du volet politique de l’affaire.

Sergio Moro

La publication de cet enregistrement a suscité une bronca à l’Assemblée, où les députés de l’opposition furieux criaient le poing levé « Démission ! Démission ! », et au Sénat. Quelque 2000 personnes se sont spontanément massées devant la présidence de la République à Brasilia pour réclamer la démission de Lula, la destitution de Mme Rousseff et apporter leur soutien au juge Sergio Moro. Une autre manifestation spontanée a débuté à la nuit tombée dans la capitale économique Sao Paulo, sur la grande avenue Paulista, a rapporté un photographe de l’AFP. « Démission ! », « Démission ! », criaient quelques milliers de manifestants massés au pied du gratte-ciel abritant la puissante Fédération des industries de Sao Paulo (Fiesp). L’immeuble était totalement illuminé aux couleurs nationales vert et jaune et barré d’une grande inscription lumineuse « Impeachement maintenant ».

Dilma Rousseff

La présidence a riposté en annonçant dans un communiqué que des « mesures judiciaires et administratives » seront prises pour « réparer la flagrante violation de la loi et de la Constitution commise par le juge » Moro, sans plus de précisions. Elle s’est efforcée de convaincre que la présidente Rousseff avait fait parvenir à Lula son décret de nomination seulement pour qu’il le signe et lui donne ainsi un caractère officiel, dans la mesure où il avait indiqué qu’il ne serait sûrement pas présent à Brasilia pour la prise officielle de fonction prévue jeudi 17 mars 2016. Plus tôt dans la journée, le gouvernement avait indiqué que Lula entrerait en fonction mardi 22 mars.

Agence France Presse

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