retour article original

jeudi 8 décembre 2016
Vous êtes ici Accueil Informations internationales Asie Iran
AFP, 20 mars 2016

L’Iran accuse Washington de ne pas respecter l’accord nucléaire


Vue de Machhad

Le guide suprême d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a accusé, dimanche 20 mars 2016, les États-Unis, qualifiés d’« ennemi », de « ne pas respecter leurs engagements » pris lors de la conclusion de l’accord nucléaire avec les grandes puissances en juillet 2015.


Iran

« Dans l’accord nucléaire (...) les Américains n’ont pas respecté leurs engagements. Ils n’ont pas fait ce qu’ils devaient faire », a déclaré le guide lors d’un long discours à Machhad prononcé à l’occasion du Nouvel An perse. Ils ont levé les sanctions « sur le papier, mais par des voies détournées, ils empêchent la République islamique d’atteindre ses objectifs », a-t-il ajouté. « Ils ont dit avoir levé les sanctions (...), mais dans les faits, ils font en sorte que les effets de la levée des sanctions ne se voient pas ». L’accord historique conclu en juillet 2015 entre les grandes puissances -dont les États-Unis- et l’Iran sur son programme nucléaire est entré en vigueur mi-janvier 2016, permettant la levée d’une grande partie des sanctions internationales contre Téhéran. Mais, selon le guide suprême, « le secrétaire (américain) au Trésor travaille jour et nuit pour que la République islamique ne puisse pas tirer profit de l’accord nucléaire ». Les, Américains « menacent en permanence », a-t-il affirmé. Il s’est inquiété de ce que le successeur du président Barack Obama ferait une fois qu’il entrera en fonction en janvier 2017. « Il n’y a aucune garantie que le prochain gouvernement américain applique ces engagements limités ». « Les candidats à l’élection présidentielle font la course à l’insulte contre l’Iran », a-t-il affirmé.

Ali Khamenei

Il a par ailleurs estimé que l’Europe était réticente à faire des affaires avec l’Iran par « peur » des États-Unis. « Aujourd’hui, dans l’ensemble des pays occidentaux qui sont sous leur influence, les échanges bancaires rencontrent des problèmes », notamment « pour le rapatriement de notre argent » et « lorsque nous enquêtons, nous nous apercevons qu’ils ont peur des Américains » et d’éventuelles futures sanctions.

Le guide suprême met régulièrement en garde contre les risques « d’infiltration » étrangère dans son pays depuis la conclusion de l’accord et le non-respect par les pays occidentaux, en particulier les États-Unis, de leurs engagements. Il a affirmé que les États-Unis voulaient contraindre l’Iran à renoncer à ses « principes » révolutionnaires et islamiques, notamment dans sa politique régionale.

Dans son message de Nouvel An diffusé dimanche 20 mars 2016 au matin, il avait estimé que l’année à venir devait être celle de « l’économie de résistance et de l’action », en particulier pour relancer l’économie afin de lutter contre le chômage et la récession. À Machhad, il a insisté sur la nécessité de privilégier la relance de la production nationale et de ne pas se faire d’illusions quant aux effets de la levée partielle des sanctions.

Dans son message de Nouvel An diffusé juste après celui d’Ali Khamenei, dimanche 20 mars 2016 au matin, le président Hassan Rohani avait lui été plus optimiste et qualifié l’année à venir d’année « de l’espoir et de l’effort ». « J’ai l’espoir et la certitude qu’avec l’effort » de tous et « l’entente avec le monde, nous pouvons aller vers la prospérité économique, atteindre une croissance de 5 %», a-t-il affirmé. La priorité du président Rohani, qui achèvera son premier mandat de quatre ans en 2017, est de recréer de l’emploi dans un pays où 10 % de la population active est au chômage, 25 % chez les jeunes qui représentent la majorité des 79 millions d’habitants. Hassan Rohani mise sur les retombées attendues de la levée des sanctions pour relancer l’économie et espère être réélu pour un second mandat.

Agence France Presse

Hassan Rohani

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source