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lundi 5 décembre 2016
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Le Courrier, 22 mars 2016

L’Union européenne enterre bien plus que le droit d’asile

Suivi d’un commentaire

par Mohamed MUSADAK


Au premier plan, un émigrant doit être maîtrisé tandis qu’à l’arrière plan des sauveteurs tentent d’en ranimé un autre arrivé en dinghy sur une plage proche de Mytilène, sur l’île grecque de Lesbos, le 20 mars 2016

Il y a septante ans, en mars 1946, Winston Churchill regrettait « la descente d’un rideau de fer à travers l’Europe ». Depuis vendredi 18 mars 2016, l’histoire semble se répéter sur le Vieux-Continent.


Des émigrants pakistanais sauvés par un garde-côte d’une embarcation en perdition arrivent au port de Mytilène, sur l’île grecque de Lesbos, le 21 mars 2016

L’Union européenne vient en effet de signer un accord permettant le renvoi vers la Turquie de tous les migrants, réfugiés ou non, arrivés en Grèce clandestinement. Un accord contraire au droit international et à la Convention européenne des droits de l’homme, puisqu’il autorise les expulsions collectives et enterre de facto le droit à l’asile. Prise à la gorge par une opinion publique paniquée et engluée dans un délire d’invasion, l’Europe vient d’atteindre, avec beaucoup de légèreté, un nouveau palier dans la lente déliquescence de ses valeurs.

Loin des utopies de paix, de liberté de circulation, de démocratie et de promotion des droits humains qui ont accompagné sa création, l’Union européenne s’enfonce dans une politique de plus en plus brutale, sous couvert de pragmatisme. Avant cet accord, pour bloquer « la route des Balkans », elle a vu fleurir, en 2015, plus de 350 kilomètres de barbelés à ses frontières Est. Inimaginable il y a dix ans, ces murs de fils de fer et de rasoirs ont ancré l’image de meutes de migrants qu’il faut absolument arrêter. Animalisés et réduits à l’état de hordes, les réfugiés ont perdu leur individualité. Pas étonnant qu’on règle aujourd’hui collectivement leur sort, sans aucune distinction de statut et au mépris des parcours de chacun.

Une émigrante congolaise sauvée par un garde-côte d’une embarcation en perdition, pleure en arrivant au port de Mytilène, sur l’île grecque de Lesbos, le 21 mars 2016

En s’adjugeant les services de la Turquie pour jouer au garde-frontière, l’Union européenne a franchi un nouveau pas dans le rejet de ses principes fondateurs. Le pays d’Atatürk, en proie à une rapide dérive autoritaire, muselant la presse et bombardant sa propre population, fait en effet payer cher sa collaboration : ouverture d’un nouveau chapitre de négociation sur son adhésion à l’Union (jusqu’alors bloqué pour des raisons d’atteintes aux droits de l’homme), levée des visas pour ses ressortissants et aide financière massive. L’Europe a cédé sur tout et offert un blanc-seing inespéré à Recep Tayyip Erdogan dont les excès auraient dû le conduire au ban des démocraties. Oui, l’Union européenne a enterré, temporairement du moins, le droit d’asile. Mais vendredi 18 mars 2016, c’est bien plus que l’asile qui est tombé dans la fosse. Un pan entier des valeurs et des rêves de la construction européenne est parti avec. L’Union pense se protéger. Elle creuse probablement sa propre tombe.

Mohamed MUSADAK

Des émigrants manifestent pour réclamer l’ouverture de la frontière macédonienne, dans un camp improvisé près d’Idomeni, en Grèce, le 21 mars 2016

Commentaire

Derrière l’argumentation de Mohamed Musadak, il faut voir « la politique de la posture » qui a tant fait et continue de tant faire pour discréditer les gauchistes.

La politique de la posture consiste à afficher la posture politiquement correcte du moment et à soutenir une politique prétendument politiquement correcte, sans se soucier des conséquences concrètes pour la population qui subira cette politique si elle est appliquée.

Ainsi, par exemple, en Suisse, le parti socialiste -ou ce qui en tient lieu- affecte de considérer une adhésion à l’Union européenne comme un idéal « progressiste » à atteindre, sans se soucier du fait que la réalité de l’Union européenne n’a aucun rapport avec l’idéal dépeint. Quiconque refuse de se laisser manipuler par cette posture trompeuse est aussitôt décrit comme un nationaliste -sous-entendu un fasciste- xénophobe et/ou raciste.

En réalité, l’Union européenne n’a rien de démocratique. La commission européenne a toujours traité par le mépris la volonté des peuples. L’adoption de la constitution européenne -qui impose une politique néolibérale au service des multinationales et des banquiers et une politique antisociale à l’encontre de la masse de la population- s’est faite malgré les référendums qui, dans certains pays, ont donné une majorité opposée à cette constitution. Le plus souvent, cette constitution a été imposée par des parlements locaux, sans que le peuple ait son mot à dire. L’exemple de la Grèce permet de mesurer pleinement le mépris dans lequel les peuples sont tenus par la commission européenne, puisque le gouvernement grec s’est vu imposer une « politique de rigueur » -c’est-à-dire profondément antisociale et au service des banquiers- aussitôt après un référendum qui rejetait majoritairement cette politique.

En Ukraine, la commission européenne, totalement inféodée aux Etats-Unis, a soutenu un coup d’Etat néo-nazi et mène une politique ouvertement russophobe que rien ne justifie objectivement. Les sanctions anti-Russes adoptées sous la pression des Etats-Unis ont causé un énorme préjudice aux entreprises européennes qui réalisaient une part importante de leur chiffre d’affaires en exportant leur production en Russie.

Par ailleurs, la Cour européenne des droits de l’homme participe à la persécution des révisionnistes et refuse d’entrer en matière sur leurs arguments factuels pour le motif que le Tribunal militaire de Nuremberg aurait « établi » une fois pour toutes la véracité d’un génocide des juifs par les nazis et l’extermination des déportés juifs dans des chambres à gaz.

En réalité, le Tribunal militaire de Nuremberg était contraint, par ses statuts, de « tenir pour établi » n’importe quelle fait que telle ou telle commission militaire alliée décrétait « de notoriété publique », et cela en l’absence de toute enquête impartiale. Or, ces commissions militaires alliées ont fait un ample usage de faux témoins et torturé des prisonniers allemands pendant des mois dans le but de leur extorquer de faux aveux principalement destinés à justifier l’exécution des dirigeants nazis, alors même que tous ces dirigeants niaient avoir jamais entendu parler d’une politique d’extermination des juifs quand ils étaient au pouvoir et qu’aucun ordre écrit d’exterminer les juifs n’a jamais été découvert dans la masse des archives allemandes saisies par les alliés.

La malhonnêteté intellectuelle de la Cour européenne des droits de l’homme sert d’exemple et de référence à tous les tribunaux du continent, puisqu’il se retranchent systématiquement derrière ses arrêts en refusant, eux aussi, d’entrer en matière sur les arguments factuels des révisionnistes.

Et on relèvera que la posture politiquement correcte imposée par le shoah business et relayée par les gauchistes veut qu’on approuve la persécution des révisionnistes, au lieu de s’indigner de la violation manifeste de leurs libertés d’opinion et d’expression. Tout cela alors même qu’on se complaît à pérorer sur le thème des « valeurs européennes ». Or, en interdisant aux révisionnistes de s’exprimer librement, on bafoue le droit qu’a tout un chacun d’être informé librement.

S’agissant de l’immigration, la posture politiquement correcte gauchiste se résume à affirmer : « peu importe que les immigrants soient ou non d’authentiques réfugiés politiques. Nous devons les accueillir pour le seul motif qu’ils demandent à l’être ». Là encore, on ne tient aucun compte de la réalité.

La réalité est que la plupart des pays européens ont un important taux de chômage et subissent une pénurie de logements abordables pour les pauvres. C’est-à-dire qu’on n’a ni logements, ni emplois décents à proposer à la masse des immigrants qu’on est censé accueillir, ce qui revient à les contraindre de vivre dans des bidonvilles, à dormir dans les rues, à végéter dans des foyers d’accueil temporaire et à se faire exploiter par toutes sortes de profiteurs -parmi lesquels des organisations criminelles- qui ne leur proposent que des emplois payés au lance-pierre. Enfin, parmi ces émigrants, on compte des quantités de voyous qui étaient déjà des voyous dans leur pays et qui déferlent sur l’Europe dans un esprit de razzia, prêts à commettre n’importe quel crime pour s’offrir la dernière casquette, les dernières baskets ou le dernier téléphone portable à la mode.

D’autre part, la solidarité ne saurait être à sens unique. Or, imaginons que 100000 ou 200000 Suisses déferlent subitement au Maroc ou en Tunisie, et qu’ils se mettent à taper du poing sur la table en exigeant de l’aide sociale, des logements sociaux et des emplois bien payés, ou qu’ils se livrent à toutes sortes de vols et d’agressions à l’encontre de la population locale. Pour les gouvernements marocain et tunisien, il ne serait même pas question de tolérer cette situation, et nos surdoués de la posture politiquement correcte seraient d’ailleurs les premiers à condamner l’outrecuidance de ces émigrants suisses. Il y a donc implicitement, dans la politique de la posture, deux poids et deux mesures, selon que l’émigré est européen ou non-européen.

Frank BRUNNER

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