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samedi 10 décembre 2016
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l214, 29 mars 2016

France : Nouvelles violences et agonies dans un abattoir révélées par L214

Vidéo


A l’abattoir de Mauléon-Licharre, les animaux sont étourdis par décharge électrique ou frappés violemment avec un crochet

Un mois après le scandale à l’abattoir du Vigan, L214 rend publiques de nouvelles images tournées dans l’abattoir de Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques). Ces images, publiées le 29 mars 2016 au matin sur le site du Monde, montrent de multiples infractions aux règles de protection animale et des scènes de souffrance animale sévère, ainsi que de graves manquements et violences de la part du personnel de l’abattoir.


France

Tournées au mois de mars 2016, juste avant Pâques, ces images révèlent les pratiques de mise à mort des agneaux de lait, ainsi que l’abattage de veaux et de bovins, dans un abattoir certifié bio et qui met en avant Label Rouge et l’indication géographique protégée (IGP).

L214 porte plainte contre l’abattoir auprès du Tribunal de Grande Instance de Pau pour des faits de maltraitances, de sévices graves et d’actes de cruauté et dépose un référé expertise auprès du tribunal administratif de Pau pour faire la lumière sur la responsabilité des services vétérinaires qui n’ont pas identifié ou stoppé les infractions flagrantes captées sur les vidéos.

L’écrivain français Jean-Baptiste Del Amo présente cette enquête. Il y décrit les scènes insoutenables et il conclut : "Dignité, respect, étourdissement, contrôle : ne nous laissons pas endormir par des discours rassurants. Heureusement chacun d’entre nous a aujourd’hui la possibilité de changer le sort des animaux".

Vidéo : Abattoir made in France - agneaux et veaux - Mauléon-Licharre

https://vimeo.com/160645057

Par ailleurs, dans une pétition adressée au Premier ministre Manuel Valls, l’association demande une transparence effective des abattoirs via :

la mise à disposition publique des rapports d’inspection et des mises en demeure rédigées par les services vétérinaires à l’encontre des abattoirs ;

un accès libre et inopiné des abattoirs aux associations de défense des animaux ;

la pose de caméras sur les postes de déchargement, d’attente, d’amenée et d’abattage des animaux avec accès libre des associations aux images ;

la liberté de diffuser les informations ainsi obtenues.

Certains agneaux ne sont pas étourdis et sont saignés pleinement conscients

Viandes bio, Label Rouge et IGP

L’abattoir du Pays de Soule est un établissement intercommunal situé à Mauléon-Licharre dans les Pyrénées-Atlantiques. De taille intermédiaire, il produit plus de 3000 tonnes de viande chaque année. Sur son site internet, l’abattoir se félicite d’un “souci du bien-être animal” et d’une production tournée vers les viandes Label Rouge, fermières et bio. La coopérative Axuria y envoie par exemple plus de 30000 agneaux de lait Label Rouge.

Coup de pied, agneaux attrapés par les oreilles ou la toison : les opérateurs font preuve de violence dès l’acheminement des animaux.

Les étourdissements électriques inefficaces sont nombreux. Bien souvent les électrodes n’enserrent pas la tête des animaux, mais leur cou, leur ventre ou leur arrière-train. Ces positions provoquent des décharges électriques douloureuses et inefficaces pour rendre les animaux inconscients.

Les agneaux sont frappés avec le matériel d’accrochage, lorsque ceux-ci n’ont pas été étourdis, infligeant une extrême douleur aux animaux, sans pour autant les rendre inconscients.

Un agneau est écartelé vivant à cause d’un crochet mal positionné et d’une surveillance défaillante

Les cadences trop rapides entraînent des situations de chaos où des animaux tombent de la table d’accrochage, ou d’autres s’échappent, tandis que des animaux arrivent sur la table d’accrochage sans avoir été étourdis. Ils sont suspendus et saignés pleinement conscients.

En l’absence de l’employé au poste d’accrochage, un agneau pris entre deux crochets est écartelé vivant. Il agonise pendant plusieurs minutes.

L’opérateur utilise systématiquement l’aiguillon électrique pour faire avancer les bovins, y compris sur des parties du corps où cela est interdit, comme la tête des animaux. Les veaux sont poussés à deux ou trois dans le box d’étourdissement prévu pour un seul animal, provoquant des états de stress où les animaux se piétinent les uns les autres.
Les étourdissements, réalisés au pistolet à tige perforante, sont souvent défectueux. De nombreux veaux et bovins adultes relèvent la tête, sans recevoir d’étourdissement de secours.

Les veaux sont souvent deux ou trois dans le box d’étourdissement. Dans la panique, ils se piétinent les uns les autres

La saignée sur la chaîne d’abattage est effectuée de façon grossière, par de nombreux cisaillements de la gorge, alors que des animaux réagissent au passage du couteau.

Les employés commencent les opérations de découpe des pattes et de la tête alors que certains animaux bougent encore.

En raison des nombreuses infractions à la réglementation encadrant la mise à mort des animaux, et des souffrances supplémentaires infligées aux animaux du fait de ces manquements graves, L214 porte plainte auprès du Tribunal de Grande Instance de Pau. Par ailleurs, la réglementation imposant un contrôle continu des pratiques d’abattage par les services vétérinaires officiels présents dans l’abattoir, l’association pose une nouvelle fois la question des défaillances des services de l’État malgré les promesses du Ministre de l’Agriculture. Elle déposera donc, d’ici la fin de la semaine, un référé expertise qui vise à caractériser les défaillances des services vétérinaires dans leur mission de contrôle des trois abattoirs, s’agissant notamment de l’absence de conformité des installations de ces derniers au regard des exigences en matière de protection des animaux au moment de leur abattage et mise à mort, mais également de façon plus générale sur le respect de ces règles par les abattoirs (mise à mort d’animaux inconscients, immobilisation...).

Les étourdissements sont souvent ratés. Des animaux sont pleinement conscients sur la chaîne d’abattage

Pour Brigitte Gothière, porte-parole de L214 : “Les scandales se suivent et se ressemblent. Après Alès et Le Vigan, rien n’a changé. Les abattoirs continuent d’infliger impunément d’atroces souffrances aux animaux, dans le silence complice des autorités. Nous appelons les citoyens à se solidariser des animaux victimes de ce carnage, en commençant dès aujourd’hui à tourner le dos à la viande”.

La viande des agneaux de lait des Pyrénées Axuria abattus à l’abattoir de Mauléon est encensée par de grandes tables parisiennes et des chefs étoilés. Le boucher-star Yves-Marie Le Bourdonnec, réputé “carnivore responsable”, propose cette viande de novembre à avril, tandis qu’Alain Ducasse a célébré cette filière en 2015, mettant la viande de ces agneaux à la carte de son restaurant le Relais Plaza. La coopérative Axuria s’enorgueillit de compter parmi ses partenaires de nombreux chefs étoilés.

Selon l’interprofession des vian­des et du bétail Interbev, les volumes d’achats des ménages sont en moyenne multipliés par deux pendant le mois des fêtes pascales, et quadruplent au cours de la semaine de Pâques. Le taux de foyers acheteurs de viande d’agneau passe de 6 % à 12 % durant la semaine précédent le dimanche de Pâques, selon FranceAgriMer.

Chaque année, en France, plus d’un milliard d’animaux sont tués dans les abattoirs. Les enquêtes révélées ces derniers mois par L214 ont permis d’entrevoir ce qui est habituellement à l’abri des regards.

Loin d’être des exceptions, les infractions relevées sont dénoncées depuis des années par différentes ONG s’appuyant, entre autres, sur les rapports de l’Office Alimentaire et Vétérinaire (OAV) de la Commission européenne qui soulignent de graves manquements à la réglementation, des carences dans les contrôles des services vétérinaires et l’absence de suivi et de sanctions dissuasives. C’est pourquoi, L214 demande une transparence effective des abattoirs par la mise en place d’outils qui permettent aux ONG et aux citoyens d’exercer un droit de regard grâce à :

la mise à disposition publique des rapports d’inspection et des mises en demeure rédigées par les services vétérinaires à l’encontre des abattoirs ;

un accès libre et inopiné des abattoirs aux associations de défense des animaux ;

la pose de caméras sur les postes de déchargement, d’attente, d’amenée et d’abattage des animaux avec accès libre des associations aux images ;

la liberté de diffuser les informations ainsi obtenues.

La découpe débute souvent sans attendre la mort des animaux. Les réactions aux coups de couteau sont manifestes

http://www.l214.com/communications/2016-03-29-abattoir-nouvelles-violences-et-agonies-revelees-par-l214

Contact presse :

Sébastien Arsac : 06 17 42 96 84

Brigitte Gothière : 06 20 03 32 66

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