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lundi 5 décembre 2016
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sputniknews, 2 avril 2016

Croatie : Un scandale retentissant


Un MIG-21

Le MiG-21 est un avion de chasse supersonique à réaction. Cet appareil tactique de troisième génération avait été produit en série en Union soviétique de 1959 à 1985. Zagreb a commandé à Kiev la remise à niveau de ses chasseurs, en décidant en outre d’acheter en Ukraine quelques avions d’occasion. Au final, seuls trois des 12 MiG peuvent voler. Il s’agit toutefois d’un contrat s’élevant à 17,5 millions d’euros.


Croatie

L’Ukraine aurait dû réparer sept avions de chasse MiG-21 de l’Armée de l’air croate et vendre en outre à la Croatie cinq avions d’occasion après les avoir remis à niveau, mais il s’est finalement avéré que seulement trois chasseurs peuvent voler, ce qui présage un scandale retentissant au plus haut niveau. "Nous suivons de près l’évolution de l’enquête et en attendons les résultats. Quoi qu’il en soit, les informations que je reçois me préoccupent", a reconnu la présidente de la Croatie Kolinda Grabar-Kitarović.

Kolinda Grabar-Kitarović

La presse croate titre : "Nos MiG sont faux !" et "Notre aviation a été détruite !" "Tout est entre les mains du parquet qui a toute l’information et tous les documents nécessaires (…) Les coupables en répondront", a déclaré pour sa part le ministre croate de la Défense Josip Buljević. Il va sans dire que les commentaires de la présidente et du ministre de la Défense de la Croatie sont réservés, car il s’agit en fait de la disparition subite de toute l’aviation de chasse du pays.

Josip Buljević

Les journalistes constatent qu’au lieu de renforcer la capacité de défense d’un pays membre de l’Otan, l’Ukraine lui a refilé un tas de ferraille maquillée à la place d’avions remis à niveau. La police militaire croate a établi que les MiG-21 livrés par l’Ukraine auraient pu être assemblés à partir de pièces achetées dans d’autres pays du monde. Il pourrait s’agir notamment de fuselages provenant de Bulgarie et d’ailes en provenance d’Algérie. Selon différentes sources, les corps de ces appareils seraient ceux d’avions dont la destruction avait déjà été rapportée par la Bulgarie à l’Otan. Par ailleurs, il s’est avéré que les numéros de série sur les moteurs des appareils avaient été estompés et que les numéros des pièces de rechange ne correspondaient pas à la documentation. Les médias supposent en outre que les Ukrainiens ont présenté aux inspecteurs croates les MiG appartenant à l’Armée de l’air du Yémen comme étant les avions destinés à la Croatie.

"Nous avions deux possibilités de remettre à niveau nos avions : en Ukraine et en Roumanie (…) On a choisi l’Ukraine où des MiG pour un autre pays (Yémen, ndlr) étaient déjà en réparation", a expliqué l’ex-ministre croate de la Défense, Ante Kotromanović. On apprend cependant qu’il y avait également une offre d’Israël, mais le ministère croate de la Défense l’a ignorée.

Ante Kotromanović

La police militaire croate évoque de plus en plus souvent d’éventuels "pots-de-vin", en cherchant à établir qui aurait pu toucher des rétrocommissions pour ce marché qui rappelle bien une escroquerie pure et simple.

Ce scandale retentissant ne présage rien de bon. Pour la Croatie, c’est un coup extrêmement douloureux pour sa capacité de défense. Pour l’Ukraine, c’est un nouveau coup porté à son image sur la scène internationale. Kiev insiste sur le fait que les avions sont en bon état, alors que Zagreb réplique qu’ils ne volent pas. Dans ces deux capitales, on attend les résultats définitifs de l’enquête.

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