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lundi 24 juillet 2017
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AFP, 28 août 2004

Irak : Policiers irakiens et forces US s’affrontent "par erreur" à Kirkouk


Les résistants de Moqtada Al-Sadr ont évacué, vendredi 27 août 2004, le mausolée de l’imam Ali, à Najaf, mais ont refusé de remettre leurs armes aux autorités irakiennes, alors que deux otages turcs ont été retrouvés assassinés, après l’annonce de l’exécution, la veille, d’un journaliste italien.


Les corps de deux Turcs tués par balles ont été retrouvés à Baïji, a rapporté, vendredi 27 août au soir la chaîne Al-Jazira du Qatar, citant des sources policières irakiennes. Une chaîne de télévision turque avait diffusé, mercredi 25 août, une vidéo de deux ingénieurs turcs pris en otages en Irak par des extrémistes qui menaçaient de les tuer si leur société ne quittait pas le pays dans les 72 heures. Cette firme avait pourtant annoncé, jeudi 26 août 2004, mettre fin à ses activités en Irak.

Jeudi 26 août dans la nuit, Al-Jazira avait déjà rapporté l’exécution par un groupe islamiste du journaliste italien Enzo Baldoni, qu’il retenait en otage. L’Italie était, vendredi 27 août 2004, sous le choc après ce meurtre qualifié par le Premier ministre Silvio Berlusconi d’"acte inhumain". Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a réaffirmé que l’Italie maintiendrait ses militaires en Irak : "Le chantage du terrorisme ne peut nous dicter notre conduite", a-t-il dit. Le pape Jean-Paul 2 a, de son côté, appelé toutes les parties à "rejeter d’urgence" la violence en Irak dans un message de condoléances à la famille du journaliste assassiné.

A Najaf, tôt vendredi 27 août 2004, après un appel du chef chiite Moqtada Al-Sadr à "quitter l’édifice", les miliciens ont évacué le mausolée qu’ils occupaient depuis cinq mois. Il a été officiellement restitué à la Marjaïya, la plus haute autorité religieuse chiite représentée par le grand ayatollah Ali Sistani. M. Al-Sadr avait accepté, la veille au soir l’initiative de paix de l’ayatollah Sistani, figure emblématique des chiites d’Irak, qui prévoit notamment "le désarmement des villes de Najaf et Koufa et le départ de tous les éléments armés de ces cités".

Vendredi 27 août 2004 en fin d’après-midi, l’armée américaine s’est retirée de la vieille ville de Najaf comme le demandait le plan de paix, selon un journaliste de l’AFP.

En revanche, le texte ne faisant pas mention d’une remise des armes aux autorités irakiennes, les résistants refusent pour l’instant de remettre leurs armes aux autorités. Après leur départ du mausolée, ils ont remisé leurs armes. "Ils (...) ne vont pas les rendre à la police ou à l’armée irakienne", a dit à l’AFP un porte-parole de Moqtada Al-Sadr. Sabah Kadhem, porte-parole du ministère de l’Intérieur, a répété sa demande aux résistants de remettre leurs armes à la police de Najaf, tout en soulignant que leur action était un "début prometteur".

Au moins 25 corps ont été trouvés, vendredi 27 août 2004, dans la cour du tribunal religieux de Moqtada Al-Sadr, à Najaf. La police a affirmé qu’il s’agissait de "policiers et de civils" tués par les résistants, alors que le bureau de M. Al-Sadr a soutenu que c’était des résistants tués au combat.

Le chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer, s’est dit "très heureux" du cessez-le-feu à Najaf, lors d’un voyage à Beyrouth.

De son côté, le Secrétaire d’Etat Colin Powell a estimé que les capacités des résistants de Moqtada Al-Sadr étaient "affaiblies", assurant que le succès obtenu par Ali Sistani devait beaucoup à la pression des forces irakiennes et américaines. A Athènes, une grande banderole a été déployée, vendredi 27 août au soir, sur le rocher de l’Acropole par le parti communiste grec : "Powell go home", pour protester contre la venue, dimanche 29 août, aux Jeux olympiques 2004, du Secrétaire d’Etat. "A Najaf on massacre des civils", pouvait-on notamment lire sur cette banderole. Cette visite a été annulée et reportée en octobre, a annoncé, samedi 28 août matin le département d’Etat. "Le Secrétaire d’Etat Colin Powell a informé le ministre grec des Affaires étrangères Petros Molyviatis qu’en raison d’un agenda chargé à Washington, il ne pourra pas faire le voyage à Athènes pour assister aux cérémonies de clôture des Jeux Olympiques", a indiqué le porte-parole Richard Boucher.

Les prix du pétrole se sont stabilisés après une chute qui a vu les cours perdre plus de cinq dollars par rapport à leur niveau record, l’arrêt des combats à Najaf ayant temporairement rassuré les marchés.

Le président américain George W. Bush a quant à lui admis pour la première fois avoir sous-estimé les difficultés de l’après-guerre en Irak, tout en se déclarant confiant dans une stratégie "souple" pour venir à bout de la résistance.

Agence France Presse

Policiers irakiens et forces US s’affrontent "par erreur"

KIRKOUK, Irak (Reuters) - Des soldats américains et une unité de la police irakienne se sont affrontés, samedi 28 août 2004 au matin, dans le centre de Kirkouk, dans le nord de l’Irak, a rapporté la police en assimilant cet accrochage à une "erreur". Deux policiers irakiens ont été grièvement blessés et les forces américaines ont arrêté six de leurs collègues après l’incident nocturne, a déclaré un responsable de police. "Les combats se sont produits par erreur", a-t-il ajouté en se refusant à plus de précision.

Des bases militaires américaines sont installées à Kirkouk, centre de production pétrolière du Nord irakien. Les populations arabe, kurde et turkmène de la ville revendiquent des droits de propriété qui entraînent des violences sporadiques depuis le renversement de Saddam Hussein en 2003.

Reuters

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