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samedi 10 décembre 2016
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voix-libre, 8 avril 2016

Suisse : Comment détruire un pays

Opinion


Fort d’une expérience dans le monde politique et dans le domaine de l’humanitaire international, Rolf Zwicky nous livre une analyse pertinente de l’état de la planète et de la Suisse. Maniant avec brio l’ironie et l’humour, l’auteur ne craint pas d’enfoncer les portes les mieux fermées. Parmi d’autres exemples dévastateurs, il révèle les conséquences des Accords de Schengen sur la libre circulation des personnes dont la Suisse est partie prenante.


Suisse

L’enjeu, pour les Suisses, était de pouvoir bénéficier de la diminution de la criminalité étrangère promise par les Accords de Schengen et c’est ce qui avait motivé le vote positif du 5 juin 2005. Hélas, trois fois hélas, en juin 2012, le président de la Fédération suisse des fonctionnaires de police déclarait qu’à ses yeux (de professionnel…), la Suisse était devenue une passoire. Avec Schengen, « nous, les policiers, nous nous sommes faits avoir » (…) « Les armes, la drogue, les gangs lyonnais et les bandes de roms passent beaucoup plus facilement. On a donc beaucoup plus perdu que gagné ».

L’auteur rappelle que notre pays a mis à la disposition de l’Union européenne des gardes-frontières pour sécuriser les frontières de l’espace Schengen. C’était oublier qu’environ 4,7 millions de ressortissants moldaves, macédoniens, serbes, ukrainiens et turcs peuvent obtenir un passeport européen alors même que leur pays de résidence ne fait pas partie de l’Union européenne.

La duperie est aussi énorme que parfaite. Tandis que les Suisses se croient protégés par les Accords de Schengen, des millions d’habitants vivant hors de l’Europe peuvent entrer en toute légalité dans notre pays. La manière dont la confiance des Suisses a été bafouée est un indice qu’une tromperie bien plus grave se prépare avec l’invasion de migrants en provenance du tiers-monde.

Et il ne suffit pas seulement d’encourager l’invasion de masse, encore faut-il culpabiliser et stigmatiser la population suisse qui s’en inquiète.

Pour conclure, Rolf Zwicky dresse de notre pays un tableau digne de 1984, le roman prophétique de George Orwell. « …notre pays ne sera bientôt plus qu’un théâtre sur la scène duquel nos politiciens, devenus acteurs, réciteront un texte composé ailleurs. Ils joueront pour une assistance résignée la pièce imaginaire de la souveraineté et de l’indépendance sauvegardées, alors que tout ne sera plus que subordination et soumission. Sur la scène aux décors évoquant fierté, traditions et grandeur du passé, ils n’en seront que plus discoureurs et verbeux. Dans leurs péroraisons, chaque acte d’allégeance sera glorifié comme une avancée inespérée et, au grand final, l’asservissement ultime sera vanté comme le triomphe de notre politique de sagesse et d’ouverture ».

C’est la définition même de la société du spectacle qui instrumentalise la démocratie : on passe peu à peu de la réalité démocratique à l’image de la démocratie, puis à l’illusion démocratique pour finir par la parodie démocratique.

voix-libre

Rolf Zwicky, Comment détruire un pays, Editions Voix Libre, case postale 1587, 1700 Fribourg, Suisse, 206 pages, 25 CHF + port.

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source