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mardi 22 août 2017
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AP, 28 août 2004

Soudan : La rébellion dénonce la poursuite des violences au Darfour et boycotte les pourparlers jusqu’à lundi 30 août 2004


ABUJA (AP) - Les deux groupes de la rébellion au Darfour ont annoncé, samedi 28 août, qu’ils boycottaient pour 24 heures les pourparlers de paix ouverts, lundi 23 août 2004, au Nigeria, affirmant que les attaques des forces soudanaises et de leurs milices arabes contre les civils se poursuivaient.


Auparavant, Khartoum avait annoncé que la délégation gouvernementale n’accepterait en aucun cas de discuter lors de ces pourparlers la proposition d’envoyer 2000 soldats de la paix de l’Union africaine au Darfour. Khartoum a accepté la présence de 300 soldats rwandais et nigérians pour protéger les observateurs de l’Union africaine au Darfour, mais exclut tout déploiement d’une force d’interposition.

"Pendant que les négociations sont en cours, les troupes soudanaises et leurs milices ont violé le cessez-le-feu", dénoncent le Mouvement pour la Justice et l’égalité et l’Armée de libération du Soudan dans un communiqué. "Nombre de villages ont été bombardés par des hélicoptères de combat et avions, tandis que d’autres ont été attaqués et incendiés ces trois derniers jours", ajoutent-ils, affirmant qu’ils reviendraient à la table des négociations lundi 30 août 2004.

L’attaque la plus récente a eu lieu, samedi 28 août, au village de Klikel Abdousalaam, selon les rebelles. Mais la plus mortelle remonterait à jeudi 26 août 2004 : un raid sur le village de Yassin aurait causé la mort de 64 villageois. Ces informations n’ont pu être vérifiées de sources indépendantes. Les négociateurs gouvernementaux n’ont pas confirmé, ni démenti, ces attaques. Ils ont cependant déploré le boycott par la partie rebelle, alors qu’approche à grands pas l’ultimatum de l’ONU pour l’arrêt des violences.

Dans le même temps, la mission d’évaluation de l’ONU au Darfour terminait son déplacement de trois jours sur le terrain. Erick De Mul, coordonnateur adjoint aux Affaires humanitaires, a estimé que l’accès des humanitaires aux déplacés et la sécurité des camps s’amélioraient, mais a souligné que ce n’était pas du tout le cas en dehors des camps, faisant état de la poursuite d’attaques contre les populations civiles.

Erick De Mul et les deux autres équipes dépêchées au Darfour vont désormais présenter leur rapport au secrétaire général Kofi Annan, qui devrait le rendre public le 31 août. Le Conseil de sécurité doit se réunir, le 2 septembre 2004, pour envisager la suite de son action concernant le dossier soudanais.

De son côté, l’ONG Human Rights Watch, a accusé, vendredi 27 août 2004, Khartoum de laisser les milices garder au moins 16 bases dans la région, dont cinq qu’elles semblent partager avec l’armée gouvernementale.

Associated Press

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source