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samedi 3 décembre 2016
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AFP, 4 mai 2016

Egypte : Le régime est en guerre contre la presse


Vue du Caire

Le syndicat des journalistes en Égypte a dénoncé, mardi 3 mai 2016, un « recul » de la liberté de la presse dans le pays, accusant le pouvoir d’être en « guerre contre le journalisme », deux jours après l’arrestation de deux reporters au siège de l’organisation.


Egypte

Le président Abdel Fattah al-Sissi est régulièrement accusé par les défenseurs des droits de l’Homme d’avoir instauré un régime ultra-autoritaire qui réprime violemment toute opposition depuis qu’il a destitué en 2013 son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi.

Abdel Fattah al-Sissi

Dimanche 1er mai 2016, la police a provoqué un tollé au sein des médias et de l’opposition en arrêtant deux journalistes lors d’un raid sans précédent dans les locaux de leur syndicat. Les reporters Amr Badr et Mahmoud Saqqa, qui travaillent pour le site d’information yanair.net, critique du président Sissi, ont été placés, lundi 2 mai, en détention provisoire pour 15 jours. Ils sont accusés d’avoir « incité à manifester » et « appelé au rassemblement et à la chute du régime ». « Nous marquons cette année (en ce 3 mai) la journée mondiale de la liberté de la presse alors que l’Égypte est en recul dans tous les classements internationaux », a déploré, mardi, le chef du syndicat Yehya Kallache, lors d’une conférence de presse. Une assemblée générale du syndicat doit avoir lieu mercredi 4 mai. « Au lieu de voir le gouvernement prendre des mesures concrètes pour sortir de cette situation, nous avons été surpris de constater une escalade de la guerre contre le journalisme et les journalistes », a-t-il asséné, faisant référence à l’arrestation des deux reporters. M. Kallache a notamment dénoncé les « perquisitions sans précédent dans les locaux des sites d’information », ainsi « qu’une pratique de la censure avant la publication ». Il a affirmé que « 29 journalistes étaient actuellement derrière les barreaux, certains en détention provisoire depuis près de trois ans ». S’exprimant devant quelque 200 journalistes au siège du syndicat, il a été interrompu à plusieurs reprises par des slogans hostiles à la police, qui filtrait l’accès du bâtiment : « le ministère de l’Intérieur, c’est des voyous ».

Yehya Kallache

Amr Badr avait affirmé, vendredi 29 avril 2016, que la police avait mené un raid à son domicile et chez Mahmoud Saqqa, et le lendemain, les deux journalistes avaient annoncé qu’ils entamaient un sit-in au siège du syndicat pour protester notamment contre « les descentes de la police ». Dans un communiqué publié mardi soir, le bureau du procureur général a indiqué avoir décidé d’imposer un black-out sur cette affaire, car elle contient « des accusations relatives à la sécurité du pays ». L’enquête montre « qu’ils s’étaient mis d’accord avec le président de leur syndicat pour se réfugier au siège du syndicat et que le président leur avait promis de mener une médiation avec les autorités pour faire annuler la décision de leur arrestation », précise le texte. « Si ces informations s’avèrent, cela constituerait un crime sanctionné par le Code pénal », ajoute-t-on. « L’accord du président du syndicat concernant le sit-in (...) constitue également un crime passible de sanctions pénales », ajoute le communiqué. Le bureau du procureur général a par ailleurs démenti les accusations portées contre lui par le syndicat qui affirme que la perquisition au syndicat ne s’est pas faite dans les règles.

Amr Badr

Les abus policiers avaient été l’un des facteurs ayant déclenché la révolte populaire de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir, mais ces pratiques sont redevenues monnaie courante.

Agence France Presse

Mahmoud Saqqa

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