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dimanche 4 décembre 2016
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sputniknews, 6 juin 2016

Proche Orient : La vie en Palestine vue par une journaliste âgée de 10 ans


La maison de Zaid Amer a été détruite par les juifs à Naplouse, le 3 mai 2016. Zaid Amer était accusé d’avoir participé au meurtre d’un couple de colons en 2015

Jana Jihad avait 7 ans quand des soldats israéliens ont tué un ami de sa famille. Cet épisode a profondément marqué la vie de la fillette en lui inspirant le désir de devenir journaliste pour présenter les évènements en cours en Palestine. Evénements dont les médias internationaux ne soufflent pas mot.


Cisjordanie

Jana Jihad, âgée de 10 ans, la plus jeune journaliste palestinienne, a raconté sa vie dans une interview exclusive à Sputnik. "J’ai débuté dans le journalisme il y a trois ans, à l’âge de 7 ans. J’ai participé à des rassemblements qui se tenaient près de notre maison, à Ramallah, notamment au rassemblement de Nabi Salih dirigé contre la construction de colonies israéliennes dans cette région. Notre maison est située à l’entrée de Nabi Salih et des militaires israéliens entrent souvent dans ce village. Le désir de faire du journalisme est né quand j’étais encore toute petite. J’ai commencé à filmer des manifestations avec le téléphone portable de la mère. J’ai également écrit des commentaires dans lesquels j’ai présenté les attaques de soldats israéliens contre les manifestants. Ma mère m’a aidé à mettre ces documents sur les réseaux sociaux. Les retentissements qu’ils ont provoqués m’ont encouragé à continuer dans cette voie", a déclaré Jana Jihad.

Jana Jihad

Interrogée sur l’événement crucial qui l’a décidé à se lancer dans le journalisme, elle a cité le meurtre de personnes qui lui était chères. "Cet événement, c’était le meurtre de mon ami et d’un ami de notre famille. C’était aussi l’exécution de mon oncle maternel capturé par les forces d’occupation israéliennes. Il a été fusillé sous mes yeux lorsque j’avais seulement 7 ans. C’est cela. C’est alors que j’ai décidé de m’affranchir de la peur et de la timidité pour documenter toutes les violations commises par les forces d’occupation israéliennes. J’ai filmé des vidéos et écrit des commentaires en arabe et en anglais pour faire toute la lumière sur les pratiques criminelles israéliennes dont les médias internationaux ne soufflent pas mot", a dit la jeune journaliste.

A la question de savoir comment une fillette âgée de 10 ans a pu réunir la documentation nécessaire pour ses reportages, Jana répond qu’elle vit la réalité palestinienne depuis sa tendre enfance. "Comme notre maison est la première maison située à l’entrée du village de Nabi Salih, nous accueillons souvent des personnes blessées par des balles israéliennes. En outre, des militaires des forces d’occupation font souvent irruption chez nous. Tout cela me fournis les éléments dont j’ai besoin pour mes reportages", a dit la fillette.

Elle a précisé qu’elle rédigeait ses reportages en anglais en vue de cibler le public international le plus large possible. "Je suis née aux Etats-Unis où je n’ai vécu que trois mois avant de partir pour la Palestine. J’ai fait mes études à l’American School de Ramallah où j’ai appris l’anglais. Mes parents ont toujours encouragé mon intérêt pour cette langue", a indiqué la jeune journaliste. Elle a ajouté que la connaissance de l’anglais lui permettait de s’adresser à la communauté occidentale pour lui montrer les exactions des forces d’occupation israéliennes.

Jana Jihad rêve de travailler un jour pour une grande agence d’information internationale. "Le fait est que les médias occidentaux ne disent pas la vérité sur les violations commises par Israël dans les territoires palestiniens. Je veux y remédier et dresser un tableau réel des événements", a conclu l’interlocutrice de Sputnik.

sputniknews

Des enfants palestiniens se rafraîchissent, à Hebron, le 15 mai 2016

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