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Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AFP, 30 août 2004

Soudan : Des troupes nigérianes envoyées au Darfour


ABUJA (AFP) - A l’approche de l’expiration de l’ultimatum de l’ONU à Khartoum, les médiateurs de l’Union africaine pressent le gouvernement soudanais et les rebelles d’arriver à un accord sur la crise humanitaire au Darfour, tandis que les premières troupes nigérianes de l’Union africaine se sont envolées pour le Soudan.


Quelque 155 hommes de l’infanterie nigériane ont quitté Abuja, lundi 30 août 2004, pour se rendre au Darfour, dans le cadre de la mission de paix de l’Union africaine dans cette région de l’ouest du Soudan déchirée par un conflit depuis février 2003.

Un premier appareil de transport de troupes Hercules C-130 a décollé de l’aéroport international d’Abuja vers 10h00 locales (09h00 GMT), tandis que d’autres hommes montaient dans un second appareil sous une pluie battante. "Nous nous rendons au Soudan uniquement pour aider nos frères et nos soeurs à retrouver l’espoir", avait déclaré auparavant à ses troupes le général Shekari Biliyak. "Il est également primordial de protéger les observateurs de l’Union africaine au Darfour", a-t-il ajouté. "Je veux répéter ici qu’en tant que force de protection au Soudan vous devez être neutres et respecter les religions, cultures et traditions du pays hôte pour être acceptés et remplir votre mission avec succès".

Ces troupes nigérianes seront initialement déployées dans la ville d’El-Facher, dans le cadre de l’opération "Sauver des vies 2" où elles rejoindront un contingent rwandais. Cette force nigéro-rwandaise sera commandée par un nigérian, le général Festus Okonkwo, qui avait pris la tête de la force nigériane envoyée au Liberia. Sa mission est de protéger 133 observateurs militaires non armés dont le rôle est de surveiller le fragile cessez-le-feu issu de l’accord du 9 avril 2004 entre les groupes rebelles et les forces pro-gouvernementales au Darfour.

Le Nigeria et des responsables de l’Union africaine ont appelé le Soudan à permettre le déploiement de troupes supplémentaires -jusqu’à 3000 hommes au total- qui possèderaient un mandat plus large comprenant notamment la protection des civils et des opérations humanitaires. Mais le gouvernement soudanais résiste à ces appels. "La protection (des civils) au Darfour relève avant tout de la responsabilité du Soudan et d’aucune autre entité", a déclaré dimanche le chef de la délégation de Khartoum aux pourparlers de l’Union africaine, Majzoub al-Khalifa.

Le conflit qui déchire depuis février 2003 cette région désertique du Soudan peuplé en majorité de population noire africaines a fait quelque 300000 morts, en majorité des civils tués lors de raids des milices arabes Djandjawids pro-gouvernementales, et 1,4 million de déplacés ou réfugiés, selon les Nations Unies.

Le 3O juillet 2004, le Conseil de sécurité avait donné 30 jours au Soudan pour désarmer les milices arabes pro-gouvernementales et régler la crise humanitaire au Darfour.

Lundi 30 août 2004, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, doit faire un rapport au Conseil de sécurité sur les progrès accomplis en vue du retour à la stabilité au Darfour.

Parallèlement, les entretiens de paix organisés par l’Union africaine sur la situation au Darfour avaient repris, dimanche 29 août, après le boycottage de 24 heures lancé par les mouvements rebelles pour dénoncer des attaques des forces gouvernementales contre des civils. Ils doivent se poursuivre lundi 30 août 2004.

Agence France Presse

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