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dimanche 25 juin 2017
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Le Temps, 29 décembre 2003

Fraude comptable : l’épidémie non maîtrisée

par Ignace Jeannerat


Produits de Parmalat

Banqueroute frauduleuse, association criminelle, détournements de fonds, faux documents pour masquer des bilans catastrophiques et surendettement : le tableau est effrayant. Parmalat, que l’Italie regardait comme le nec plus ultra du capitalisme familial, est tombée avec la mise à nu de dizaines de manipulations et astuces comptables qui avaient permis à l’entreprise d’être à la pointe du marché agroalimentaire et un empire industriel en Italie. Son fondateur, Calisto Tanzi, est en prison.


Deux ans après les affaires Enron ou WorldCom que nous, Européens, regardions avec morgue en pensant qu’il n’y avait que les Américains qui jouaient à l’acrobatie comptable, nous voyons que les mêmes ingrédients analysés et condamnés ont été, ou sont encore, à l’œuvre en Europe. Comptes truqués en coulisses, créativité financière en façade, stratégie de croissance audacieuse où apparaissent encore une poignée de bricolages fiscaux sous les cieux des îles Caïmans ont trompé la vigilance d’une grande partie du monde de la finance, banques créditrices en tête qui prêtaient à tour de bras ou aidaient Parmalat à émettre des obligations. Une fois de plus, sans parler des administrateurs et autres commissaires aux comptes, ce qui devrait constituer un système de sécurité pour les investisseurs - telles les signatures de grandes agences de notation, d’auditeurs de renom, de banques reconnues dans la finance internationale - a montré des lacunes. Ni vu, ni connu.

Jusqu’à quand faudra-t-il supporter à intervalles réguliers autant de dysfonctionnements ? Car, malheureusement, on peut redouter que l’épidémie de fraude comptable ne soit pas encore maîtrisée.

A des degrés divers et sous des formes différentes, la liste des entreprises ayant fait massivement recours aux sophistications de l’ingénierie financière est longue : Enron, WorldCom, Ahold, Vivendi, Alstom. On peut encore évoquer tous ces manquements à la vigilance où personne ne tire le frein lorsque les stratégies dérapent (Swissair), ou encore cette confiance aveugle, presque irrationnelle, de banques qui ont soutenu les dérives de Leo Kirch, BZ Group de Martin Ebner ou plus récemment le conglomérat Erb, dont les dysfonctionnements comptables dépassent l’entendement. Oui, le problème de la gouvernance des entreprises est toujours d’actualité. Aux Etats-Unis. En Europe. En Suisse également.

Ignace Jeannerat

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