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jeudi 23 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AFP, 30 août 2004

Soudan : L’Union africaine tente d’obtenir un accord humanitaire, alors que Khartoum multiplie les exactions


ABUJA (AFP) - Les médiateurs de l’Union africaine pressaient, lundi 30 août 2004, le gouvernement soudanais et les rebelles, d’arriver à un accord sur la crise humanitaire au Darfour, à l’approche de l’expiration de l’ultimatum de l’ONU à Khartoum.


Avec la reprise des pourparlers dans l’après-midi, les responsables libyens, nigérians, de l’Union africaine et de l’ONU espèraient faire adopter dans la journée aux deux parties -rebelles et forces pro-gouvernementales- une stratégie de consensus pour faire face aux urgences humanitaires, première étape essentielle avant d’aborder la sécurité ou un éventuel accord politique. "Une position de compromis doit être dégagée afin de faire avancer les négociations et de convaincre la communauté internationale que ce qui se passe à Abuja est significatif", a déclaré un négociateur nigérian à l’AFP à Abuja.

"Le gouvernement est prêt à conclure un partenariat solide avec la communauté internationale afin que le problème du Darfour soit résolu sur une base consensuelle", avait déclaré, dimanche 30 août 2004 au soir, le vice ministre soudanais des Affaires étrangères Najib Abdoulwad.

"Nous attendons une formule raisonnable qui pourrait permettre de résoudre rapidement la crise humanitaire au Darfour", avait de son côté rétorqué le chef des négociateurs du Mouvement pour la justice et l’Egalité (JEM, rébellion) Ahmed Mohammed Tugod, tout en accusant Khartoum de chercher à utiliser des "tactiques visant à alléger les pressions internationales".

Cependant le président de l’Union africaine (UA) et chef de l’Etat nigérian Olusegun Obasanjo, médiateur de ces pourparlers, a prévenu qu’il avait reçu confirmation, par les observateurs de l’Union africaine sur le terrain, de récentes attaques des forces soudanaises contre les civils du Darfour et prévenu Khartoum que de telles violations du cessez-le-feu pourraient faire capoter les négociations.

En outre, un émissaire spécial de l’ONU de retour du Darfour, Dennis Mc Namara, a dénoncé, à Nairobi, la poursuite des viols des femmes et du harcèlement des civils dans la province, estimant que le gouvernement soudanais n’a pas rempli son engagement de protéger les déplacés : "Les populations déplacées restent soumises à des pressions constantes", a-t-il affirmé. "La plupart des viols sont des viols en réunion, généralement perpétrés par des membres de milices et continuent à se produire", a-t-il martelé en soulignant que les auteurs se livraient à ces actes "en toute impunité".

La mission de paix de l’Union africaine sur le terrain s’apprête à recevoir le renfort de quelque 155 hommes de l’infanterie nigériane qui ont quitté Abuja lundi pour le Darfour. Ces premières troupes nigérianes seront initialement déployées dans la ville d’El-Facher dans le cadre de l’opération "Sauver des vies 2" où elles rejoindront les 150 hommes du contingent rwandais.

Cette force sera chargée de protéger 133 observateurs militaires non armés dont le rôle est de surveiller le fragile cessez-le-feu.

Le 3O juillet 2004, le Conseil de sécurité avait donné 30 jours au Soudan pour désarmer les milices arabes pro-gouvernementales (Djandjawids) et régler la crise humanitaire au Darfour, région occidentale du Soudan, déchirée depuis février 2003 par un conflit qui a fait quelque 30000 morts, essentiellement des civils et 1,4 million de déplacés et réfugiés.

Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, doit faire prochainement un rapport au Conseil de sécurité sur la situation dans la région désertique et déshéritée.

La Suède a plaidé, lundi 30 août 2004, pour des sanctions contre le Soudan, si le Conseil de sécurité des Nations Unies constate le manque de volonté de Khartoum de régler la crise au Darfour.

Le gouvernement soudanais a été la cible de nombreuses condamnations de l’ONU et d’organisations de défense des droits de l’Homme, notamment pour n’avoir pas mis un terme aux exactions des Djandjawids contre les populations noires africaines du Darfour.

Agence France Presse

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