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mardi 6 décembre 2016
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Le Courrier, 30 juin 2016

Suisse : Là où il n’y a pas de gènes, il n’y a pas de profits

par Philippe BACH


Une récolte miracle d’élus génétiquement modifiés 100 % résistants aux volontés de la population. Les électeurs peuvent être tellement nuisibles

Il serait vraiment trop dommage de s’en priver. Le Conseil fédéral [exécutif de la confédération] a transmis, mercredi 29 juin 2016, au parlement, un projet de révision de la Loi sur le génie génétique. En clair, le gouvernement propose ni plus ni moins de mettre fin au moratoire sur les organismes génétiquement modifiés. Ce gel a cours depuis 2005. Il interdit la culture d’OGM, sauf à des fins de recherche. Ce n’est pas la première fois que les autorités suisses reviennent à la charge sur cette question. Le dernier assaut date de 2013. Car il s’agit d’un marché lucratif. Qui contrôle les OGM contrôle en fait l’ensemble de la chaîne de production.


Suisse

Coïncidence, mercredi 29 juin 2016, la Commission européenne a donné son feu vert pour dix-huit mois supplémentaires au controversé glyphosate. C’est que ces filières sont liées et les logiques similaires : les industries créent des OGM résistants à cet herbicide ; cela facilite la culture, puisqu’il suffit ensuite d’épandre du Roundup pour éradiquer les mauvaises herbes. Tant pis pour la santé des consommateurs. C’est si propre, si suisse.

Avec de puissantes logiques économiques à la clef. Il s’agit de se positionner sur le marché agroalimentaire qui pèse des milliards (plus de 4 milliards de dollars pour les seules semences produites par l’étasunien Monsanto ou 1,7 milliard de dollars pour l’helvète Syngenta).

Le siège de Syngenta à Basel

D’où cet entêtement à vouloir passer en force. En faisant miroiter un compromis bien helvétique, proposant des zones de cultures strictement dédiées aux OGM et certaines sans. Et tant pis si le pollen n’obéit pas aux lois des technocrates de Johann Schneider-Ammann. Le cas s’était produit au Canada. Le paysan dont le champ avait été contaminé par des OGM avait été traité en voleur et forcé de payer des droits à Monsanto...

Philippe BACH

Johann Schneider-Ammann

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