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mardi 6 décembre 2016
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9 juillet 2016

Russie : Désinformation

par Frank BRUNNER


Des M1A2 Abrams américains à Grafenwoehr, en Allemagne, le 18 novembre 2014

En date du 8 juillet 2016, le quotidien suisse 24 heures a publié un article de désinformation signé par Olivier Bot (1) visant à faire croire aux lecteurs à une prétendue « menace russe » contre l’Europe. Cet article s’inscrit dans le contexte d’une campagne mondiale orchestrée par le gouvernement des Etats-Unis et le lobby juif.


Russie

Cette campagne recourt à la tactique juive de l’inversion accusatoire qui consiste à accuser autrui de ce qu’on fait soi-même. En l’occurrence, il s’agit d’inventer une prétendue « menace russe » contre l’Europe, alors qu’en réalité c’est l’OTAN qui mène une politique belliqueuse et multiplie les provocations à l’encontre de la Russie.

Expansion de l’OTAN vers l’Est de 1990 à 2009

Le but de ce psychodrame artificieux est de « justifier » la poursuite de l’occupation de l’Europe par les troupes américaines et d’inciter les gouvernements européens à augmenter leur budget militaire et à commander pour des milliards de dollars d’armements aux fabricants américains, au lieu de consacrer cet argent à l’amélioration du bien-être de la population.

Dans son article, Olivier Bot écrit : « l’OTAN comme les dirigeants occidentaux ont vu dans l’annexion de la Crimée et la déstabilisation de l’Ukraine une rupture de confiance de la part d’une Russie qui ne respecte plus les frontières intangibles et les règles internationales ».

En réalité, ce sont les Occidentaux, et en premier lieu les Etats-Unis, qui ont déstabilisé l’Ukraine en y fomentant un coup d’Etat fasciste. Olivier Bot le sait fort bien et il s’efforce manifestement de tromper ses lecteurs. Aussitôt après leur prise du pouvoir à Kiev, les fascistes ont instauré une politique discriminatoire à l’encontre des Ukrainiens russophones, majoritaires dans l’Est du pays (Donbass), et se sont livrés à une série d’assassinats politiques et de massacres tels que le massacre d’Odessa (2).

Des victimes du massacre d’Odessa, en Ukraine, le 2 mai 2014

Les russophones de l’Est et les Criméens n’étaient pas disposés à se soumettre au régime fasciste qui avait pris le pouvoir à Kiev. Dans le Donbass et en Crimée, ils se sont mis en état de résister à une agression du régime de Kiev, lequel s’appuyait sur des milices néo-nazies. Il s’agit là d’une réaction on ne peut plus légitime. Le Donbass a pratiquement fait sécession de l’Ukraine et a constitué deux républiques autonomes aussitôt agressées par le régime de Kiev. Les agresseurs, malgré leur ciblage systématique des civils, ont subi une cuisante défaite essentiellement due à l’incompétence des dirigeants militaires et à l’absence de motivation des soldats lambdas entraînés dans cette agression. Quant aux Criméens, ils ont organisé un référendum pour faire sécession de l’Ukraine et demander leur rattachement à la Russie. Ce rattachement a été voté par une écrasante majorité des électeurs et il est donc on ne peut plus légitime en vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce même droit qu’ont exercé les Kosovars en faisant sécession de la Serbie, par exemple.

Des victimes d’un bombardement ukrainien au Donbass en 2015

Ensuite, Olivier Bot écrit : « La volonté de Moscou est de geler sa zone d’influence. Pour cela, elle a soutenu les séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie contre le gouvernement central géorgien. Et en a fait des dépendances. Elle a envahi la Crimée, en violant la souveraineté de l’Ukraine, et en envoyant des soldats sans uniforme ni insigne se battre aux côtés des sécessionnistes du Donbass ». Là encore, la présentation des faits est délibérément trompeuse.

En réalité, en Géorgie, l’Ossétie du Sud et d’Abkhazie ont proclamé leur indépendance en 1992, au moment de la désintégration de l’Union soviétique, exactement comme l’a fait la Géorgie elle-même. Le gouvernement Russe n’était manifestement pour rien dans cette situation. L’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie n’a jamais été admise par le gouvernement géorgien. Des affrontements meurtriers (snipers, tirs d’obus de mortier) ont opposé les Géorgiens aux Sud-Ossètes et aux Abkhazes. Des « casques bleus » russes s’efforçaient d’empêcher ces agressions.

Depuis 2004, le gouvernement géorgien était présidé par Mikhaïl Saakachvili, un agent des Etats-Unis et une marionnette du lobby juif arrivé au pouvoir à la suite d’une « révolution colorée ». Les opposants à Mikhaïl Saakachvili organisaient régulièrement, à Tbilissi, des manifestations durement réprimées (3).

Mikhaïl Saakachvili

Le 4 mars 2008, moins de trois semaines après le Kosovo, le parlement d’Ossétie du Sud a voté son indépendance (4).

Mikhaïl Saakachvili, qui avait demandé l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN, a promis de rétablir l’autorité de Tbilissi sur les régions séparatistes. Il s’en est suivi des attentats en Abkhazie. Tskhinvali, la capitale de l’Ossétie du Sud, a essuyé des tirs géorgiens, dans la nuit du 4 juillet au 5 juillet 2008 (5), puis des tirs de mortier géorgiens se sont abattus en Ossétie du Sud. La situation était devenue tellement dangereuse que le gouvernement Sud-Ossète a décidé l’évacuation de centaines d’enfants vers la Russie (6).

Dans la nuit du 7 au 8 août 2008, la Géorgie a attaqué l’Ossétie du Sud avec des armes lourdes (7) : avions, blindés et missiles. Une dizaine de « casques bleus » russes ont été assassinés par surprise (8). Mikhaïl Saakachvili a décrété la mobilisation générale. La Russie a riposté en envoyant des blindés en Ossétie du Sud pour chasser l’agresseur géorgien qui a été mis en déroute. Alors que les Russes auraient pu très facilement envahir et occuper l’ensemble de la Géorgie en y installant un gouvernement à leur dévotion, ils se sont contentés de rétablir le statu quo ante.

Les Géorgiens tirent des missiles contre l’Ossétie du Sud, le 8 août 2008

Olivier Bot est donc particulièrement malhonnête en présentant, dans son article, les Russes comme « les méchants » de cette histoire, alors que leur politique a toujours visé à empêcher un conflit dans la région.

On ajoutera qu’après l’élection présidentielle de 2013, Mikhaïl Saakachvili, visé par des procédures pénales, a fui la Géorgie. Il s’est réfugié aux Etats-Unis, puis les Américains lui ont fait attribuer la nationalité ukrainienne et l’ont parachuté gouverneur d’une région ukrainienne…

Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirme mensongèrement Olivier Bot, la Russie n’a jamais envahi la Crimée. Elle y avait des bases militaires et des troupes stationnées en vertu d’un accord passé avec le gouvernement ukrainien avant le coup d’Etat fasciste. Après le coup d’Etat, les troupes russes présentes en Crimée se sont contentées de confiner les soldats ukrainiens dans leurs casernes en attendant leur évacuation en Ukraine. Pas un coup de feu n’a été tiré par les Russes.

Olivier Bot est particulièrement hypocrite en accusant les Russes d’avoir violé la souveraineté de l’Ukraine, comme si cette souveraineté n’avait pas été violée par le coup d’Etat fomenté par les Etats-Unis.

Olivier Bot ment encore en affirmant que la Russie aurait envoyé « des soldats sans uniforme ni insigne se battre aux côtés des sécessionnistes du Donbass ». En réalité, s’il y a bien eu des Russes partis combattre aux côtés des séparatistes du Donbass, ils l’ont fait à titre personnel, par solidarité. Il y a également eu des volontaires français et espagnols. Toutes les allégations d’« invasion russe » du Donbass propagées par la prestituée internationale ont été infirmées par les observateurs de l’OSCE qui se trouvaient sur place (9). En réalité, les séparatistes se battaient essentiellement avec des armes trouvées dans les arsenaux locaux ou prises à l’ennemi.

Depuis des années, la presstituée ne cesse de propager des mensonges éhontés à propos de la Russie, comme elle l’a fait à propos de la Yougoslavie, de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, etc… Des Olivier Bot, on en trouve quasiment dans toutes les rédactions. Ils font du journalisme un métier de putes.

Frank BRUNNER

Olivier Bot

Notes :

(1) http://www.24heures.ch/signatures/editorial/otan-veut-dun-yalta-2/story/14881159

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Incendie_criminel_%C3%A0_Odessa

(3) http://www.interet-general.info/spip.php?article9870&var_mode=calcul

(4) http://www.interet-general.info/spip.php?article10476

(5) http://www.interet-general.info/spip.php?article11143

(6) http://www.interet-general.info/spip.php?article11259

(7) http://www.interet-general.info/spip.php?article11280

(8) http://www.interet-general.info/spip.php?article11285

(9) http://www.osce.org/

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source