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sputniknews, 20 juillet 2016

Europe : Pour Stoltenberg, les deux grands défis de l’Otan sont…

Suivi d’un commentaire


Expansion de l’OTAN vers l’Est de 1990 à 2009

Jens Stoltenberg tient décidément à faire savoir que l’Otan fait face à de graves menaces. Il multiplie les tribunes dans la presse, qui mettent dans le même sac… Daech et la Russie.


Jens Stoltenberg

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg se lance dans le journalisme et publie en un seul jour, le mardi 19 juillet 2016, deux articles. Dans le Wall Street Journal (1), M. Stoltenberg désigne les deux principaux défis pour l’alliance, à savoir le groupe terroriste État islamique et la Russie. Dans El Pais (2), il revient sur son sujet favori et parle essentiellement de l’agressivité de la Russie.

En ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, le chef de l’Otan estime que la coalition dirigée par les États-Unis a enregistré de bons résultats, bien que beaucoup de choses restent à faire, notamment livrer à la coalition des avions AWACS, lancer une nouvelle opération de sécurité maritime en Méditerranée et renforcer le soutien aux partenaires régionaux au Proche-Orient et en Afrique du Nord.

Essai de largage d’ue bombe nucléaire américaine B61-12

Évoquant les défis posés par la Russie, Jens Stoltenberg déclare que le rattachement de la Crimée a torpillé la sécurité européenne. Selon lui, c’est Moscou qui continue de provoquer régulièrement l’Otan. Il cite en exemple de provocation les chasseurs russes qui "vrombissent" au-dessus des navires américains en mer Baltique.

Face à cette sécurité européenne "torpillée", Jens Stoltenberg fait état d’un renforcement sans précédent depuis la guerre froide de la défense collective et du déploiement de forces supplémentaires sur l’aile est de l’alliance, c’est-à-dire à la frontière russe. Selon lui, ce déploiement ne présente aucune menace pour la Russie, car "toutes nos mesures sont purement défensives". Le chef de l’Otan se veut même conciliant.

"L’Otan souhaite davantage de dialogue constructif avec la Russie", a-t-il noté, évoquant la réunion du Conseil Otan-Russie du 13 juillet 2016.

Rappelons cependant que tout récemment encore, il disait que le dialogue avec la Russie n’était possible que si cette dernière respectait plusieurs conditions fondamentales et, au premier chef, l’arrêt du soutien "politique, financier et militaire des séparatistes" dans l’est de l’Ukraine.

sputniknews

Une bombe nucléaire américaine B61-12

Commentaire

Jens Stoltenberg, comme tous les secrétaires généraux de l’OTAN, n’est rien de plus qu’une marionnette des Etats-Unis. C’est précisément la raison pour laquelle ils sont nommés à ce poste. Son blabla ne fait que relayer la désinformation propagée par le gouvernement des Etats-Unis. Quand il aura achevé son mandat de prostitué à l’OTAN, parions qu’il sera récompensé par une place grassement rémunérée dans une entreprise américaine d’armement, une banque ou quelque multinationale.

Prétendre que la coalition dirigée par les Etats-Unis aurait obtenu de bons résultats contre les terroristes est remarquablement hypocrite, puisque c’est précisément cette coalition qui finance, entraîne et arme les terroristes. Ils sont simplement présentés comme « l’opposition modérée ».

Prétendre que le rattachement de la Crimée à la Russie aurait torpillé la sécurité européenne n’est pas moins hypocrite, puisque ce rattachement a eu lieu à la suite d’un référendum et qu’il a été massivement approuvé par les Criméens. Ce rattachement à la Russie n’a en rien compromis la sécurité européenne.

Ce qui a compromis la sécurité européenne, c’est le coup d’Etat fasciste fomenté par les Etats-Unis en Ukraine, avec ses campagnes d’assassinats contre les opposants, ses massacres, et l’agression militaire lancée contre la population russophone du Donbass, dans l’Est de l’Ukraine. C’est précisément en raison de ce coup d’Etat et de ses suites criminelles que les Criméens et les habitants du Donbass se sont révoltés contre le régime fasciste instauré par les Etats-Unis. Quoi de plus légitime que cette révolte ? Si les dirigeants européens étaient moins corrompus, ils soutiendraient les Criméens et les habitants du Donbass contre le régime fasciste de Kiev, au lieu de faire l’inverse.

Jens Stoltenberg sait fort bien tout cela et ce n’est pas par hasard qu’il feint de l’ignorer. La vérité ne l’intéresse pas. Il est payé pour faire son numéro de perroquet.

Enfin, il est ridicule de prétendre que les activités militaires des Etats-Unis en Europe auraient un but purement défensif. Les Etats-Unis ont entreposé de nombreuses bombes nucléaires dans leurs bases en Europe. Ces bombes sont destinées à être larguées contre la Russie. Le bouclier antimissile installé par les Etats-Unis en Europe vise à neutraliser la capacité de riposte de la Russie en cas d’agression de l’OTAN.

Il faut bien voir que, du point de vue des Russes, ces armes nucléaires américaines en Europe sont des cibles prioritaires en cas de conflit et que, pour les détruire dans leurs bunkers, les Russes devront probablement utiliser des bombes nucléaires. Les explosions nucléaires visant ces bases américaines auront des conséquences catastrophiques pour les populations des pays concernés. Ces conséquences seront invoquées comme un prétexte par les Etats-Unis pour entraîner les Européens dans une guerre contre la Russie qu’ils n’auront pas voulue. Il s’agit là d’une provocation criminelle dans laquelle les Européens sont considérés par les Etats-Unis comme de simples pions qu’on sacrifie sans le moindre scrupule. L’idée est d’attaquer la Russie depuis l’Europe, dans l’espoir que les Russes ne riposteront pas contre le territoire des Etats-Unis.

Le mieux que puissent faire les Européens est de dissoudre l’OTAN et d’expulser tous les militaires américains d’Europe.

Frank BRUNNER

Notes :

(1) http://www.wsj.com/articles/nato-muscles-up-to-fight-isis-1468968122

(2) http://elpais.com/elpais/2016/07/18/opinion/1468843747_654549.html

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