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dimanche 20 août 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Soudan (1ère partie) : Du 9 février 2004 au 31 août 2004
AFP, 31 août 2004

Soudan : Disparitions et crise humanitaire au menu des négociations


ABUJA (AFP) - Le gouvernement soudanais et les rebelles ont repris, mardi 31 août 2004, leurs négociations, sous l’égide de l’Union Africaine (UA), à Abuja, pour tenter de mettre fin à la grave crise humanitaire au Darfour, alors que des employés d’ONG ont disparu.


Pour ce huitième jour de négociations, les représentants du gouvernement et des deux factions rebelles doivent en effet statuer sur le premier point de l’agenda, à savoir la sécurité de 1,2 million de personnes déplacées par les violences dans la région occidentale soudanaise du Darfour.

Les médiateurs de l’Union africaine, qui pilotent dans la capitale nigériane les négociations, avaient établi un calendrier prévisionnel des discussions en espérant pouvoir présenter des progrès concrets lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies, prévue jeudi 2 septembre 2004, et au cours de laquelle la position du gouvernement du Soudan risque d’être vivement critiquée. "Nous avons espoir d’obtenir un concensus aujourd’hui des deux parties concernant les propositions de l’Union africaine pour la résolution de la crise humanitaire au Darfour", a déclaré Assane Ba, porte-parole de l’Union africaine.

L’Union africaine souhaite notamment que Khartoum retire ses troupes des camps de réfugiés et déplacés du Darfour afin de permettre le libre accès des organisations humanitaires et des enquêteurs des Droits de l’Homme. Les soldats de Khartoum et les milices pro-arabes Djandjawids sont accusés de tueries, d’intimidation et de viols massifs contre les membres de la minorité noire africaine de cette région, accusés de soutenir les rebelles.

Les pourparlers en cours au Nigeria -le président Olusegun Obasanjo préside actuellement la Commission de l’Union africaine- n’empêchent pas les deux parties de s’accuser mutuellement des pires atrocités et de poursuivre la lutte sur le front médiatique.

Les autorités soudanaises ont accusé, mardi 31 août 2004, les rebelles du Mouvement pour la Justice et de l’Egalité (JEM) d’avoir kidnappé 22 Soudanais chargés par Khartoum d’une campagne de vaccination dans l’Etat du Darfour sud. Les représentants rebelles à Abuja ont nié toute implication dans ces disparitions accusant Khartoum de "mener une propagande sans fondement", selon le chef des négociateurs du JEM à Abuja, Ahmed Mohammed Tugod. "Nos hommes n’opèrent pas dans la région où ces kidnapping se sont déroulés, ce sont les Djandjawids et les troupes gouvernementales qui sont dans cette zone au contraire. Le gouvernement soudanais doit être tenu responsable. Le kidnapping n’est pas dans nos méthodes", a-t-il ajouté.

Lundi 30 août 2004, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies avait déjà annoncé que huit employés d’organisations humanitaires -trois travaillant pour le PAM et cinq appartenant à l’organisation du Croissant Rouge- avaient été porté disparus dans l’Etat du Darfour Nord, à 80 kilomètres au sud d’El-Facher, sans accuser nommément l’une ou l’autre des parties au conflit. Le ministère soudanais des Affaires humanitaires avait auparavant annoncé l’enlèvement par des rebelles de deux employés soudanais du PAM et de trois autres travaillant pour le Croissant rouge soudanais.

M. Obasanjo a par ailleurs annoncé que les observateurs de l’Union africaine avaient pu confirmer l’attaque de Khartoum sur le village de Yassin, le 26 août 2004, dénoncée par les rebelles. Selon les rebelles cette attaque avait fait 64 victimes civiles. M. Obasanjo "a écrit au président Al-Bashir pour lui demander de faire cesser toute attaque des forces gouvernementales ou des Djandjawids" et de ne pas menacer le processus de paix, selon un communiqué de la présidence nigériane.

Le conflit du Darfour qui a éclaté il y a 18 mois entre le JEM et le Mouvement de Libération du Soudan (SLM) et le gouvernement du président Omar Al-Béchir, a déjà fait entre 30000 et 50000 morts depuis février 2003.

Le 3O juillet 2004, le Conseil de sécurité avait donné 30 jours au Soudan pour désarmer les milices arabes progouvernementales et régler la crise humanitaire au Darfour.

Les autorités soudanaises affirment avoir débuté le programme d’action convenu avec le représentant de l’ONU à Khartoum, Jan Pronk, pour répondre aux exigences du Conseil de sécurité et attendent un "verdict de clémence" lors de la réunion du Conseil de sécurité. Mais, selon les organisations humanitaires, les déplacés ont encore peur de regagner leurs villages malgré les assurances des autorités.

Agence France Presse

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