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lundi 5 décembre 2016
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22 juillet 2016

France : Gardien de prison


Vue de la Maison d’Arrêt de Grenoble-Varces

On parle d’Agent de l’Administration Pénitentiaire. Je suis un maton. Sans emploi ni perspective d’emploi malgré un Bac + 4 en économie (à quoi ça sert, une maîtrise d’économie, on se demande ?) je me suis décidé à devenir maton il y a un peu plus de deux ans, et suis affecté à la Maison d’Arrêt de Grenoble-Varces.


France

J’ai, jusqu’à maintenant, toujours voté à gauche, "socialiste de cour" (sinon de raison ?). Venant d’une ville de banlieue lyonnaise où l’immigration n’est pas (encore ?) un problème, j’avoue avec honte que jusqu’à ma prise de fonction je me sentais quelque peu attristé par le sort de ces immigrés, tout comme moi sans emploi, en prise au racisme, etc. Elevé dans une famille de la classe moyenne, j’étais sans doute ce que vous appelez un "bobo". Et un imbécile.

Il y a deux ans, j’ai donc pris mes fonctions de surveillant à la Maison d’Arrêt de Varces. Comment décrire le choc subi ? J’ai pris en pleine gueule la réalité soigneusement cachée par les média et dont il ne faut pas, surtout pas, parler. Je vais essayer d’être calme et de décrire avec ordre la situation.

La Maison d’Arrêt de Varces regroupe environ 80 % de prévenus (en attente de jugement) et 20 % de condamnés attendant d’être transférés dans un "établissement pour peine" (Centre de Détention ou Maison Centrale). Dans ces 100 % de détenus, sont plus de 80 % de détenus se réclamant de l’islam. Simple à voir, puisque nous proposons des menus "hallal". Il suffit de compter donc les détenus le réclamant.

Un aumônier passe chaque dimanche et visite les détenus catholiques qui le souhaitent. Il célèbre également un office environ une fois par mois. Y sont présents au maximum 20 détenus (sur un total d’environ 400). Un imam est quasiment chaque jour à la Maison d’Arrêt de 10h00 a 17h00 et n’a manifestement pas assez de temps pour visiter tous les détenus qui le souhaitent. Aux heures de prière musulmane, les coursives résonnent des sourates du coran récitées et chantées par les détenus.

Un couloir cellulaire à la Maison d’Arrêt de Grenoble-Varces

La Maison d’Arrêt est composée principalement de quatre étages. Au premier se trouvent les salles de classe et d’activité, ainsi que principalement les détenus "isolés" (affaires de moeurs). Au second, en principe, les détenus musulmans. Au troisième étage, en principe, les cellules des détenus travaillant aux ateliers. Au quatrième, en principe, les détenus non musulmans. Ça c’est la théorie. C’était ainsi il y a plusieurs années, comme me racontent les anciens collègues. Aujourd’hui, avec plus de 80 % de musulmans, ils sont partout, dans tous les étages.

Tout le monde sait bien qu’en prison ce sont les surveillants qui font régner la discipline. C’est du moins ce que je croyais. Eh bien non ! A Varces, ce sont les caïds musulmans qui font régner leur ordre. Nous, matons, devons nous plier à leurs décisions, et toute décision que nous prenons sans leur aval ne sera pas exécutée. Nos brigadiers négocient quasiment chaque jour avec les caïds musulmans pour décider s’il est possible d’inscrire X ou Y aux activités sportives, si X ou Y est "autorisé" à travailler aux ateliers, etc. J’ai même vu de mes yeux un brigadier négocier avec un caïd musulman le "droit" pour un détenu d’aller au parloir quand il avait une visite, pour s’assurer qu’il ne serait pas attaqué par les détenus musulmans. Ce détenu particulier était accusé de faire partie d’un groupe "raciste".

Il y a, dans l’enceinte de la Maison d’Arrêt, un grand gymnase où on fait essentiellement... de la boxe ! Et devinez qui s’inscrit à cette activité ? Les musulmans. Ceci explique que quand un de mes collègues se fait agresser par un détenu, il soit très sévèrement rossé !

Le ramadan a imposé des horaires spéciaux de distribution des repas. Et par "simplicité" les musulmans ont tenté d’imposer à tous les détenus leurs horaires de repas. Ceci a été tout de même refusé par la direction, ce qui a généré insultes et menaces de la part des caïds musulmans.

L’intérieur d’une cellule à la Maison d’Arrêt de Grenoble-Varces

Le racket en prison n’est pas une légende, et il est aujourd’hui organisé par les caïds musulmans. Il est notoire que tout détenu recevant un salaire de l’administration pénitentiaire (qui travaille aux ateliers, qui travaille dans le service général), doit en reverser une partie aux caïds de la prison. Cette partie se fait en produits alimentaires. On le voit aux distributions des "cantines". De même, pour les détenus non musulmans recevant des mandats, ils doivent "cantiner" pour les caïds musulmans.

Le téléphone en Maison d’Arrêt est interdit. Et pourtant, tout le monde peut téléphoner, puisque les téléphones mobiles sont très nombreux. Et là aussi, l’autorisation des caïds musulmans est de fait, et se paie en produits alimentaires... ou en "services".

Ces "services"... Un détenu ayant des visites familiales fréquentes sera mis à contribution pour introduire de la drogue dans la prison, lors de ses visites. C’est simple : sur le parking ou attendent les familles, les trafiquants remettent quelques doses de drogue aux visiteurs, qui les donneront ensuite aux détenus. Celui-ci les cachera où il peut (dans l’anus souvent... dans ses vêtements...) et s’il se fait prendre à la fouille, après la visite, il sera bien sûr le seul à en payer les conséquences. Il sait que, s’il parle, il sera tabassé par ses co-détenus. Et s’il ne se fait pas prendre, il donnera la drogue aux caÏds qui la revendront aux autres détenus, et qui seront payés en produits alimentaires... ou en services. La boucle est bouclée !

Le business, comme ils disent. Les caïds continuent, bien sûr, de diriger leurs réseaux depuis la prison. Les réseaux à l’extérieur se reconstruisent à l’intérieur, et sont à l’origine de la plupart des règlements de comptes ayant lieu à l’intérieur de la Maison d’Arrêt.

L’intérieur d’une cellule à la Maison d’Arrêt de Grenoble-Varces

Revenons à l’islam. Les conversions à l’islam sont fréquentes, et quelques détenus exercent les fonctions de "sages", en faisant la propagande islamique dure. J’ai vu moi-même des jeunes détenus français commencer à changer leur mode vestimentaire, puis demander des repas hallal, en très peu de temps.

Et ce qui m’a décidé à vous écrire... Le jour où ce Français de la région lyonnaise a été décapité par un musulman, ça a été des explosions de joie. Des hurlements de sauvages. Des déchaînements d’insultes et de menaces contre nous ("on va te faire pareil à toi et ta famille"). Les caïds musulmans ont même exigé et obtenu de prolonger la promenade dans la cours de plus de deux heures pour célébrer ce crime.

Je ne vais travailler maintenant qu’avec la peur au ventre. Les insultes sont bien sûr désagréables, mais surtout je sais que pour le moindre prétexte je peux être agressé. Il y a eu, à Varces, 17 agression physiques de surveillants au mois de juin 2016. Cela fait plus d’une tous les deux jours. Mais j’ai aussi peur pour ma famille. Je suis marié et père de deux enfants. J’ai été pris à partie quand je quittais l’établissement, après mon travail, à deux reprises en à peine deux mois, suivi une fois en voiture sur plusieurs kilomètres. Le lendemain, un caïd m’a ordonné d’inscrire un de ses amis à une séance d’informatique. J’ai accepté. Avec honte. Mais j’ai peur.

Aujourd’hui, je cherche activement un autre emploi, mais je sais que je ne trouverai rien. La situation est ainsi. Certains de mes collègues de travail se font à cette situation. Certains profitent même financièrement en s’étant vendus à la mafia qui règne à Varces ! Mais d’autres, comme moi, voudraient pouvoir simplement faire notre travail. Plusieurs d’entre nous sommes allés voir la direction. La réponse a été claire : "On ne veut pas d’émeutes. Gardez un profil bas".

Auteur inconnu

La bibliothèque de la Maison d’Arrêt de Grenoble-Varces

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source