retour article original

samedi 10 décembre 2016
Vous êtes ici Accueil Interviews
24heures, 13 août 2016

Interviews : Albert Rösti s’exprime à propos de l’initiative populaire pour l’autodétermination

par Florent QUIQUEREZ


Albert Rösti exhibant un paquet de formulaires de récolte de signatures

L’Union démocratique du centre (UDC) a déposé son initiative populaire pour l’autodétermination, munie de 116709 signatures. C’est le nouveau combat de l’UDC : faire primer le droit suisse sur le droit international. Le parti a officiellement déposé, vendredi 12 août 2016, son initiative populaire « Le droit suisse au lieu de juges étrangers ». L’UDC accuse les élites d’un « coup d’Etat » contre le peuple. Son président, Albert Rösti (BE), explique comment il espère convaincre la population.

Une affiche de l’UDC


Question :

- "C’est une thématique compliquée, comment allez-vous l’expliquer aux gens ?"

Albert Rösti :

- "Je ne pense pas que ce soit si difficile. Lors de la récolte des signatures, les gens comprenaient tout de suite très bien de quoi il était question. C’est simple : la loi suisse doit être respectée en priorité par le gouvernement et le Tribunal fédéral. Initiative contre les minarets, sur le renvoi des criminels étrangers, et bientôt contre l’immigration de masse : à plusieurs reprises, on refuse de mettre en œuvre les décisions du peuple. Cela ne va pas ! C’est peut-être compliqué au niveau des termes juridiques, mais c’est tout simple à expliquer. La volonté du peuple, c’est le droit le plus important pour la Suisse".

-"Ce droit international, c’est quand même la Suisse qui a décidé souverainement de le reconnaître…"

- "C’est clair que la plupart des traités internationaux ont été acceptés par le peuple ou par le parlement qui est son représentant. Et ces traités sont respectés. Mais si jamais l’Union européenne demande à la Suisse de mettre en place un accord institutionnel, là on n’est pas d’accord, parce que le peuple n’a plus rien à dire. C’est ça que l’on veut éviter. Ça ne signifie pas qu’il faut dénoncer tous ces contrats, mais il faut mettre des lignes rouges. Le Conseil fédéral [exécutif de la confédération] et le Tribunal fédéral doivent savoir que la décision du peuple, c’est celle qui compte.

-"Seriez-vous prêts à dénoncer la Convention européenne des droits de l’homme ?"

- "Nous n’avons pas lancé cette initiative contre la Convention européenne des droits de l’homme. Ce n’est pas du tout notre objectif, car cette convention fait partie de notre constitution. Nous n’avons pas l’intention de la dénoncer, d’ailleurs notre initiative précise que les droits de l’homme impératifs seront maintenus. En même temps si un jour, une décision de la Cour européenne des droits de l’homme est contraire à notre constitution, notre initiative dit qu’il ne faut pas l’accepter. Vous savez, l’Allemagne ou Angleterre procèdent déjà de cette façon".

Propos recueillis par Florent QUIQUEREZ

Liens liés a l'article.24heures.ch

AUTEURS 

  • Florent QUIQUEREZ

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source