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dimanche 4 décembre 2016
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Rivarol, 2 septembre 2016

Interviews : Alain Soral

par Jérôme BOURBON


Alain Soral

Fondateur et président d’Égalité et Réconciliation depuis 2007, Alain Soral est une personnalité talentueuse, volubile et atypique qui ne mâche pas ses mots et qui dit ce qu’il pense. Que l’on partage ou non la totalité de ses prises de position et de ses analyses, il est toujours intéressant et stimulant intellectuellement de lui donner la parole. C’est pourquoi nous lui ouvrons nos colonnes pour notre numéro de l’été à un moment où l’actualité nationale et internationale est particulièrement « chaude » tout en précisant, comme on le fait pour toute interview, que ses propos n’engagent bien sûr que lui.


Question :

- "Quels commentaires vous inspire l’attentat de Nice le 14 juillet sur la Promenade des Anglais ?"

Alain Soral :

- "J’avais annoncé qu’il y aurait sans doute un nouvel attentat comparable à celui du Bataclan. J’avais même dit qu’il n’aurait pas lieu pendant l’Euro, mais après, et qu’il se passerait sur les plages. Or il a bien eu lieu quelques jours après l’Euro et sur la Promenade des Anglais. Certains m’ont rétorqué que ce n’était pas des plages, preuve qu’ils ne connaissent pas bien la France et sa géographie !

Il y a plusieurs lectures de cet événement : une lecture fataliste et une lecture plus complotiste... Ce qui est évident, c’est qu’il y a des gens qui ont envie que le « choc des civilisations » ait lieu. Et force est de constater que tout est fait pour qu’il fonctionne et qu’il va être de plus en plus difficile de l’empêcher. Il est évident que l’oligarchie à la tête du pays joue la carte de l’affrontement entre communautés. Dès lors, on a du mal à penser que les services, que le gouvernement travaillent efficacement pour empêcher les attentats. Je crois même que ce climat de tensions et d’insécurité, qui permet leur passage en force malgré une totale impopularité, est leur intérêt. Le Premier ministre ne s’en cache d’ailleurs pas quand il dit qu’il y aura d’autres attentats, qu’on ne peut pas les empêcher et qu’il faut apprendre à vivre avec.

La question qu’il faut toujours se poser en pareil cas, outre d’où vient l’argent ? En l’occurrence, les 100 mille euros envoyés par le kamikaze en Tunisie, à sa famille, quelques jours avant les faits. C’est : à qui profite le crime ? Je pense qu’Israël, auquel Valls est éternellement attaché, est l’acteur qui a le plus intérêt à ce conflit de civilisations entre musulmans et chrétiens et qu’il le promeut par tous les moyens. Et la France, malheureusement, est aujourd’hui entièrement passée sous domination israélienne, soumise à sa volonté et à son calendrier. Quand Netanyahou nous dit en substance : vous allez avoir des attentats, vous aussi, si vous ne soutenez pas notre politique envers les Palestiniens, nos situations sont identiques et nous avons vocation à vous guider dans la lutte, ce sont autant des prophéties que des menaces. Et tant que nos dirigeants seront entièrement inféodés à Israël -Hollande, Valls...- on ne pourra lutter efficacement ni contre l’immigration, ni contre le terrorisme islamique, sachant que les deux questions sont intimement liées, notamment avec le phénomène récent des migrants... En fait, on s’active un peu aujourd’hui contre Daech uniquement parce que Poutine a mis son nez dans l’affaire syrienne, oubliant que l’État français a organisé et armé toutes ces milices islamistes radicales et favorisé les migrations qui permettent aux terroristes d’entrer aujourd’hui sur le territoire national. Or je ne crois pas que nos dirigeants soient juste stupides et incompétents. Ils sont surtout soumis à une volonté et un calendrier qui les dépassent, qui font d’eux des traîtres à la nation et des criminels. Et ce calendrier, c’est celui d’Israël. Israël dont les deux projets et les deux nécessités sont l’Alyah et le Grand Israël. Pousser les juifs ici à migrer en Israël et justifier là-bas leur expansion territoriale.

Alors évidemment s’il n’y avait pas de musulmans en France, il n’y aurait pas de musulmans radicaux à recruter et à manipuler, mais là aussi posons-nous les questions : pourquoi l’immigration incontrôlée depuis le regroupement familial alors qu’elle n’était plus nécessaire économiquement ? Pourquoi la volonté, au lieu d’en faire des citoyens français, d’en faire des asociaux par tout le travail de dénigrement de la France effectué par les éducateurs trotskistes : France assimilée à un pays de colons, de collabos, d’esclavagistes, de lâches, de salauds... Pourquoi, depuis 40 ans, tout a été fait pour que nous nous retrouvions dans la situation où nous sommes aujourd’hui, et qui n’était pas non plus une fatalité ?

Autre remarque : qu’on prenne Charlie, le Bataclan ou Nice, ce sont aussi trois lieux entièrement sous contrôle israélien. Vérifiez ce qu’est Estrosi, ce qu’était le Bataclan, ce qu’est Charlie depuis que Philippe Val en avait pris le contrôle... Ce crescendo correspond pour moi à un plan".

-"On a appris que le Tunisien qui a commis le sanglant attentat à Nice buvait de l’alcool, se droguait, ne priait pas, ne fréquentait pas la mosquée, ne faisait pas le Ramadan, n’était pas fiché S. Peut-on alors, dans son cas, sérieusement parler d’islam radical comme on l’entend partout ?"

- "Quand je parle d’islam radical, je reprends l’intitulé officiel. Mais un des cadres du renseignement français nous révélait récemment que sur les cinquante plus hauts gradés de Daech aucun n’appartenait au monde de l’islam radical. Que c’était pour l’essentiel d’anciens officiers irakiens recrutés par les Américains. Et, faisant un peu l’idiot, il ajoutait que c’était incompréhensible, sans doute pour éviter d’aller au bout de son raisonnement ! En fait, à l’échelon inférieur, les soi-disant djihadistes qui se font plus ou moins sauter volontairement sont des voyous issus de l’idéologie SOS-Racisme. Des petits délinquants passés par la prison, les mains d’officiers traitants des Renseignements généraux et des services. De Merah aux frères Kouachi, c’est systématiquement le même profil : des post-adolescents instables psychologiquement et manipulables, très loin de pieux musulmans adultes. Nous sommes clairement là face à des opérations qui ressemblent à ce qu’on a vu se mettre en place aux États-Unis dès les années 1960 avec Oswald. Le grand référent, pour moi, c’est le 11 septembre 2001 et les Twin Towers : une opération conjointe d’Israël et de l’État profond américain en vue d’instaurer le Nouvel Ordre Mondial. Ce à quoi nous assistons, en France, aujourd’hui, n’est que le volet français de ce calendrier. Et à mesure qu’il s’accélère, tout devient plus transparent et plus violent".

-"Pourquoi, selon vous, s’accélère-t-il ?"

- "On voit qu’Erdogan, en ce moment, se rapproche de Poutine, se rendant compte sans doute que sa soumission à l’empire otanesque risque de lui valoir les mêmes désillusions et la même fin que Saddam Hussein. On voit aussi que Trump émerge aux États-Unis, alors qu’il n’était pas le candidat républicain souhaité, car c’est un isolationniste dans la tradition de Lindbergh. Gageons d’ailleurs qu’il sera bientôt traité d’antisémite comme le fut le célèbre aviateur américain. On vit également le rebond de la crise financière et bancaire de 2008 dont on n’est jamais sorti, un effondrement du système monétaire et financier piloté et causé par Wall Street.

Face à cela, mon analyse a toujours été la même : l’oligarchie mondialiste a tout intérêt à ethniciser une crise économique et sociale, à s’appuyer sur des phénomènes qui existent certes : des civilisations qui ont été longtemps en concurrence voire en conflit par le passé, mais dont l’affrontement actuel n’est en rien une fatalité quand on regarde l’histoire. L’histoire de la décolonisation notamment procédait plutôt d’un processus laïc, voire marxisant : panarabisme, nationalisme arabe... Il n’était pas fatal que l’islam radical émerge, pas plus que le Hamas ne prenne le dessus sur l’OLP. C’était même contre le sens de l’histoire si la volonté impériale américano-sioniste ne s’en était pas mêlé après l’effondrement de l’URSS et la disparition de l’utile ennemi communiste. Tout ça est artificiel, instrumentalisé, voulu. Mais face à cette volonté oligarchique impériale et ses moyens, il va être très difficile d’éviter le piège. Le piège de la guerre totale : civile et mondiale.

Par les media, tout est fait en effet pour attiser les haines et les antagonismes entre communautés : quand on montre les poupées des petits enfants morts sur la Promenade des Anglais avec tout un pathos compassionnel, sans aucune analyse de fond, le Français de base, qui subit déjà 30 ans de régression économique, auquel on a imposé une immigration dont il ne voulait pas et qui ne lui a rien apporté, hormis une perte de repères culturels, le dumping social et de la délinquance (il suffit de voir de quoi sont remplies les prisons), le Français, dis-je, arrive au bout de son acceptation de l’antiracisme et du politiquement correct. Et quand on lui parle aujourd’hui d’islam radical, il ne pense pas aux manipulations impériales de Daech, maintes fois démontrées depuis Al Qaida, mais aux jeunes des banlieues issus du Maghreb –dont l’islam n’est pas plus une pratique que le catholicisme chez nous– et sa colère légitime lui fait oublier le travailleur immigré prolétaire, le bon père de famille pieux élevé dans la droite des valeurs avec qui nous pourrions être en convergence, pour ne plus souhaiter que casser du bougnoule comme à Gaza.

Or, le Système et ceux qui le contrôlent en France ont totalement fabriqué ces voyous de banlieue par l’idéologie libérale-libertaire et l’antiracisme institutionnel. Leur modèle identitaire, c’est le ghetto américain. On a incité ces jeunes paumés à partir se battre en Syrie, on les a formés à la violence guerrière, on les a armés. Tout cela est vérifiable. On a même fait en sorte de les faire revenir, alors qu’on aurait pu laisser l’armée d’Assad se charger de nous en débarrasser. Ce qui nous arrive était donc plus que prévisible, je dirais même que c’était prévu. Et il est temps d’avoir le courage de le dire : il y a des gens qui ont intérêt à ce chaos en France, et ces gens ne sont ni le peuple de souche ni les musulmans du quotidien. Un chaos qui n’est non plus ni dans l’intérêt des minorités chrétiennes d’Orient, ni dans celui des pays arabo-musulmans aujourd’hui à feu et à sang. Qui a intérêt à cela ? L’oligarchie financière qui cache une crise économique derrière la violence ethnique, afin de détourner la colère populaire, et Israël dont le projet est le Grand Israël, ces deux acteurs étant d’ailleurs très imbriqués".

-"Ne pensez-vous pas que si les attentats se multiplient d’ici l’élection présidentielle d’avril 2017, Marine Le Pen pourrait être élue à l’Élysée ?"

- "Bizarrement, mon intuition me dit que non. Dans un climat de peur et d’insécurité, les Français, qui ne sont plus très courageux, opteront plutôt pour une soumission accrue au pouvoir policier en place, plutôt que pour une aventure politique présentée par les media comme ajoutant encore le danger au danger, l’insécurité à l’insécurité.

Je crois davantage à la montée en douce d’un régime dictatorial suspendant les libertés individuelles au nom de la sécurité des populations –soit le rêve de Valls et du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Je ne pense pas que le Système ait spécialement envie d’aider Marine Le Pen à accéder au pouvoir national, même si elle se soumet de plus en plus à lui. À mon avis, le pouvoir oligarchique est d’accord pour déléguer au FN des pouvoirs locaux, disons municipaux, en lui confiant la tâche ingrate de raser les mosquées, à Béziers, à Fréjus ... et d’affronter physiquement les jeunes musulmans en colère. Mais lui donner les clés de la nation France, jamais. La jouissance du Système, infiniment pervers et méprisant, c’est de confier au Front national le rôle dévolu à l’extrême droite : celui du sang sur les mains, pour que, face à l’histoire, ce soit lui le responsable désigné de la ratonnade. Une ratonnade voulue en réalité par les loges laïcardes et le sionisme international, deux entités suffisamment habiles et puissantes pour ne pas faire le travail elles-mêmes afin d’éviter de se retrouver un jour au Tribunal Pénal International. Rappelons-nous Milosevic.

Même au niveau régional, le Système n’a pas voulu du pouvoir du FN, et Marine a viré son père –obéissant ainsi à une demande expresse du CRIF– pour rien. Elle a juste découvert à ses dépens que la Communauté organisée n’avait pas pour culture de respecter les promesses faites à une étrangère".

-"Mais alors, pourquoi, selon vous, Marine Le Pen a-t-elle opté pour cette stratégie à la fois immorale (tuer son père) et vouée à l’échec ?"

- "Il faut comprendre que Marine Le Pen n’a jamais réellement combattu pour le pouvoir. Le pouvoir au FN c’est son père qui le lui a donné. Il a même repoussé le Congrès de deux ans, avec Louis Aliot au fichier qui faisait le ménage, pour être sûr qu’elle en hérite, tellement personne n’en voulait. Dans le schéma mental de Marine, le pouvoir c’est ce qu’un vieux monsieur qui vous aime bien vous donne. Et pour s’élever du pouvoir du FN au pouvoir national, elle s’est simplement dit, fidèle à ce schéma hérité, qu’après avoir complu à papa, il fallait complaire à ce super-papa qu’était monsieur Cukierman. De daddy à super daddy, voir Sugar Daddy. N’avait-il pas dit qu’elle était irréprochable ?

Mais si le président du CRIF a effectivement le pouvoir de désigner le Président de la France, Roger Cukierman n’est pas son papa, et comme dans les romans populaires du XIXe siècle, après les promesses d’adoption, d’épousailles, elle s’est retrouvée au tapin !

Après ce cuisant échec et la leçon des régionales –où le Grand Orient et le CRIF l’ont empêchée de gagner trois régions et d’être en position ascendante pour les élections présidentielles– Marine a sans doute compris que le combat pour le pouvoir en milieu hostile c’est autre chose que de plaire à papa, mais il est un peu tard.

Voilà pourquoi je ne vois pas Marine Le Pen arriver dans un fauteuil à l’Élysée en mai prochain".

-"Qui voyez-vous alors élu en 2017 ?"

- "Je pense que le Système veut à tout prix maintenir l’alternance. Après Hollande, Juppé, maire très bien élu de Bordeaux, dernier gaulliste historique via Chirac, condamné certes, mais qui s’est sacrifié pour lui. Bon bourgeois, énarque, « catholique »... il est le candidat de l’oligarchie mondialiste et déjà adoubé par les Américains.

Le seul bémol c’est que Sarkozy refuse de se retirer du jeu. Humilié d’avoir été battu en 2012 par l’insignifiant Hollande, au lieu de se contenter de se remplir les poches en rentabilisant son carnet d’adresses dans le conseil international, il veut revenir. Et comme il sait que les Américains jouent Juppé, il se met à draguer Poutine via Thierry Mariani. C’est plutôt ça l’inattendu de l’élection à droite : face à un Juppé inconsistant, totalement soumis à la domination américaine, donc parfaitement en phase avec ce qu’est devenue la France –on a les représentants qu’on mérite–, un Sarkozy plutôt incontrôlable et qui, n’acceptant pas d’être un président « one shot » comme l’avait été Giscard, ose l’aventure bonapartiste !

Si cette analyse est juste, c’est de lui que devraient venir les dérapages, pas de Marine qui fait tout pour réintégrer le politiquement correct au moment où le dérapage a un grand avenir en politique : on le voit avec Trump.

Il est d’ailleurs catastrophique que Marine ait viré son père au moment où Donald Trump triomphe au États-Unis par le choix du politiquement incorrect. Au moment où les évènements donnent raison à Le Pen sur l’immigration, le patriotisme. Au moment où tout le monde le pille, de Zemmour à Finkielkraut en passant par Onfray. Au moment où il est en fait profondément populaire et où elle aurait dû s’appuyer sur lui comme sur la statut du Commandeur..."

-"Vous pensez toujours que la martingale gagnante pour le Front national, c’est de défendre à la fois « la gauche du travail et la droite des valeurs » ? Pouvez-vous développer cette idée qui est au cœur du combat politique d’Égalité et Réconciliation ? Et dites-nous jusqu‘à quel point l’actuel FN est fidèle ou non à cette orientation ?"

- "Face à la coalition libérale-libertaire de la droite d’affaires et de la gauche bobo, il fallait, pour le Front national, produire la contre-complémentarité de combat qu’est la gauche du travail et la droite des valeurs. Quand je parle de réconciliation nationale, c’est d’abord de ça dont je parle, avant la main tendue aux musulmans patriotes. De la réconciliation du salarié français –le prolétaire ayant été avalé par les couches moyennes salariées–, et du petit patron, de l’artisan, du commerçant.

Tout le système de domination oligarchique, que ce soit par la banque à droite ou le gauchisme à gauche, a toujours opposé le petit bourgeois au travailleur, a toujours fait croire au salarié que le petit patron était l’ennemi et au petit patron qu’il était du camp du grand patronat, alors que quand on s’essaie à une analyse sérieuse, on s’aperçoit que le pire ennemi du petit patron c’est le grand capital qui le détruit et l’asphyxie à travers la fiscalité d’État et qu’il a en réalité un combat commun à mener avec ses salariés et ses salariés avec lui. C’est le petit patron qui crée l’emploi et c’est dans la PME que le salarié produit le plus de valeur ajoutée et est le mieux traité. Les grosses structures hiérarchisées, où les énergies se perdent en stratégies de pouvoir et en rivalités internes, étant en réalité très proches de l’improductivité soviétique !

Réconciliation nationale de la gauche du travail et de la droite des valeurs c’était aussi Philippot à gauche et sa défense de l’État Providence et un Gollnisch à droite, par exemple, combattant pour la famille naturelle dans la Manif pour tous.

Gauche du travail, droite de valeurs, c’était parvenir à concilier, dans une même vision nationale, l’électorat de gauche d’Hénin-Beaumont, plus sensible à la question sociale et l’électorat de droite de la région PACA, plus sensible à la question raciale et aux valeurs traditionnelles...

Or, Marine Le Pen, au lieu de produire et de garantir cet équilibre en se situant au-dessus à la fois de Philippot et de Gollnisch, a dérivé de plus en plus vers la gauche du travail et la gauche des valeurs –soit un antilibéralisme libertaire, un nationalisme bobo qui lui correspond sans doute, mais qui a créé au FN un grave déséquilibre. D’où la fronde actuelle des Ménard et Collard manipulant la nièce contre la tante (dans les deux sens du terme : Marine et Philippot), comme on l’a vu récemment à Béziers. Le Système, via Valeurs actuelles, s’engouffrant dans ce déficit des valeurs et ces tensions pour mener une contre-offensive libérale –appelée « union des droites », au service de l’implosion du FN et du vote de droite traditionnel. Voilà où on en est !

Or je le dis et je le redis, le FN, pour être en phase avec le peuple français et se présenter en bon ordre aux élections présidentielles, devait marcher sur ses deux jambes : gauche du travail, droite des valeurs. Et plus il donnait dans la défense des acquis sociaux avec Philippot, plus il devait donner dans le combat pour les valeurs en s’engageant notamment dans la Manif pour tous. La défense du code du travail, à gauche, et de la famille, à droite, se rejoignant in fine dans un même combat supérieur : la défense de la qualité de la vie contre la précarisation libérale".

-"Le modèle que vous définissez là (gauche du travail, droite des valeurs), n’est-ce pas tout simplement du fascisme ?"

- "Pas à la façon dont les antifascistes nous l’expliquent, en tous cas ! Pour vaincre la grande banque apatride (la City, Wall Street) et cette autre force de destruction que sont les révolutionnaires internationalistes (en réalité trotskistes anti-nationaux), il faut nécessairement produire l’alliance inverse du salarié patriote et de l’entrepreneur national. Une politique de troisième voie qui fut en effet menée en Italie puis en Allemagne dans les années 1920, 1930... Une politique de redressement national qui donna de si bons résultats, sur le plan économique et social, que le Système dut les pousser à la guerre pour les réduire à néant. À cette première destruction concrète s’ajoutant une seconde destruction symbolique : la réécriture racialiste du phénomène, afin de le rendre répugnant et incompréhensible aux générations futures, empêchant ainsi les peuples d’aujourd’hui de s’y intéresser.

Montrer l’expérience économique et sociale cachée sous la lecture raciale qu’en fait volontairement le Système –aidé par les idiots utiles d’extrême droite– voilà en réalité la cause profonde de mes ennuis !

Rendre compréhensible le projet de redressement économique national mis en place notamment par l’économiste Hjalmar Schacht en Allemagne. Aider à redécouvrir ce que fut le redressement d’un pays ravagé par la crise sans recourir à l’emprunt extérieur par la mise en place de l’étalon-travail contre l’étalon-or, voilà qui est impardonnable. Bien plus insupportable et dangereux pour le système de domination par la dette que l’islamisme ou l’anti-islamisme sponsorisés !"

-"N’est-il pas frappant de constater que la plupart des droites nationales et populistes en Europe de l’Ouest sont aujourd’hui sionistes ?"

- "On voit bien que tous les mouvements identitaires sont tentés aujourd’hui par une certaine droite sioniste et que dans le même temps, les extrêmes droites européennes recouvrent le droit à une certaine respectabilité « républicaine » dans la mesure où elles se déclarent pro-sionistes et anti-musulmanes. Un phénomène qui se vérifie partout en Europe : en Autriche, en Italie, en Flandre, en Angleterre, au Danemark... Seul le Front national de Jean-Marie Le Pen était, de ce point de vue, atypique, notamment depuis le virage pro-irakien pris par son président au moment de la première guerre du Golfe. C’est cette originalité et cette indépendance qui sont aussi en train d’être sacrifiées par Marine Le Pen et sa soumission au CRIF".

-"Et que pensez-vous de l’agression à la hache par un Afghan âgé de dix-sept ans de passagers d’un train en Bavière ?"

- "Indépendamment des luttes et des manipulations politiques, la société marchande capitaliste produit de la folie ordinaire. Cette société de la déréglementation généralisée au service de la marchandise et du profit produit aussi du dérèglement psychique, particulièrement chez les jeunes, bombardés en permanence par l’idéologie de la pulsion au service de la consommation.

Et quand vous ajoutez à cette névrose sociale, des problèmes d’identité et des tensions raciales, il ne faut pas s’étonner que se produisent des explosions de violences individuelles. Comme du temps de Charcot où la frustration sexuelle produisait l’hystérie féminine, la social-démocratie marchande et ses mensonges : égalitarisme formel, antiracisme forcé, idéologie du métissage, diabolisation du viril... produisent une forme nouvelle d’hystérie violente qui touche plus particulièrement les hommes jeunes et marginalisés. Ajoutez à ça l’effet mimétique des media de masse et vous avez dans chaque démocratie occidentale avancée des centaines, voire des milliers d’individus susceptibles de basculer dans la folie meurtrière.

Si le jeune déséquilibré est homosexuel, le drame est psychologique, mais s’il est d’origine immigrée et musulman, alors le drame devient immédiatement politique. Mais que penser, par exemple, du drame récent de Munich dû à un métisse germano-iranien chiite ? Acte politique, religieux ou seulement psychiatrique ?"

-"Et quel regard portez-vous sur les meurtres de policiers blancs par des Noirs aux États-Unis ?"

- "Ces meurtres étaient censés répondre à des meurtres de Noirs particulièrement visés, paraît-il, par les policiers blancs. Sur cette question laissons parler les chiffres : aux États-Unis, 19 fois sur 20 quand un Noir est tué, il est tué par un autre Noir, source FBI. Aux États-Unis, un Noir est 50 fois plus susceptible de tuer un Blanc qu’un Blanc n’est susceptible de tuer un Noir. Aux États-Unis les hommes noirs représentent 6,5 % de la population et 54 % des meurtriers. La question du pourquoi est un autre sujet, mais telles sont les statistiques.

Maintenant, qui se tient derrière ce nouveau mouvement de défense des Noirs, sur une ligne ouvertement violente et raciale, à l’origine de ces assassinats ? Une fois de plus George Soros et sa clique !

Tensions identitaires en Ukraine pour pousser Poutine à la guerre, tensions raciales outre-Atlantique pour pousser à la guerre civile interethnique, révolutions colorées. La tendance actuelle de nos leaders mondialistes est décidément à la violence généralisée. Et quand on sait que ces mêmes élites sont aussi responsables de la crise du système bancaire et monétaire en voie d’effondrement, il n’est pas particulièrement complotiste d’y voir une congruence comme dirait Gilles Kepel !

Ces gens suivent clairement un calendrier qui nous mène à la guerre pour leur salut et leur seul intérêt".

-"En novembre auront lieu les élections américaines. Croyez-vous aux chances de Trump ?"

- "Le Système a manifestement prévu la victoire d’Hillary Clinton. Après le Noir, la femme. Et après la femme, sans doute la femme noire avec madame Obama pour avancer encore plus loin dans la démocratie ! Sur les questions internationales, Hillary Clinton, soi-disant de gauche parce que femme, est bien plus à droite que Trump. Avec elle, c’est la continuation de la guerre au Moyen-Orient assurée. Quant à Trump, au départ sparring-partner parti pour perdre les primaires, il pourrait bien finir par gagner l’élection sur un ras-le-bol populaire généralisé. À moins que son avion ne s’écrase durant la campagne. Je rappelle à ce sujet que les États-Unis sont, bien plus que la Russie, le pays où l’on assassine les présidents récalcitrants, notamment au pouvoir bancaire... Voilà pourquoi on doit souhaiter la victoire de Trump : pour voir ce qu’il va oser faire.

Et la divine surprise serait un Trump –atypique et indépendant financièrement– osant renouer avec ce grand chef d’État patriote qu’est Poutine, pour notre bien à tous. Côté démocrate, la victoire d’Hillary Clinton signifiera au contraire la stricte continuation de la politique néo-conservatrice voulue par le lobby sioniste et le complexe militaro-industriel, rien à espérer. D’autant plus que le système oligarchique mondialiste est infiniment retors et que ses capacités de manipulations, de corruptions et de terreur sont sans limites. N’oublions pas que George Bush junior a par deux fois volé les élections. Rappelons-nous qu’en Autriche, le candidat du FPÖ a été grossièrement dépossédé de sa victoire, sans oser protester dans un premier temps. Car il est un paramètre qu’il ne faut pas oublier en politique, c’est la peur. Je parle de la peur physique, celle de se faire assassiner. Chávez, Arafat, Haider... ils sont nombreux, rien que dans un passé récent, ceux qui sont morts pour avoir sans doute refusé de se soumettre.

Ayons bien à l’esprit que la politique sérieuse, celle qui consiste à tenter de conquérir un pouvoir qu’on ne veut pas vous donner, c’est très dangereux. On parle peu dans les livres de la peur qu’avait Bonaparte, alors qu’il n’était pas encore empereur, de se faire assassiner dans les rues de Paris, la nuit. Un homme comme Poutine, qui a face à lui des réseaux avec lesquels il est obligé de composer, mais qui a fini par s’opposer à l’oligarchie mondialiste, notamment dans l’affaire syrienne, a sans doute pleinement conscience qu’il y engage sa vie. D’ailleurs son assassinat médiatique a déjà commencé.

Souvenons-nous de Nuremberg : un régime politique défie le système mondialiste dans les années trente et ses dirigeants finissent tous pendus après une guerre à mort. Finie l’époque où l’on envoyait un Napoléon vaincu finir sa vie sur une île !

Nous sommes dans la modernité telle que la décrivent Carl Schmitt et Maurice Bardèche : désormais on tue le vaincu, idéologiquement et physiquement.

Saddam Hussein n’a pas seulement été diabolisé, une fois qu’il n’a plus servi les intérêts occidentaux contre l’Iran. Il a fini pendu.

Les plus récalcitrants, les plus subversifs, étant soumis quant à eux au régime de l’assassinat post mortem permanent, voir Hitler ou Céline".

-"Précisément, pouvez-vous évoquer votre récente condamnation à six mois de prison avec sursis pour avoir tenu des propos peu élogieux sur les époux Klarsfeld ?"

- "Je viens en effet d’être condamné lourdement pour m’être moqué des époux Klarsfeld, parce que j’estime qu’ils n’incarnent pas la justice et le bien. Quand on se vante, comme le fait Serge Klarsfeld, d’avoir envoyé un colis piégé pour mutiler un vieillard réfugié en Syrie trente ans après les faits, colis qui l’a rendu à moitié aveugle et qui lui a arraché tous les doigts d’une main, on n’est pas dans la justice, ni même dans le respect du droit international. J’estimais donc de mon droit et de mon devoir moral de ne pas m’extasier devant cet attelage fait d’hystérie féminine et de vengeance tribale. Pour moi, cette brutalité toute germanique nous mène aux antipodes des valeurs helléno-chrétiennes qui fondent notre humanisme français !

Pareil pour Élie Wiesel qu’on nous présente encore comme un saint homme, alors que Claude Lanzmann lui-même nous révèle que c’était un escroc. Les gens ressentent confusément qu’on leur impose des modèles moraux qui n’en sont pas, ce qui est générateur de décadence sociale et d’angoisse. Il n’est pas normal, autre exemple, que Bernard-Henri Lévy trône depuis 40 ans dans les media, alors qu’il n’incarne lui non plus ni le bien, ni la vérité, ni la France. C’est ce travail pédagogique qui me vaut aussi pas mal d’ennuis".

-"Et que pensez-vous des poursuites contre des nonagénaires, en Allemagne, que l’on va rechercher dans des mouroirs pour les traîner en justice car ils ont eu une fonction totalement subalterne pendant quelques mois dans un camp il y a plus de soixante-dix ans ?"

- "C’est une façon de régner par la terreur. On sidère les gens. On ne cherche plus à les séduire par les « droits de l’homme ». On les violente. On leur dit : vous aussi, on peut vous traquer jusque dans votre tombe, si vous ne vous soumettez pas à la religion de la Shoah. Bientôt, on déterrera des cadavres pour les juger post mortem ! Puisqu’on en est à juger des vieillards cacochymes soixante-dix ans après les faits, pourquoi pas, à l’étape suivante, déterrer des morts et juger leur cadavre ? Il y a bien désormais des prêts bancaires à taux d’intérêt négatif, ça ressort de la même logique !

Il y a belle lurette que ce n’est plus par compassion ou par crainte de se tromper qu’on hésite à parler de ces sujets. C’est uniquement par peur. On peut encore se moquer un peu du féminisme, critiquer les musulmans, mais l’idée même de toucher publiquement à la question juive exerce sur tous une véritable terreur. Chacun sait qu’il y risque sa vie sociale, voire sa vie tout court. Dieudonné et moi sommes d’ailleurs publiquement châtiés pour que tous voient ce qu’il en coûte d’oser seulement en plaisanter. Fait sans précédent d’ailleurs : nous sommes châtiés en plus par un pouvoir que nous n’avons même pas le droit de nommer. Stupeur et tremblements... c’est comme sous l’empereur du Japon, mais l’empereur du Japon était l’empereur du Japon, tandis que Cukierman n’est officiellement que le petit représentant communautaire d’une communauté minuscule –moins de 1 % de la population française– dans une république qui, officiellement, comme l’a récemment rappelé Mélenchon, ne reconnaît pas les communautés. Alors, comment expliquer un tel dysfonctionnement ? Il faudra bien que des politiques osent évoquer un jour ce dysfonctionnement. Mais en attendant ce retour du courage, il est bien plus facile de s’en prendre aux musulmans".

Propos recueillis par Jérôme BOURBON

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