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lundi 26 juin 2017
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AFP, 2 septembre 2004

Soudan : Accord sur la protection des civils au Darfour


ABUJA (AFP) - Le gouvernement soudanais et les rebelles sont parvenus, mercredi 1er septembre 2004 au soir, à un accord sur la protection humanitaire des quelque 1,2 million de personnes déplacées dans la région du Darfour, grâce à la médiation de l’Union africaine (UA), ont annoncé les deux parties.


"Au cours de cette rencontre, nous sommes parvenus à nous entendre sur ce projet d’accord sur des questions humanitaires. Ainsi ce volet des pourparlers est clos. Nous poursuivrons demain (jeudi 2 septembre 2004) sur les questions de sécurité", a déclaré à la presse Ahmed Mohammed Tugod, dirigeant du Mouvement pour l’égalité et la justice (JEM, rébellion).

"Nous sommes parvenus à un accord ce soir et nous pensons qu’il s’agit d’un pas en avant, cela tombe à point nommé et c’est opportun car les gens au Darfour ont besoin actuellement de quelque tranquillité", a déclaré le ministre soudanais des Affaires humanitaires Mohammed Yusuf. "La population du Darfour a besoin de savoir que les choses vont de l’avant. C’est pourquoi cet accord envoie le bon signal dans cette direction", a-t-il ajouté. "Nous sommes satisfaits de cet épilogue... nous pouvons maintenant faire un autre effort pour avancer", a déclaré M. Yusuf, mandaté par le représentant du gouvernement soudanais dans les pourparlers, Majzoub Al-Khalifa, pour s’adresser à la presse.

Bien que l’accord ait été conclu par les deux parties sur la question humanitaire, il sera signé formellement à la fin des pourparlers sur les questions de sécurité, le prochain sujet au programme des négociations de paix, ont indiqué les deux parties. "L’accord sera signé lorsque nous conclurons les pourparlers sur le deuxième sujet au programme, à savoir la sécurité. Il y a un lien entre les deux accords ; les questions humanitaires et de sécurité au Darfour", a-t-il estimé. Outre ces deux sujets, les pourparlers doivent aborder des questions politiques, économiques et sociales.

Au sujet des reproches exprimés, mercredi 1er septembre 2004, par l’ONU, au gouvernement soudanais, accusé de ne pas avoir tenu ses promesses au Darfour et d’avoir violé le cessez-le-feu, le ministre a souligné que son gouvernement avait été efficace pendant le délai de 30 jours qui lui était accordé.

Le 30 juillet 2004, le Conseil de sécurité avait donné 30 jours au Soudan pour désarmer la milice arabe pro-gouvernementale des Djandjawid, retirer ses troupes régulières des alentours des camps de déplacés et assurer aux organisations humanitaires le libre accès à ces zones, sous peine de sanctions. "Dans l’accord avec le secrétaire général de l’ONU, le plan d’action devait durer 90 jours. Mais le Conseil de sécurité a réduit ce délai à 30 jours. Ainsi, en 30 jours, je pense que les efforts (du gouvernement soudanais) ont été assez extraordinaires... remarquables", a souligné M. Yusuf. Le gouvernement soudanais est tout à fait certain que l’ONU ne le sanctionnera pas, selon le ministre. "Je suis 100 % sûr que ce qui a été fait est tout à fait satisfaisant et je ne pense pas que les Nations Unies se dirigent vers des sanctions pour le Soudan", a-t-il estimé.

Mais le chef du mouvement rebelle JEM, Ahmed Mohammed Tugod, a pour sa part accusé le gouvernement soudanais de ne pas avoir honoré ses engagements envers la communauté internationale. "Ils n’ont rien fait pour remplir leurs engagements envers la communauté internationale. Nous, les deux organisations (rebelles), accueillerons donc avec plaisir les troupes africaines qui viendraient protéger les civils au Darfour", a-t-il dit.

Le ministre soudanais a estimé que l’éventualité de la création d’une force de maintien de la paix permanente au Darfour devait être discutée entre Khartoum et l’Union africaine. "C’est une décision unilatérale (de l’ONU). Elle sera débattue entre le Soudan et l’Union africaine. Nous verrons sous quelle forme elle nous sera présentée, les modalités pour avoir des forces de maintien de la paix, et comment diriger toute cette opération", selon M. Yusuf.

Les pourparlers sur le volet sécurité des négociations commenceront jeudi 2 septembre 2004 à 10h00 (09H00 GMT).

Agence France Presse

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