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lundi 5 décembre 2016
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La Presse Canadienne, 8 septembre 2016

Canada : Des militants veulent que Justin Trudeau suspende le processus d’évaluation de l’ONÉ

par Giuseppe VALIANTE


L’oléoduc Trans Mountain

L’actuel processus d’évaluation fédéral des projets du secteur de l’énergie doit être suspendu et immédiatement révisé, affirment plus de 30 groupes environnementaux et militants dans une lettre envoyée au premier ministre Justin Trudeau.


Canada

Aucun projet d’oléoduc ne devrait être lancé avant que M. Trudeau n’ait procédé à la réforme de l’Office national de l’énergie (ONÉ), indique la missive, qui a également été adressée au ministre des Ressources naturelles, Jim Carr. L’évaluation du projet Énergie Est de TransCanada et la décision de l’ONÉ d’accepter le prolongement de l’oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan en Alberta et en Colombie-Britannique devraient donc être annulées, soutiennent les groupes. « Si le gouvernement veut que le public refasse confiance au processus d’évaluation ainsi qu’une analyse juste, objective et fondée sur des preuves, il doit complètement revoir cela », a déclaré en entrevue Patrick DeRochie d’Environmental Defence, l’un des signataires de la lettre.

Patrick DeRochie

Selon les militants, l’organisme de réglementation fédéral manque de légitimité en raison des allégations de conflits d’intérêts qui l’ont récemment ébranlé et parce qu’il ne consulte pas adéquatement les Premières Nations. De plus, ils font valoir que le processus d’évaluation n’explique pas clairement aux citoyens comment le Canada peut construire des oléoducs et développer l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta tout en respectant ses objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les groupes ayant signé la missive figurent Greenpeace et la Fondation Sierra Club Canada.

Lors de la campagne électorale de 2015, Justin Trudeau avait affirmé que les Canadiens ne faisaient plus confiance au processus de l’ONÉ après que le précédent gouvernement conservateur eut passé des années à interférer dans les évaluations afin de s’assurer que l’approbation des projets de pipeline soit gagnée d’avance. Après leur arrivée au pouvoir, les libéraux ont mis en place des mesures intérimaires, notamment en augmentant le nombre de consultations avec les communautés autochtones, afin de conférer une plus grande crédibilité aux évaluations des projets Énergie Est et Trans Mountain, le temps qu’ils procèdent à une véritable refonte de l’organisme. « Ce n’est pas cohérent de dire que le processus est défaillant, de créer des mesures intérimaires et d’analyser ces oléoducs sans complètement moderniser le processus comme ils l’avaient promis », a commenté M. DeRochie.

Justin Trudeau

L’évaluation du pipeline Énergie Est a été interrompue après que des manifestants eurent forcé l’annulation des audiences publiques à Montréal à la fin du mois d’août 2016. Les protestataires réclamaient la démission de deux des trois membres du comité chargé d’analyser la proposition, à la suite de révélations selon lesquelles ils auraient rencontré l’ancien premier ministre Jean Charest, alors que celui-ci travaillait comme lobbyiste pour TransCanada.

Jean Charest

Le prolongement de l’oléoduc Trans Mountain a pour sa part été approuvé en mai, mais le gouvernement fédéral n’a toujours pas décidé s’il irait de l’avant ou non avec ce projet. Patrick DeRochie a reconnu que plusieurs Premières Nations avaient donné leur aval à Trans Mountain, mais que de nombreuses autres s’y étaient opposées. Même s’il n’est pas allé jusqu’à dire que les communautés autochtones devraient avoir un droit de veto sur tous les projets du secteur de l’énergie qui touchent leur territoire, Patrick Bonin de Greenpeace Canada a été sans équivoque. « Il faut respecter ce droit de refus de la part des communautés des Premières Nations qui sont les premières à être affectées par ces projets-là, a-t-il déclaré. Si les projets vont à l’encontre de l’intérêt et de l’opinion de ces communautés, on ne peut pas leur imposer. Elles ont déjà suffisamment subi d’impacts en Alberta et en Colombie-Britannique ».

Giuseppe VALIANTE

Exploitation de sables bitumeux en Alberta

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