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sputniknews, 15 septembre 2016

Syria : La mauvaise foi des USA est sans limites

par Mikhail GAMANDIY-EGOROV


Un terroriste à Alep, le 24 septembre 2012

La mauvaise foi des élites étasuniennes ne date pas d’hier et cela n’est une nouveauté pour personne. Mais dans le cas concret de la Syrie, la politique criminelle des USA atteint effectivement le comble.


Syria

Après avoir fait des « appels » frôlant l’indécence pure et simple, en demandant à la Russie, durant le Sommet du G20 en Chine, des « concessions » en Syrie, les élites US ont lancé désormais ce qu’ils nomment les « dernières propositions » et qui se résument à trois points principaux : cessation totale des hostilités en Syrie et notamment à Alep, interdiction de survol pour les forces aériennes syriennes du territoire syrien (!) et troisième point, qui peut-on dire serait le résultat des deux précédents : campagne aérienne commune russo-étasunienne.

Maintenant répondons-y point par point. Cessation totale des hostilités et surtout à Alep, là où on assiste au tournant décisif de la guerre dans laquelle a été plongée la Syrie il y a plus de cinq ans ? Pour quelle raison ? Laisser souffler les terroristes et leur permettre de reprendre du terrain ? Inacceptable. Second point : interdiction pour les forces aériennes de Syrie de survoler leur propre territoire au moment de la phase cruciale dans la lutte antiterroriste ? Les USA se moquent de qui ? Et dernier point : opération aérienne commune ? Pour faire quoi ? Après que la Russie ait proposé nombre de fois de coordonner la lutte antiterroriste à tous les intéressés et d’en faire la priorité, les USA n’ont fait que jouer les sourds. Et maintenant ils proposent une coordination ? Ridicule. Sans oublier que l’opération antiterroriste russe, commencée il y a un tout petit moins d’un an (pour rappel à la demande officielle du gouvernement syrien, à l’énorme différence des USA) a donné incomparablement plus de résultat que ladite « opération » de la coalition US (on se demande d’ailleurs si il y avait « opération »). En passant, dernier exemple en date : le numéro deux de Daech, Abou Mohammed al-Adnani, qui a été éliminé près d’Alep, par une frappe russe.

La réalité est pourtant simple. Les USA qui voient parfaitement que les groupes terroristes sur lesquels ils comptaient arriver à leur fin et dans lesquels d’énormes sommes ont été investies, notamment de la part des régimes saoudien et qatari, qui sont au plus mal depuis ces dernières années et à bout de souffle, ont beaucoup de mal à accepter de reconnaitre leur défaite pure et simple. Et essaient donc par tous les moyens de gagner du temps et retarder la victoire finale de la Syrie et de ses alliés sur le terrorisme.

Le lieu d’un bombardement, à Alep, le 16 août 2013

Maintenant parlons perspectives. Mis à part l’absence totale de morale dans cette politique étasunienne (et c’est bien loin d’être nouveau), et qui a clairement et une fois de plus montré son vrai visage et ses véritables intérêts (qui sont tout sauf de lutter contre le terrorisme), les Etats-Unis ne savent plus vraiment comment pouvoir sortir la tête de l’eau, ou en d’autres termes du chaos syrien auquel ils ont énormément contribué. En effet, créer et développer le chaos à différents endroits du monde, les USA en sont les champions absolus. Mais résoudre l’équation de sortie de ce même chaos, cela ne rentre aucunement dans la compétence des élites US.

Pourtant, l’offre qui leur a été faite par la Russie aurait permis de sortir de ce bourbier avec ne serait-ce qu’un minimum de dignité (même si dans le cas US cette notion est très difficilement collable). A savoir, s’associer officiellement et réellement à la lutte antiterroriste et ainsi pouvoir, ne serait-ce qu’au minimum, prétendre avoir contribué au succès final (bien que vraiment au minimum) dans le combat contre le terrorisme. Certes, il leur aurait fallu oublier le plan de faire tomber les autorités légitimes de Syrie une bonne fois pour toute. Avoir accepté cette éventualité aurait effectivement permis aux USA de sortir pas totalement humiliés. Mais c’est trop dur à faire pour les élites étasuniennes, due à leur obstination d’imposer leur volonté partout dans le monde et le complexe de supériorité développé depuis la « fin » de la guerre froide. Résultat de quoi, les USA tentent de s’accrocher encore au scénario qu’ils avaient écrit et dessiné pour la Syrie et qui désormais s’éloigne de plus en plus.

Le gouvernement syrien est au plus fort, grâce à la résistance du peuple syrien, de son armée et, bien sûr, à l’aide de ses alliés russe, iranien, du Hezbollah libanais, et aussi de la Chine qui, dernièrement, d’un soutien très majoritairement diplomatique, commence à prendre position sur d’autres domaines, y compris militaire (un accord a d’ailleurs été signé récemment entre Pékin et Damas sur la formation des militaires syriens en Chine). Les terroristes, eux, sont au plus bas. De leur propre aveu. Les élites occidentales et golfistes ne sont donc simplement pas en mesure de lancer « des propositions de dernière chance » à qui que ce soit, et encore moins à la Russie. La dernière chance, au contraire, serait pour eux d’accepter tout simplement le nouveau monde, et ce nouveau monde commence par la Syrie. Difficile, oui, on sait bien. Mais il le faut. Reste, bien sûr, une autre option pour les USA & consorts. Entrer en guerre directe en Syrie aux côtés des groupes terroristes pour tenter de les sauver. Mais si cela se passait, leur masque tomberait définitivement, pas seulement aux yeux d’une très large partie de l’humanité, mais aussi aux yeux de leurs propres citoyens, pour certains pas encore convaincus.

Mikhail GAMANDIY-EGOROV

Des terroristes à Alep, le 9 octobre 2013

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