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dimanche 4 décembre 2016
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AFP, 22 septembre 2016

Etats-Unis : État d’urgence décrété à Charlotte


Manifestants et policiers à Charlotte, le 21 septembre 2016

Le gouverneur de l’État américain de Caroline du Nord a décrété l’état d’urgence, mercredi 21 septembre 2016, en raison des violences qui ont émaillé de nouvelles manifestations à Charlotte, où un homme blessé par balle se trouvait dans un « état critique ». Le gouverneur, Pat McCrory, a en outre « pris l’initiative de déployer la Garde nationale et la police autoroutière pour aider la police locale à Charlotte », comme il l’a écrit sur Twitter.


Etats-Unis

La mort de Keith Lamont Scott, dans un contexte de récents faits similaires dans d’autres villes américaines, a poussé des habitants à protester, mardi 20 septembre 2016 au soir, à Charlotte. Ils ont brandi des pancartes affichant « Les vies des Noirs comptent » et ont scandé « Pas de justice, pas de paix ».

Pour la deuxième nuit consécutive, les manifestations de mercredi 21 septembre 2016 au soir ont été émaillées de violences entre la police et la foule, indignée par la mort d’un noir tué par un policier. La mairie a annoncé qu’un homme avait été blessé par balle et qu’il se trouvait « sous assistance respiratoire, dans un état critique », mais qu’il n’était « pas décédé », après avoir affirmé à tort qu’il était mort lors de violences « entre civils ». Un journaliste de l’AFP présent devant l’hôtel Omni Charlotte, où se déroulait la manifestation, a vu un homme chuter, manifestement blessé par balle et saignant abondamment.

Le sang d’une victime d’un tir, à Charlotte, le 21 septembre 2016

Mais la manifestation d’abord pacifique a pris un tour « plus agressif » avec « des agitateurs », qui ont commencé par « endommager des voitures de police et lancer des pierres sur des agents », a rapporté le chef de la police de Charlotte-Mecklenburg, Kerr Putney. Seize membres des forces de l’ordre ont été blessés, a-t-il indiqué dans une conférence de presse, ainsi qu’un nombre indéterminé de manifestants selon la presse locale. La police, en tenue anti-émeute, a fait usage de gaz lacrymogène et un magasin Walmart a été pillé au milieu de la nuit. Les débordements ont commencé lorsque quelques centaines de manifestants ont brisé des vitres et lancé des projectiles contre les forces de l’ordre qui ont alors fait usage de gaz lacrymogène, selon le journaliste de l’AFP. En fin d’après-midi, une centaine d’étudiants, en majorité noirs, se sont allongés au sol pour protester contre les abus policiers, certains entonnant des gospels. Ils étaient convaincus que Keith Lamont Scott, âgé de 43 ans, a été victime, mardi 20 septembre 2016, d’une bavure flagrante. Sur les lieux du drame se sont rassemblés, mercredi 21 septembre, des responsables religieux, des militants associatifs et des voisins.

Keith Lamont Scott

Selon la police, M. Scott a été mortellement blessé par balle, alors qu’il refusait de lâcher son arme de poing. Ses proches affirment au contraire qu’il n’avait qu’un livre en main. Sur les lieux du drame se sont rassemblés, mercredi 21 septembre 2016, des responsables religieux, des militants associatifs et des voisins. L’arme « est un mensonge », assurait à l’AFP Taheshia Williams, une résidente du quartier, dont la fille étudie dans la même école que l’un des enfants de Scott. « Ils ont enlevé le livre et l’ont remplacé par une arme. Cet homme était assis ici tous les jours, à attendre que son fils descende de l’autobus », ajoutait-elle. La police a fait couler du « sang innocent », dénonçait également John Barnett, un militant des droits civiques. « Un homme attendait son fils à l’arrêt de bus et qu’il s’est retrouvé avec quatre balles dans la poitrine, ça je le sais ».

Le policier qui a abattu la victime a été identifié comme étant Brentley Vinson, un agent qui est lui-même noir. Il a été suspendu en attendant les résultats d’une enquête administrative. Il faisait partie d’un groupe de policiers mandatés pour arrêter un suspect. Keith Lamont Scott, qui n’était pas la personne recherchée, était dans une voiture dans un stationnement d’immeuble. Les agents lui ont ordonné à plusieurs reprises de lâcher son arme, selon la police. « En dépit de ces sommations orales, il est sorti de son véhicule une arme à la main. Et quand les policiers ont continué à hurler pour lui demander de la lâcher, il est sorti, représentant une menace pour les policiers », a relaté le chef de la police.

Brentley Vinson

La mairesse de Charlotte, Jennifer Roberts, a appelé les habitants de la ville au calme. Cette affaire « mérite des réponses et une enquête complète va être menée », a-t-elle promis. La ministre de la Justice, Loretta Lynch, a de son côté fait savoir, mercredi 21 septembre 2016, que ses services étudiaient les informations relatives à la mort de Keith Lamont Scott.

Michael MATHES et Sébastien BLANC

Des manifestants s’en prennent à un véhicule de la police, à Charlotte, le 21 septembre 2016

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