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lundi 20 février 2017
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AFP, Reuters, 2 septembre 2004

Soudan : Jan Pronk réclame "des milliers" d’observateurs supplémentaires au Darfour


Jan Pronk, le représentant spécial pour le Soudan du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a réclamé, jeudi 2 septembre 2004, "des milliers" d’observateurs supplémentaires, de préférence dans le cadre de l’Union africaine (UA), pour aider à ramener la sécurité au Darfour.

Les rebelles du Darfour posent leurs conditions à un accord.


"Trois mille ne seraient pas assez", a dit M. Pronk à la presse à l’issue de consultations au Conseil de sécurité sur le Darfour, sans toutefois chiffrer précisément ce qu’il estimerait nécessaire. Insistant sur l’urgence de ce renforcement car la situation au Darfour est encore "critique", M. Pronk a estimé que le gouvernement du Soudan et l’Union africaine devaient "s’entendre le plus tôt possible" sur ce point. Interrogé sur la probabilité que Khartoum fasse la demande d’un tel renforcement de la présence internationale au Darfour, il a répondu : "J’ai l’impression que la demande viendra".

Dans un compte-rendu au Conseil dans la matinée, M. Pronk avait appelé le gouvernement soudanais à "rechercher, demander et accepter l’aide de la communauté internationale, s’il n’est pas capable d’assurer seul la protection de la population du Darfour". Il avait ajouté que le meilleur moyen d’accroître cette aide internationale était d’"étendre la mission de l’Union africaine au Darfour".

Il y a actuellement quelque 120 observateurs de l’Union africaine dans le Darfour, une région de l’ouest du Soudan grande comme la France. Ils sont protégés par une force de l’Union africaine d’environ 300 hommes. M. Annan avait déjà suggéré le mois dernier de renforcer cette présence mais à l’époue, le gouvernement soudanais avait refusé.

Jeudi 2 septembre 2004, l’ambassadeur du Soudan, Elfatih Mohamed Erwa, a déclaré que son pays ne verrait "aucun inconvénient" à voir une présence renforcée de l’Union africaine mais "seulement avec un mandat d’observation".

Dans les coulisses du Conseil, on indiquait, jeudi 2 septembre 2004, que les consultations entre les pays membres allaient se poursuivre sur cette question du renforcement de la présence inter-africaine au Darfour. "C’est assez consensuel", a indiqué un diplomate, ajoutant que le débat tournerait aussi autour du mandat de cette force. Il pourrait y avoir un projet de résolution la semaine prochaine, a-t-on ajouté de même source. "L’un des sujets de discussion que nous avons avec les autres est l’expansion de la force de l’Union africaine, qui selon nous serait une bonne mesure", a déclaré à cet égard le porte-parole du département d’Etat, Richard Boucher.

Agence France Presse

Les rebelles du Darfour posent leurs conditions à un accord

ABUJA (Reuters) - Les rebelles du Darfour ont exigé, jeudi 2 septembre 2004, du gouvernement soudanais, la fin du survol de leur territoire. Ils réclament en outre que les milices "djandjaouids", soutenues par Khartoum, soient traduites en justice, avant de signer l’accord intervenu la veille au sujet de l’aide humanitaire.

Mercredi 1er septembre 2004, les rebelles avaient annoncé être tombés d’accord avec Khartoum pour offrir un accès plus facile aux organisations humanitaires qui souhaitent intervenir dans la province soudanaise. Mais jeudi 2 septembre, les responsables du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) et Mouvement de libération du Soudan (SLM) ont durci leur position. "Nous ne signerons aucun accord sur la question humanitaire tant que les problèmes de sécurité n’auront pas trouvé une solution", a déclaré Ahmed Mohammed Tugod, l’émissaire du JEM à Abuja où se tiennent des pourparlers sur le Darfour.

Ces derniers, qui durent depuis près de deux semaines, ont été ajournés à samedi 4 septembre 2004.

Les rebelles demandent pour cela que Khartoum, qui se défend de soutenir les "Djandjaouids", mette fin aux bombardements aériens sur leurs villages, que les milices arabes soient désarmées et jugées et qu’une commission internationale des droits l’homme soit mise en place pour enquêter sur les exactions au Darfour.

Sous l’égide de l’Union africaine, rebelles et gouvernement sont réunis au Nigeria pour tenter de trouver un accord de paix et ainsi mettre fin à ce que les Nations Unies considèrent comme la plus grave crise humanitaire dans le monde. Plus d’un million de personnes ont quitté la zone de conflit pour échapper aux attaques des milices arabes. Selon l’ONU, quelque 50000 personnes ont été tuées depuis le début des combats en février 2003.

Reuters

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source