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mardi 6 décembre 2016
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Le Courrier, 1er octobre 2016

Suisse : Deux poids, deux mesures

par Philippe BACH


Severin Schwan

Et le gagnant est… Severin Schwan, patron de Roche : il a empoché quelque 15,6 millions de francs en 2015. La Fondation Ethos a publié, jeudi 29 septembre 2016, un rapport instructif (1) sur les niveaux de salaires et autres bonus au sein des fleurons de l’économie suisse.


Suisse

Dans cette liste, on trouve ensuite un directeur général d’UBS, Sergio Ermotti, (14,3 millions), le patron de Nestlé, Paul Bulcke (11,7 millions), Joe Jimenez, CEO de Novartis, (11,6 millions). Globalement, les revenus des directeurs des plus grosses entreprises cotées en bourse ont progressé de 2 % en 2015. Le top vingt des CEO affiche fièrement un salaire moyen de 7,2 millions de francs (et de 2,4 millions pour les présidents des conseils d’administration).

Sergio Ermotti

Une –relative– bonne nouvelle, en revanche, l’initiative Minder est passée par là : ces revenus indécents sont davantage contestés, y compris dans les cénacles rutilants où se partagent les dividendes générés par ces entreprises cotées au SPI (Swiss Performance Index).

Paul Bulcke

Mais ces critiques restent confinées. La tendance de fond est là. Pire, « le lien entre l’évolution de la rémunération variable et la performance de la société n’est pas systématiquement démontré », lit-on dans le rapport d’Ethos. En clair : une société peut être peu performante sur le plan boursier ou économique ; ses dirigeants ne s’en partageront pas moins un pactole toujours grandissant.

Joe Jimenez

Gageons que ces gains indécents –et qui sont de moins en moins taxés– susciteront une indignation inversement proportionnelle aux revendications de l’Union syndicale suisse. Celle-ci a inscrit dans son cahier de doléances la demande d’une revalorisation pour les salaires modestes de 1 % à 1,5 %. On a surtout entendu des gémissements –« ce n’est pas le moment »– évoquant, en vrac, le franc fort, les exportations et la faible inflation pour disqualifier ces demandes pourtant légitimes.

Mais rassurons-nous. Visiblement, cet argent n’est pas perdu pour tout le monde.

Philippe BACH

Note :

(1) Etude Ethos 2016, « Assemblées générales, Rémunérations Gouvernance », septembre 2016.

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