retour article original

samedi 10 décembre 2016
Vous êtes ici Accueil Interviews
Le Courrier, 9 octobre 2016

Interviews : Karl Perron s’exprime à propos d’une avancée contre la résistance aux antibiotiques

par Cora BEAUSOLEIL


Des bactéries Pseudomonas aeruginosa vues au microscope

Une recherche de l’université de Genève met au jour un début de solution au problème de résistance aux antibiotiques, un enjeu de santé publique majeur, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’étude traite de la bactérie Pseudomonas aeruginosa, un germe présent dans l’environnement et responsable de nombreuses infections, notamment celles contractées en milieu hospitalier. Cette bactérie illustre le problème actuel auquel fait face la médecine : les agents pathogènes résistent de plus en plus aux traitements antibiotiques habituels. La recherche menée à l’université de Genève par l’équipe de Karl Perron pourrait avoir trouvé un début de solution.


Karl Perron

Question :

- "Quelle est la découverte majeure de votre étude ?"

Karl Perron :

- "Notre recherche porte sur la bactérie Pseudomonas aeruginosa, un germe qui peut dans certains cas causer des infections fatales. Il a la capacité de s’adapter à son environnement, en particulier grâce aux métaux tels que le zinc et le cuivre, présents en excès dans le corps des patients ou sur les dispositifs médicaux. Notre recherche a démontré que, sans la protéine bactérienne « Host factor q » (Hfq), le germe devient incapable de réagir aux métaux et donc de s’adapter à son environnement et aux antibiotiques".

-"Cette découverte pourra-t-elle être utilisée dans de nouveaux traitements ?"

- "Elle pourrait probablement être élargie à d’autres germes. Mais maintenant que nous avons mis le doigt sur cette cible, la prochaine étape est de démarrer un essai afin de trouver un inhibiteur de Hfq, capable d’agir à l’intérieur de la bactérie".

-"A quel point la résistance des bactéries est-elle un problème de santé publique ?"

- "Tout notre système de santé repose sur l’utilisation d’antibiotiques. Or les bactéries s’adaptent non seulement à leur environnement, mais aussi aux médicaments utilisés. Par exemple, en Suisse, on recense plus de deux mille décès par année causés par des bactéries auparavant soignées par des antibiotiques. Dans les années 1980, le pourcentage de staphylocoques dorés résistant aux antibiotiques était très faible, alors qu’actuellement plus de 60% de ses souches y sont résistantes. A l’heure actuelle, l’enjeu est de trouver de nouveaux composés antimicrobiens et de développer des alternatives aux antibiotiques".

Propos recueillis par Cora BEAUSOLEIL

Liens liés a l'article.Le Courrier

AUTEURS 

  • Cora BEAUSOLEIL

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source