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mardi 28 mars 2017
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AFP, 3 septembre 2004

Afrique du Sud : Un chef d’entreprise inculpé pour trafic d’armes nucléaires


Vue de Pretoria

VANDERBIJLPARK (Afrique du Sud) (AFP) - Un chef d’entreprise sud-africain de Vanderbijlpark a été inculpé et placé en détention, vendredi 3 septembre 2004, pour trafic de matériels nucléaires, dans le cadre d’une enquête impliquant des pays asiatiques.

Afrique du Sud


Les Etats-Unis ont salué cette arrestation, jugeant qu’elle contribuait au démantèlement du réseau du scientifique pakistanais Abdul Qadeer Khan, responsable de transfert illégaux de technologie nucléaire vers l’étranger, dont la Libye.

Abdul Qadeer Khan

Johan Meyer, 53 ans, a comparu en justice au lendemain de son arrestation pour possession de matériaux liés au nucléaire, ainsi que pour importation et exportation de matériel nucléaire. "Il a été arrêté sous l’accusation qu’il fabriquait une arme nucléaire", a déclaré son avocat, Heinrich Badenhorst. Selon l’acte d’inculpation, il est accusé d’avoir, entre novembre 2000 et novembre 2001, acquis du matériel qui "pourrait avoir servi à la création, le développement, la fabrication, la maintenance et l’utilisation d’armes de destruction massive".

Vue de Pretoria

Johan Meyer, qui vit à Pretoria et possède une usine de constructions mécaniques à Vanderbijlpark, a été placé en détention jusqu’à une autre comparution, mercredi 8 septembre 2004, pour fixer le montant de sa caution. L’acte d’inculpation précise qu’il avait acquis de l’équipement, des matériaux et des plans pour la création et l’utilisation de centrifugeuses à gaz, utilisées pour enrichir l’uranium, composant clé d’une bombe nucléaire. Lors de son arrestation, les enquêteurs ont saisi "des articles supposés avoir été utilisés" par le réseau, a précisé le ministère des Affaires étrangères.

Une zone industrielle de Vanderbijlpark

L’ambassade américaine à Pretoria a diffusé un communiqué dans lequel "le gouvernement des Etats-Unis félicite l’Afrique du Sud pour ses efforts exceptionnels afin de démanteler le réseau d’Abdul Qadeer Khan", père de la bombe atomique pakistanaise tombé en disgrâce. "Les agences gouvernementales sud-africaines ont travaillé dur et longtemps, avec plusieurs partenaires, à la surveillance de matériels sensibles qui faisaient partie des tentatives du réseau d’Abdul Qadeer Khan pour alimenter le programme nucléaire clandestin de la Libye", poursuit le texte.

Muammar Al-Kadhafi

Des enquêteurs ont déclaré que l’investigation pour violations de la loi sud-africaine sur la non-prolifération des armes de destruction massive, se poursuivait et n’ont pas écarté l’éventualité d’autres arrestations. Sipho Nguema, porte-parole des Scorpions, unité d’élite d’investigation, a ajouté que les enquêteurs coopéraient avec des agences internationales, sans autre détail.

Le Conseil sud-africain pour la non-prolifération des armes de destruction massive avait indiqué, jeudi 2 septembre 2004 au soir, que les autorités avaient "coopéré avec leurs homologues dans d’autres pays ainsi qu’avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)".

Le siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à Wien

Fin août 2004, le Parquet fédéral allemand a annoncé avoir ouvert une enquête contre deux Allemands soupçonnés d’avoir aidé la Libye à développer des armes nucléaires. L’un d’eux, Gerhard W., 65 ans, domicilié en Afrique du Sud, a été entendu par le Parquet fédéral allemand et laissé en liberté sous caution. Il est soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire en 2001 entre un réseau international et une entreprise sud-africaine chargée de fournir pour la Libye des tuyaux de centrifugeuses utilisées afin d’enrichir l’uranium. En février 2004, des policiers américains s’étaient rendus en Afrique du Sud pour enquêter sur un trafic de matériel nucléaire dans lequel un homme d’affaires du Cap serait impliqué.

Leur déplacement faisait suite à l’arrestation aux Etats-Unis d’un ex-officier de l’armée israélienne, Asher Karni, accusé d’avoir tenté de livrer clandestinement au Pakistan 66 détonateurs d’armes nucléaires via sa société du Cap, Top-Cape Technology, selon la presse locale.

Agence France Presse

Vue de Cape Town

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