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mercredi 22 février 2017
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AFP, 27 octobre 2016

Informations internationales : Chute de 60 % des populations de vertébrés sur la planète en 42 ans

par Dominique SCHROEDER


L’Orang-outan de Bornéo fait partie des espèces animales les plus menacées

Les populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde se sont effondrées de 58 % en quarante-deux ans (entre 1970 et 2012) et ce déclin va se poursuivre si nous ne faisons rien, alerte le WWF dans son rapport Planète vivante 2016.


Un tigre de Sumatra

« Que la biodiversité poursuive sa chute, et le monde naturel que nous connaissons aujourd’hui s’effondrera d’un seul tenant », avertit le directeur général du WWF International, Marco Lambertini, dans cet état des lieux de la planète. « Le déclin subi par les populations d’espèces sauvages est de plus en plus préoccupant », souligne-t-il : « Il devrait atteindre en moyenne 67 % » d’ici à 2020, si rien n’est fait pour enrayer la tendance.

Marco Lambertini

« On est en train d’assister à une régression de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables (...) c’est un facteur de risque majeur pour nous », relève Pascal Canfin, directeur général du WWF France. Car « quand le vivant disparaît, c’est le capital naturel qui disparaît. Et si on détruit ce capital naturel, on détruit notre capacité à vivre sur la planète dans la durée ». « L’humanité se met (...) elle-même en danger », résume le WWF.

Pascal Canfin

Le précédent rapport, paru en 2014, faisait état d’une chute de 52 % des populations de vertébrés dans le monde entre 1970 et 2010. Pour mesurer leur évolution, le WWF, en collaboration notamment avec la Société zoologique de Londres, a étudié 14152 populations appartenant à 3706 espèces vertébrées.

Particulièrement touchés, les animaux d’eau douce, dont les effectifs sont en chute libre : moins 81 % en moyenne entre 1970 et 2012. Ils sont victimes de la surexploitation, parfois involontaire (quand ils sont pris accidentellement dans des filets) comme les dauphins de rivière, ainsi que de la perte et de la dégradation de leur habitat.

Un dauphin de rivière

Les effectifs des espèces terrestres ont dégringolé de 38 %. À cause du braconnage, le nombre d’éléphants d’Afrique, par exemple, a diminué de 111000 individus depuis 2006, pour plafonner à 415000, selon les dernières données.

Les populations des milieux marins ont chuté de 36 %. Un tiers des espèces de requins et de raies sont désormais menacées d’extinction, essentiellement en raison de la surpêche.

Une raie pastenague

De manière générale, la menace la plus fréquemment subie par les populations en déclin est la perte ou la dégradation de leur habitat par les activités agricoles, l’exploitation forestière, l’extraction minière, les transports, la production d’énergie... Autres causes : la surexploitation (chasse, pêche, braconnage...), la pollution (industries, urbanisation..), les espèces invasives, les maladies.

Le changement climatique n’a pour l’instant qu’un impact « relativement marginal (...) parce qu’on n’en est qu’à un degré de réchauffement » planétaire par rapport à l’ère préindustrielle, précise Pascal Canfin. Mais si les températures s’emballent du fait des émissions de gaz à effet de serre, liées aux activités humaines, les scientifiques promettent des impacts dévastateurs pour l’homme et les écosystèmes, en raison d’inondations, sécheresses, tempêtes...

Dans quelques jours, la communauté internationale réunie pour une nouvelle conférence climat à Marrakech tentera de commencer à concrétiser l’engagement pris à la COP21, en décembre 2015, à Paris, de contenir le réchauffement « bien en deçà de 2 degrés ». Agir est d’autant plus urgent que, depuis le début des années 1970, l’action de l’homme détériore le capital naturel à un rythme supérieur à celui de sa reconstitution. « On puise dans notre capital naturel de plus en plus tôt », note M. Canfin. En 2016, l’humanité vit « à crédit » depuis le 8 août, c’est-à-dire qu’elle avait déjà consommé à cette date la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an, selon l’ONG Global Footprint Network. En 2015, ce jour était survenu le 13 août, et en 1970, le 23 décembre. Actuellement, l’humanité a besoin de l’équivalent de 1,6 planète. Mais la population mondiale, de 7,4 milliards de personnes aujourd’hui, devrait atteindre 9,7 milliards en 2050. À cette date, à scénario constant, elle aura besoin de deux planètes. « Les conséquences de la pression humaine sur l’environnement sont de mieux en mieux connues et observées », pourtant « il n’y a eu aucune réaction économique rationnelle », déplore le WWF, appelant à « un développement économique soutenable ».

Dominique SCHROEDER

Des éléphants d’Afrique

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