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4 janvier 2004

Parmalat : Tanzi propose ses biens, Bondi refuse sèchement


Un wagon Parmalat devant une laiterie géante Parmalat

ROME (AFP) - Calisto Tanzi, le fondateur emprisonné du géant italien de l’agro-alimentaire Parmalat, a offert ses biens ce week-end pour aider à renflouer le groupe, offre refusée sèchement par le commissaire chargé du redressement de l’entreprise qui réclame les milliards manquant à l’appel.


Le commissaire spécial, Enrico Bondi, aura lundi et mardi une série de rencontres avec les grandes banques italiennes pour obtenir des liquidités afin d’assurer la poursuite des activités du groupe.

Enrico Bondi

M. Bondi aurait besoin dans un premier temps de 50 à 100 millions d’euros et il a eu ces derniers jours une série de consultations téléphoniques avec les banquiers.

Incarcéré depuis le 27 décembre, Calisto Tanzi a proposé samedi de donner une partie de ses biens personnels (deux bateaux, un groupe touristique, un paquet d’actions) pour "tenter d’aider, dans la mesure du possible, à atténuer les conséquences de la faillite de Parmalat".

"Nous ne voulons pas de bateaux mais seulement la vérité sur les comptes de Parmalat", aurait répliqué durement Enrico Bondi, selon des propos rapportés par les journaux italiens.

"Les actionnaires de Parmalat en ont assez des gestes inutiles, y compris cette dernière offre d’actifs probablement sans valeur, avion privé ou yacht personnel. Des milliards d’euro manquent à l’appel et le moment est venu de répondre à une seule question : où est l’argent ?", a-t-il dit, selon un de ses proches.

Le quotidien économique Il Sole 24 Ore jugeait dimanche que les actifs proposés par M. Tanzi pouvaient être déjà largement hypothéqués par le krach de Parmalat ou "d’une valeur sur le marché proche de zéro".

Selon la presse italienne, l’offre de M. Tanzi serait aussi une tentative désespérée de montrer sa bonne volonté afin d’obtenir une libération conditionnelle.

Les magistrats avaient refusé la semaine dernière la demande de l’ancien patron d’être placé en résidence surveillée. Celui-ci attend désormais les résultats d’une expertise médicale, pratiquée vendredi. Il estime que son état de santé est incompatible avec la détention, ayant été victime d’un infarctus en 1999 et opéré pour subir un pontage.

Alors que les interrogatoires des dirigeants du groupe incarcérés depuis la Saint-Sylvestre se poursuivront lundi, l’ex-président de Parmalat Vénézuela, Giovanni Bonici, sous le coup d’un mandat d’arrêt, a annoncé qu’il rentrerait en Italie dans les prochains jours.

Giovanni Bonici

La magistrature italienne avait émis mercredi dernier neuf mandats d’arrêt contre des dirigeants de Parmalat, dont son ex-présient Calisto Tanzi déjà incarcéré, et de sociétés d’audit liées au groupe.

Sept avait pu être exécutés à l’exception de celui contre M. Bonici qui se trouve au Vénézuela.

Dimanche, le journal britannique The Observer a indiqué que l’enquête de la magistrature italienne et de la commission américaine des opérations de bourse (SEC) s’intéressait au rôle de certaines grandes banques américaines dans l’affaire Parmalat.

Les enquêteurs examinent, selon le journal, le placement auprès des investisseurs américains d’obligations Parmalat pour un montant de 1,5 milliard de dollars. Parmi les banques ayant placé ces titres figureraient notamment la Bank of America et la Chase Manhattan (aujourd’hui JP Morgan Chase).

Calisto Tanzi est accusé d’avoir détourné des fonds de Parmalat pour un montant de 800 millions d’euros et d’être le principal responsable du trou de quelque 10 milliards d’euros découvert dans les comptes du groupe agro-alimentaire qu’il a fondé.

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