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lundi 20 février 2017
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AFP, 5 septembre 2005

Irak : Les forces US et irakiennes arrêtent 500 suspects à Latifiya


La chaîne de télévision Al-Arabiya a diffusé, dimanche 5 septembre 2004, une vidéo dans laquelle un groupe armé irakien, "Armée secrète islamique-Brigade des drapeaux noirs", affirme attendre une fatwa (avis religieux) du Comité des oulémas musulmans irakiens sur la prise d’otages d’étrangers en Irak.


"Nous appelons le Comité des oulémas à promulguer une fatwad éfinissant de tels actes (les prises d’otages). Et nous sommes disposés à nous y conformer", déclare un membre masqué du groupe, en lisant un texte sur la bande vidéo diffusée par Al-Arabiya. Il se dit "convaincu" que les autres groupes islamistes, auteurs de prises de dizaines d’otages en Irak, se conformeront à une telle fatwa si elle était édictée par le Comité des oulémas musulmans pour préciser, selon Al-Arabiya, l’opportunité ou non de prendre en otages des ressortissants étrangers en Irak.

Selon Al-Arabiya, le groupe se réfère à une déclaration faite, début septembre 2004, sur cette chaîne, par un membre de ce Comité, cheikh Ahmed Abdel Ghaffour Al-Samaraï, et dans laquelle ce dernier précisait que "les employés étrangers sont venus en Irak pour leur gagne-pain et il n’est pas permis de les tuer". Le Comité des oulémas, l’organisation la plus représentative des sunnites irakiens, proche de l’opposition au nouveau régime, est fréquemment impliqué dans la libération d’otages en Irak.

Le 1er septembre, le groupe "Armée secrète islamique-Brigade des drapeaux noirs" avait libéré sept camionneurs (trois Indiens, trois Kényans et un Egyptien) qu’il avait enlevés le 21 juillet 2004. L’employeur koweitien de ces sept chauffeurs avait affirmé par la suite qu’il n’avait pas cessé ses activités en Irak, comme le demandaient les ravisseurs, mais qu’il leur avait versé une rançon de plus d’un demi million de dollars. "Nous n’avons pas cessé nos opérations en Irak" comme le réclamaient les ravisseurs, avait déclaré le président de la Kuwait Gulf Link Company (KGL), Saïd Ismaïl al-Dashti. Dans la vidéo diffusée, dimanche 5 septembre 2004, par Al-Arabiya, le groupe a démenti avoir renoncé à son exigence d’une cessation des activités de KGL en Irak, mais sans se prononcer sur la rançon annoncée par la compagnie koweitienne, selon la chaîne.

Les forces US et irakiennes arrêtent 500 suspects à Latifiya

Les forces irakiennes et américaines ont arrêté 500 suspects et mis la main sur des quantités d’armes mais sur aucun otage à Latifiya, au sud de Bagdad, a déclaré, dimanche 5 septembre 2004, à l’AFP, un responsable de la Garde nationale (ING, auxiliaire de l’armée). "Nous avons arrêté 500 suspects", a affirmé à l’AFP un capitaine des services de renseignement de la Garde nationale de la caserne de Mahmoudiya, distante de 5 km de Latifiya. Il a précisé qu’il n’y avait aucun étranger parmi eux. Interrogé si des otages avaient été trouvés lors de cette opération, il a répondu : "non, nous n’en avons trouvé aucun".

La région de Latifiya est un nouveau triangle des Bermudes pour les étrangers. Ceux qui se dirigent vers le sud et passent par cette ville ne savent jamais s’ils arriveront à destination. Ainsi, tous les indices démontrent que les deux journalistes français Georges Malbrunot, du quotidien Le Figaro, et Christian Chesnot, de Radio France, ainsi que le reporter italien Enzo Baldoni, ensuite assassiné par ses ravisseurs, "l’Armée islamique en Irak", y ont été enlevés vers le 20 août 2004. Si le lieu de détention actuel des deux Français est inconnu, les efforts pour leur libération pourraient être compliqués par l’opération en cours.

Un diplomate iranien a disparu récemment alors qu’un journaliste polonais et des agents secrets espagnols ont été abattus sur cette route.

Les combats à Latifiya, qui s’inscrivent dans le cadre du plus important assaut lancé contre la résistance sunnite depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, se sont soldés par la mort de douze policiers alors qu’onze autres ont été blessés avec cinq gardes nationaux et un civil, selon un bilan fourni, samedi 4 septembre, par la Garde nationale et les hôpitaux de Bagdad et de la région. Selon cet officier, les combats ont cessé, samedi 4 septembre 2004 à minuit, "car l’opération a (jusque-là) été menée à bien".

"Nous avons reçu l’ordre du Premier ministre Iyad Allaoui de perquisitionner dans la ville à la recherche d’armes et de terroristes, et l’opération va durer une semaine", a-t-il dit. "Nous avons trouvé une grand nombre d’explosifs, cinq tonneaux de 300 litres de TNT, des roquettes antichars et des mortiers", a-t-il ajouté."La majorité de cet armement appartient à l’armée irakienne et nous pensons qu’ils se sont fournis dans une manufacture d’armes qui se trouve à proximité", a-t-il précisé.

Le capitaine, qui a affirmé que les forces américaines et irakiennes contrôlaient la localité, a indiqué qu’il craignait néanmoins "une réaction violente des terroristes et nous avons pris nos précautions". Il a indiqué que des slogans avaient été inscrits durant la nuit sur les murs appelant à "la lutte contre les gardes nationaux et la police qui sont des ennemis de l’islam".

A l’hôpital Yarmouk à Bagdad, le lieutenant colonel de police Mohammad Kazem Hamza, 41 ans, blessé à la tête et à l’abdomen a déclaré à l’AFP : "nous avons mené une opération commune de la police, la Garde nationale et les forces de la coalition (la Force multinationale, FMN) conduite par le chef de la police de Bagdad, le général Abdel Razak". "Il s’agissait de traquer et d’éliminer les terroristes de Latifiya. Durant l’opération, des voitures de police se sont arrêtées au bord de la route dans quartier al-Baas. Les terroristes nous ont attaqués avec des RPG, des mortiers, et des armes légères de différents endroits". "Nous n’avons pas pu au début contrôler la situation car nous étions sur une route agricole et les assaillants se cachaient dans les fermes. Les accrochages ont duré plusieurs heures et les soldats de la coalition ont réussi à arrêter une centaine de personnes", a-t-il ajouté.

Ahmad Ali Sdeikh, 51 ans, un fermier à Dora, dans le sud de Bagdad, également hospitalisé a raconté "avoir été blessé à la jambe droite car il s’était retrouvé au milieu des combats alors qu’il conduisait sa voiture pour se rendre à Hassoua, via Latifiya".

L’employeur koweïtien d’un otage turc annonce avoir cessé d’opérer en Irak

L’employeur koweïtien d’un chauffeur turc, pris en otage en Irak, a annoncé, dimanche 5 septembre 2004, à l’AFP, qu’il cessait toutes ses activités en Irak dans l’espoir d’obtenir la libération de ce camionneur. "Nous avons cessé toutes nos activités en Irak. Nous appelons les ravisseurs à libérer le chauffeur Medhat Chiwi", a déclaré à l’AFP le directeur général de Saqr Al-Kuwait Transport Company. "C’est un appel humanitaire en faveur de sa famille et de ses enfants", a-t-il ajouté.

Un groupe armé, se présentant comme le "Mouvement de la résistance islamique-Brigades Noman", a indiqué, samedi 4 septembre 2004, avoir enlevé le chauffeur turc Medhat Chiwi qu’il a menacé de mort dans les 48 heures si son entreprise et toutes les sociétés turques, opérant pour les Américains, ne renoncent pas à travailler en Irak, dans une bande vidéo diffusée par la chaîne Al-Arabiya, basée à Dubaï.

Medhat Chiwi travaille pour l’entreprise de transport turque Inaya opérant pour la compagnie koweïtienne Saqr Al-Kuwait Transport Comany, qui ravitaille les troupes américaines en Irak.

Agence France Presse

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