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mercredi 26 juillet 2017
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Reuters, 6 septembre 2004

Irak : Nouvelles revendications en échange de la libération des journalistes français


DOUBAÏ/PARIS (Reuters) - Les ravisseurs présumés des deux journalistes français otages en Irak ont exigé, lundi 6 septembre 2004, le paiement d’une rançon de cinq millions de dollars, le respect de la "trêve des attentats" proposée à l’Europe par Oussama Ben Laden et ont fixé un nouvel ultimatum de 48 heures.

Cette revendication, qui n’a pu être authentifiée dans l’immédiat, a été faite sous la forme d’un communiqué diffusé sur un site internet au nom de l’"Armée islamique en Irak".


La présidence de la République et le ministère français des Affaires étrangères ont déclaré n’avoir "aucun commentaire à faire" dans l’immédiat.

Dans ce nouveau communiqué, le groupe exige notamment le respect des conditions de la trêve des attentats de trois mois proposée, en avril 2004, aux gouvernements européens, par Oussama Ben Laden, en échange du retrait des forces engagées en Afghanistan et en Irak. Il réclame aussi l’engagement de la France de ne conclure aucun accord militaire ou commercial avec les nouvelles autorités irakiennes. "L’Armée islamique en Irak" précise dans ce communiqué qu’elle accepterait qu’une seule de ces revendications soit satisfaite, mais lance une mise en garde. "Nous vous avertissons de ne pas nous bombarder comme vous l’avez fait (...) le jour où nous entendions vous remettre les otages", peut-on lire sur le site internet. Le groupe fait référence à l’assaut lancé ce week-end par l’armée irakienne et les troupes américaines contre le fief sunnite de Latifiya, au sud de Bagdad.

Depuis vendredi 3 septembre en milieu de journée, le ton a changé à Paris, où l’on espérait jusqu’alors une libération rapide des deux journalistes, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, otages depuis le 20 août 2004. "Le traitement de ce type de crise requiert une discrétion maximale", a déclaré lundi matin Hervé Ladsous, porte-parole du Quai d’Orsay.

"Moins on en dit et mieux c’est"

Après une tournée au Moyen-Orient la semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier "reste entièrement mobilisé par la crise des otages". Le programme ministériel pourrait être "à tout moment modifié ou complété" si Michel Barnier était amené à retourner dans la région, a souligné Hervé Ladsous.

Dans la matinée, Michèle Alliot-Marie a fait état d’indications "sérieuses" permettant de croire que les deux journalistes français et leur chauffeur étaient en bonne santé et qu’une libération était "possible". Mais la ministre de la Défense a également appelé à la prudence. "Moins on en dit et mieux c’est pour" les otages, a-t-elle déclaré sur LCI.

En dépit de quelques déclarations ministérielles optimistes, qui ont valu à leurs auteurs un rappel à l’ordre de Matignon, les autorités françaises ont toujours insisté sur la difficulté et la complexité des contacts pouvant aboutir à la libération des journalistes. Elles ont également mis l’accent sur l’incertitude liée à l’autonomie de l’"Armée islamique en Irak", au fait que l’intervention d’intermédiaires était nécessaire, avec le risque d’interférences dans un pays en plein chaos.

Dimanche 5 septembre 2004 après-midi, le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, avait réuni à Matignon les ministres concernés par la crise des otages. Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a réaffirmé, à l’issue de cette réunion, que la France croyait "possible" la libération des deux journalistes français enlevés en Irak, en soulignant que le gouvernement travaillait "avec confiance et prudence".

Lundi 6 septembre 2004 au matin, le secrétaire général de l’UOIF, Fouad Alaoui, qui a participé la semaine dernière à la mission de bons offices du Conseil français du culte musulman (CFCM) à Amman et Bagdad, a estimé que l’on était entré dans la phase de "remise" des otages. Selon lui, Christian Chesnot, Georges Malbrunot et leur chauffeur d’origine syrienne ne sont plus entre les mains de leurs premiers ravisseurs, mais ont été remis à la "résistance irakienne".

Reuters

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