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dimanche 20 août 2017
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rt.com, 20 janvier 2017

Gambia : Intervention militaire pour installer le nouveau président Adama Barrow


Des soldats sénégalais

Les troupes sénégalaises sont entrées, le 19 janvier 2017, en Gambie, avec l’aval du conseil de sécurité de l’ONU, pour soutenir le nouveau président gambien, Adama Barrow, dans sa confrontation avec Yahya Jammeh, qui refuse de démissionner.


Gambia

« Nous sommes entrés en Gambie », a déclaré le Colonel Abdou Ndiaye à l’agence Reuters. Les troupes sénégalaises déployées aux frontières avec la Gambie en vue d’une opération ouest-africaine pour contraindre Yahya Jammeh à céder le pouvoir au nouveau président Adama Barrow sont entrées sur le sol gambien dans l’après-midi [jeudi 19 janvier 2017], a annoncé le porte-parole de l’armée.

Des coups de feu étaient entendus, jeudi après-midi, en Casamance, dans le sud du Sénégal, en provenance de plusieurs villages proches de la frontière gambienne, selon un correspondant de l’AFP.

Des accrochages ont également eu lieu entre des soldats sénégalais et des rebelles présumés du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) dans d’autres villages de la région, ont indiqué des témoins à l’AFP. Le MFDC, qui se bat depuis 1982 pour l’indépendance de la Casamance est réputé favorable au régime du président Jammeh.

Le début des opérations militaires en Gambie a été annoncé peu près la fin de la prestation de serment à l’ambassade de Gambie à Dakar du nouveau président gambien, Adama Barrow, et le vote unanime du Conseil de sécurité de l’ONU appuyant les initiatives de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). La Cédéao (15 Etats), qui presse M. Jammeh de quitter le pouvoir, avait prévenu à plusieurs reprises qu’elle pourrait avoir recours à la force en dernier ressort.

Le Sénégal est appuyé dans les opérations militaires en Gambie par le Nigeria, pays de poids et puissance régionale, qui avait annoncé auparavant que son aviation effectuait, jeudi 19 janvier 2017 après-midi, des vols de reconnaissance au-dessus de Banjul, se disant prêt à imposer la volonté de la Cédéao. Le Ghana a également annoncé avoir mis 205 militaires à la disposition de la Cédéao.

Yahya Jammeh dirige sans partage depuis 1994 la Gambie, petit pays anglophone d’Afrique de l’Ouest de moins de deux millions d’habitants, enclavé dans le Sénégal à l’exception de sa façade atlantique.

Dans son discours d’investiture, Adama Barrow, élu à la surprise générale lors de l’élection présidentielle du 1er décembre 2016, a salué « un jour qu’aucun Gambien n’oubliera jamais », avant d’appeler les forces armées gambiennes à se rallier à lui, sous peine d’être traités comme des rebelles.

Adama Barrow

Des scènes de liesse ont éclaté peu après dans les rues de Banjul, sans être réprimées par les militaires présents. Le chef d’état-major de l’armée a même été vu célébrant avec les manifestants, semblant indiquer un lâchage de Yahya Jammeh. Le général Ousman Badjie avait dès la veille laissé entendre qu’il n’entendait pas résister et entraîner ses hommes dans un « combat stupide » autour d’une « dispute politique ».

Ousman Badjie

Imprévisible et accusé de violations des droits de l’homme par de nombreuses ONG internationales, Yahya Jammeh, arrivé au pouvoir en 1994 par un coup d’Etat sans effusion de sang, dirige depuis le pays, qu’il a récemment proclamé « république islamique » d’une main de fer. Après avoir initialement, et à la stupeur générale, reconnu sa défaite face à Adama Barrow, candidat d’une opposition pour une fois unie, il avait fait volte-face à la suite de la reconnaissance par la commission électorale d’une erreur n’affectant pas le résultat final. Malgré les pressions internationales et abandonné au fil des jours par sa vice-présidente et plusieurs de ses ministres, il s’est obstiné à demeurer en place tant que la justice n’aurait pas statué sur ses recours électoraux.

Yahya Jammeh

Le risque de troubles a poussé de nombreux Gambiens, résidents étrangers et touristes à quitter le pays. Selon les agences de l’ONU, quelque 25000 personnes, dont une moitié d’enfants, en sont partis depuis le début de la crise.

Mercredi 18 janvier 2017, le président mauritanien, Mohamed Abdel Aziz, avait tenté une médiation de la dernière chance à Banjul, mais, selon des sources proches du dossier, lors de ces entretiens, Yahya Jammeh a exigé l’annulation de l’investiture de Adama Barrow à Dakar et la levée de toute menace d’intervention extérieure, deux conditions rejetées de facto.

Mohamed Abdel Aziz

Il n’était pas clair, jeudi 19 janvier 2017 au soir, où se trouvait Yahya Jammeh.

Le Sénégal, qui entretient une relation compliquée avec son petit voisin anglophone, était déjà intervenu militairement en Gambie en 1981, pour faire échec à un putsch contre le président Dawda Jawara.

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