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dimanche 23 juillet 2017
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bdzoom, 4 février 2017

Interviews : Tony Daval parle de Jean-Michel Charlier

par Gilles RATIER


Tony Daval

Tony Daval, grand reporter, évoque avec nous les grandes heures des « Dossiers noirs » de Jean-Michel Charlier, diffusés à partir de 1973 sur FR3, puis sur TF1. Longtemps reporter pour « Cinq Colonnes à la Une » ou encore grand reporter de guerre, entre autres au Viet-Nam, en Afrique et au Liban, Tony Daval a parcouru le continent américain en compagnie du grand scénariste à la recherche des personnages les plus incroyables, des anciens lieutenants d’Al Capone à la veuve de Pancho Villa. Révélant une facette peu connue du scénariste de Buck Danny et de Blueberry, cette interview nous apprend que Jean-Michel Charlier n’était pas seulement un aventurier de la plume.


Jean-Michel Charlier

Question :

- "Avant tout, il est important de te présenter : photographe de presse à Paris-Match dès le milieu des années 1950, reporter permanent de « Cinq Colonnes à la Une », « Magazine de la mer » et « Les Coulisses de l’exploit », correspondant aux USA avec Jacques Sallebert pour l’ORTF, puis TF1, grand reporter de guerre aux quatre coins de la planète, auteur de reportages filmés pour Sergio Leone, Chris Marker, Reichenbach, Schoendoerfer, Marcel Ophuls, Cassavetes etc., reporter pour les élections et voyages présidentiels français et américains depuis de Gaulle et Kennedy… Je commence à peine à décrire ta flamboyante carrière qu’il me faut arrêter. La seule énumération de ses grandes lignes prendraient la place réservée à l’interview ! Pour en arriver au thème qui nous intéresse aujourd’hui, précisons que tout commence, en 1973, lorsque Jean-Michel Charlier fait la rencontre du directeur de la toute nouvelle 3ème chaîne, Jean-Louis Guillaud, qui lui propose une collaboration d’où naîtra bientôt la série des « Dossiers noirs ». Quand as-tu rencontré Jean-Michel Charlier pour la première fois ?"

Jean-Louis Guillaud

Tony Daval :

- "Jean-Louis Guillaud m’avait téléphoné à New-York pour m’annoncer l’arrivée de celui qu’il m’avait présenté comme un sacré mec : « un battant, un aventurier venu de la bande dessinée qui avait déjà un passé époustouflant ! ». Il avait aussi ajouté qu’il souhaitait monter une série de reportages intitulés « Les Dossiers noirs » et me demandait du coup si l’idée m’intéressait.

De prime abord, j’avais déjà pas mal de boulot là-bas. Je couvrais surtout les « nouvelles » et, à cette époque, les États-Unis remuaient dur, d’autant plus que la guerre du Vietnam n’était pas encore terminée. Il est donc arrivé à New-York où nous nous sommes rencontrés. J’ai été tout de suite séduit par le personnage et nous avons commencé à travailler ensemble. Je ne l’ai jamais regretté, surtout que Jean-Michel préparait admirablement ses émissions et se rendait au préalable, et systématiquement, dans tous les coins où il pensait pouvoir trouver de l’information, cela en compagnie de sa femme qui lui servait d’assistante et de script la plupart du temps. Il allait faire ainsi tous les repérages qu’il jugeait nécessaire, ce qui prenait parfois près de deux mois".

-"Quel était alors ton rôle dans la réalisation de ces reportages historiques ?"

- "Eh bien, nous étions la plupart du temps à trois. J’étais à la caméra et nous avions, en plus, un preneur de son que j’engageais sur place, mais sa femme se joignait à nous de temps en temps. À Paris, il avait pu voir quelques rushs de mes anciens tournages, ce qui lui avait complètement donné confiance en moi, au point de me laisser faire ce qui me semblait bon. D’ailleurs, j’avais rapidement compris la manière dont il voulait illustrer ses émissions, aussi je faisais énormément d’images, de façon à ce qu’il ne manque rien au montage, à Paris".

Jean-Michel Charlier et son épouse dans les années 1950

-"Quel est le premier reportage que vous ayez réalisé ensemble ?"

- "Il me semble qu’il était consacré à l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Il faut préciser que j’avais suivi l’affaire à l’époque des faits. Quand Kennedy avait été tué, j’étais à New-York avec Labro et nous faisions un « Cinq Colonnes à la Une ». Aussi, quand la nouvelle est tombée, je me suis envolé pour Dallas où j’ai retrouvé Frédéric Pottecher (décédé début novembre 2001 ndlr.). Nous ne travaillions pas ensemble, mais lui était là depuis déjà quelques temps et il était dans le coup, alors je l’ai suivi. C’est comme ça que j’ai été amené à filmer en direct l’assassinat d’Oswald dans la fameuse cave. Renforcé par cette expérience, nous nous sommes donc, Jean-Michel et moi-même, rendu à Dallas pour refaire l’enquête, ce qui nous a pris près de quatre mois, ici et ailleurs".

L’assassinat de Lee Harvey Oswald par Jack Ruby, dans les locaux de la police de Dallas, aux Etats-Unis, le 24 novembre 1963

-"Pourrais-tu me décrire Jean-Michel Charlier en action ?"

- "Il était complètement passionné par son boulot, ne négligeant rien. Dès qu’il avait une information, une adresse, on y allait sur l’heure et s’il fallait entrer quelque part, il y parvenait toujours. C’était un type réellement gonflé !"

-"Il parlait bien l’anglais ?"

- "Oui, il se débrouillait bien, tout comme il parvenait toujours à s’y retrouver au milieu de ses multitudes de petits papiers couverts d’informations. Je me souviens d’une anecdote qui s’était déroulée à la Nouvelle-Orléans. Nous y étions dans le cadre d’une émission sur la mafia et Charlier avait eu une info comme quoi un gros mafieux, le patron pour toute la Louisiane et le sud, venait régulièrement prendre son café dans un bar donné. Après des heures de planque dans une voiture, le bonhomme est finalement arrivé en compagnie d’un homme de main. Charlier a attendu qu’il ressorte pour lui courir après et lui poser des questions. Moi, bien sûr, je filmais. Arrivé devant sa maison, le mafieux, très énervé, lui a évidement fermé la porte au nez, mais Jean-Michel ne s’est pas démonté et a commencé à tambouriner à la porte comme un fou. Bien sûr, au bout de cinq minutes, c’est le porte-flingue qui est sorti, lui faisant clairement comprendre qu’il devait dégager sans délai ! C’était indiscutablement un vrai et un grand journaliste ! C’était d’ailleurs pour ça que Guillaud l’aimait bien.

Dans cet esprit, j’ajouterai qu’il menait toujours les choses à leur terme, et cela, avec la plus grande des exigences. Par exemple, lorsqu’il était en montage, il ne connaissait plus personne, travaillant sans arrêt, tout excité, prêt à dormir sur place, si c’était nécessaire…"

-"As-tu le souvenir du nombre d’émissions que vous ayez réalisé ensemble ?"

- "Je n’en suis pas sûr, mais je me souviens de celles consacrées aux Kennedy –on a fait toute la famille-, à Capone, Dillinger, Eliot Ness, Howard Hughes, Les Tigres Volants, le FBI avec Hoover et toute la mafia, ce qui était un gros morceau. Il a dû y avoir une première série de 26 films de 52 minutes –certains thèmes étaient en plusieurs épisodes– et ensuite une seconde, mais dont j’ai oublié le nombre. Il faut aussi ajouter « La Guerre secrète du pétrole » que nous avons fait dans les années 1980".

-"Évidement, compte tenu des thèmes, tout cela comportait des risques."

- "Oui, bien sûr ! Il y avait eu cette histoire à Tucson qui était le fief d’un mafieux nommé Banano. Jean-Michel savait que tous les matins ce Banano et sa femme se rendaient à la messe. En y entrant, accompagné de son garde du corps, il nous avait dévisagé en nous regardant de travers, parce qu’on avait déjà commencé à filmer. On a attendu qu’il sorte –tu peux imaginer la scène avec le curé et tous ces « braves gens » sur le parvis– pour lui proposer une interview qu’il nous a bien entendu refusé. Évidement, Charlier était un peu déçu –nous avions spécialement pris l’avion jusque là–, mais il nous a quand même invité à faire un bon gueuleton le soir. Nous étions trois pour dîner, y compris un preneur de son américain, lorsque la porte s’est ouverte, laissant passer deux énormes malabars, l’un se mettant à coté de la porte et le second cherchant visiblement quelqu’un dans l’assistance. C’étaient des caricatures des films hollywoodiens : ils portaient l’un et l’autre des chaussures blanches et noires et des costards croisés… Je suis sûr qu’ils devaient être aussi largement enfouraillés. Donc, le type finit par nous identifier et arrive à notre table. Il s’est adressé directement à Charlier en lui expliquant que monsieur Banano avait horreur qu’on le filme. Charlier, qui avait un talent particulier pour jouer au con, lui a répondu qu’il filmait juste la sortie de la messe, ce qui n’a évidement pas passé, puisqu’ils avaient déjà pris leurs renseignements… Le gars n’a alors fait ni une ni deux et nous a expliqué que, le lendemain, nous devions partir et, pour appuyer ses dires, au moment où Charlier a commencé à parler de pays de liberté, il a ajouté qu’il y avait parfois des voitures qui explosaient, des avions qui tombaient… Sans explications ! Enfin, il nous a fait un numéro dément sur tout ce qui pouvait nous arriver, avant de prendre congé poliment. Nous avons continué à manger, mais on était évidemment tous les trois un peu retournés. J’ai expliqué à Charlier que je n’avais pas peur, mais que j’étais quand même sûr qu’on allait se faire flinguer, surtout que je connaissais bien la mafia du fait que je travaillais sur elle depuis longtemps pour la RAI (la 1ere chaine italienne, ndlr.). Au mieux, par peur du scandale, ils ne nous auraient pas descendu, mais ils nous auraient arrangé gravement la gueule… Pour couronner le tout, revenus à l’hôtel nous avons retrouvé nos chambres entièrement retournées ! Inutile de te dire qu’on a décidé de se barrer.

Giuseppe "Joseph/Joe“ Bonanno lors de son arrestation, le 21 octobre 1964

Une autre fois, nous étions à la frontière de la Californie et de l’Arizona pour une réunion des Teamsters, le syndicat des camionneurs –j’avais oublié que nous avions fait une émission consacrée au fameux Jimmy Hoffa avant qu’il ne disparaisse– qui se tenait autour de la piscine d’un grand hôtel. Charlier voulait filmer ça. On est arrivé au beau milieu d’une foule d’armoires à glaces tatouées qui nous ont rapidement repéré puis nous ont demandé si on savait nager. Je leur demandé de pas déconner, surtout que j’avais une caméra. Ils n’ont rien voulu savoir. Ils m’ont juste permis de la poser avant de me balancer tout habillé dans la flotte. Heureusement, ils n’ont pas touché à Charlier, puis ils nous offert à boire, ce qui m’a permis de filmer toute la scène avec la caméra sous le bras. Précisons que j’avais éteint le voyant rouge pour qu’ils ne s’en rendent pas compte".

-"Les reportages que vous avez réalisés ensemble se situaient tous en Amérique centrale et du nord ?"

- "Oui, absolument. Du fait que j’habitais New-York, ceux qui avaient lieu autre part dans le monde étaient faits par d’autres, comme ceux où il avait rencontré Léon Degrelle ou la secrétaire d’Hitler.

Ah oui, je me rappelle aussi d’une autre anecdote qui avait eu lieu lors de l’enterrement, dans le New-Jersey, d’Adonis, un gros mafieux à la retraite. Charlier n’était pas là, mais je lui avais téléphoné pour lui en parler. Il avait été immédiatement intéressé, du fait que ça s’annonçait comme une très grosse cérémonie avec des encombrements de gros pontes de la mafia. Lorsqu’on est arrivé, j’étais avec un chauffeur américain. Il y avait devant nous quelque chose comme quatre-vingts énormes voitures tous phares allumés. Malgré les angoisses de mon chauffeur, nous avons remonté, tout en filmant, la file des voitures, croisant le regard mauvais des hommes de mains (à l’arrière, les vitres étaient fumées). À peine arrivé devant la porte du cimetière, alors que je continuais à filmer, un type est arrivé derrière moi et m’a pris par le col. Inutile de te décrire les menaces qu’il m’a faite. Toutefois, lorsque j’ai expliqué que je travaillais pour la RAI et dans quelle estime l’Italie tenait le monsieur dans son cercueil –t’a intérêt à être obséquieux–, les choses se sont un peu arrangées… Il a toute de même ajouté que je pouvais faire un plan rapide et que je n’avais ensuite qu’à dégager. Sans rigoler, tout cela était quand même réellement dangereux".

Joe Adonis

-"Dans un autre registre, il semblerait que vous ayez fait une interview de la veuve de Pancho Villa ?"

- "C’était dans le cadre d’une série d’émissions sur la Révolution mexicaine. Un tournage qui avait pris au moins trois mois. À cette occasion, nous avons rencontré tous les anciens généraux de Villa encore vivants, une délicieuse sarabande de vieux pépés qui se souvenaient aussi de Zapata et de tous ces personnages légendaires. Nous avons circulé un peu partout, et, pour finir, nous sommes allés dans le bled où Pancho Villa avait été tué. On y a retrouvé sa veuve, qui avait alors à peu près quatre-vingts ans, une vieille dame étonnante qui nous a signé des vieux dollars mexicains et, surtout, qui m’a offert un vieux 38 spécial nickelé, un de ces extraordinaires pétards de l’époque qui, disait-elle, avait appartenu à son mari. Un vrai pistolet de cow-boy ! Ce reportage a vraiment été extraordinaire comme cette rencontre avec un des bras droits de Villa, un vieil homme sans âge à moitié aveugle dont j’ai, hélas, oublié le nom. Je me souviens également de notre passage dans une petite ville à coté de Guadalajara où on nous a projeté dans un vieux cinéma des bobines d’actualité de l’époque de la Révolution, Charlier s’en mangeait les mains de bonheur. De mon coté, je rêvais en pensant à la vie exceptionnelle de ces cameramans…"

Pancho Villa

-"Est-ce que le nom de Morris « Red » Rudinsky te rappelle quelque chose ?"

- "Si mes souvenirs sont bons, il s’agit d’un des lieutenants d’Al Capone. Nous l’avions rencontré dans l’hôtel ou vivait Capone qui fait un coin de rue à Cicero, dans la banlieue de Chicago, et l’interview s’est déroulée dans le bureau même de Capone. Tout l’étage supérieur était alors occupé par Capone et ses hommes de main couchaient dans les couloirs ! Ce mec –il avait été patron de bordel à 15 ans, tué deux hommes à 17 et s’était évadé pour rejoindre Capone à 20– nous a raconté des histoires extraordinaires sur la prohibition et toute la période où il était compagnon de cellule de Capone à Alcatraz. Dans cette émission sur Capone, il y avait aussi des interviews de personnages comme Robert Saint-John, propriétaire du Chicago Tribune, George Bieber, l’avocat des gangs, Elisabeth Borgia, une amie d’enfance de Capone, Sam Nulvandi, le dernier des Incorruptibles, Jack McPhaul, un journaliste, et Virgil Peterson, du FBI, qui était président de la Commission du crime et du vice à Chicago…"

-"Et, au milieu de toutes ses pérégrinations, Jean-Michel Charlier continuait d’écrire ses scénarios de bandes dessinées ?"

- "Effectivement. Il travaillait surtout dans l’avion. Nous nous installions toujours à l’arrière et lui prenait le siège côté hublot, pour être tranquille. Il avait toujours une petite serviette en cuir dans laquelle se trouvait tous ses documents : les notes pour le reportage et le scénario de film qu’il préparait depuis longtemps, auxquelles s’ajoutaient ceux des bandes dessinées. À cette époque, je ne savais pas grand chose de ses autres activités et, un jour, je l’ai interrogé sur tout ça. Il m’a répondu qu’il travaillait sur tel ou tel scénario de « Blueberry » ou encore de « Tanguy et Laverdure ». Mais, alors qu’il écrivait ses textes, il lui arrivait souvent de s’interrompre pour parler du reportage pour lequel nous étions en route. J’avais l’impression de le voir écrire en permanence".

-"Il te parlait de bande dessinée ?"

- "Presque jamais. Je n’y connaissais rien, d’ailleurs. Certes, il m’a fait découvrir d’autres séries qu’« Astérix » et « Tintin », mais les échanges sur ce thème était rares. Je crois qu’il séparait nettement ses deux activités".

-"Peu avant la disparition de Jean-Michel Charlier, en 1989, vous vous apprêtiez à lancer une nouvelle émission, je crois ?"

- "Oui, mais il faut d’abord préciser que, chaque fois que nous sortions quelque chose, ça cartonnait dur. Les « Dossiers noirs » avaient énormément de succès. Il a d’ailleurs reçu le Soleil d’or –un prix professionnel pour l’ensemble de ses émissions– et a même été nominé aux Sept d’Or en 1985. Mais, curieusement, alors que les chaînes Histoire se multiplient, ces émissions ne repassent jamais, ce que je ne parviens pas à comprendre. Autrement, nous allions monter une nouvelle série d’émissions consacrées aux civilisations disparues dans lesquelles nous aurions fait des reportages sur les Galapagos, les Incas, les Indiens mexicains et américains etc. Le thème me passionnait d’autant plus que j’avais déjà réalisé beaucoup de choses sur les Indiens américains pour la télévision française. Il faut dire que j’avais eu beaucoup de chance, en mon temps, pour la bonne raison que, lorsque je suis arrivé aux États-Unis, en 1963, on ne voyait jamais rien en France sur ce pays. Il y avait très peu d’équipes sur place… Aussi, ai-je pu faire des reportages extraordinaires à travers tout le pays, dans l’ouest en particulier. Pour en revenir à Jean-Michel, nous préparions donc cette série d’émissions lorsqu’il est mort brutalement, le 10 juillet 1989. À cette époque, j’avais même dit à Jean-Louis Guillaud que j’allais prendre ma retraite, afin de pouvoir me consacrer pleinement aux « civilisations disparues »".

-"Te parlait-il de son passé, au cours de ces nombreux voyages ?"

- "Je me souviens d’histoires qu’il me racontait à propos du Congo où il avait, je crois, fait la guerre. Mes souvenirs sont un peu confus, mais je me rappelle qu’il était alors pilote et disposait de petites bombes de fabrication artisanale qu’il –à moins que ce ne soit son copilote– lâchait sur je ne sais qui directement par le cockpit !"

-"Il t’avait dit sur quel type d’avion il volait ?"

- "Je sais qu’il a beaucoup volé sur DC3, un sacré bahut d’ailleurs ! Mais, j’ignore si, lorsqu’il faisait ses petits bombardements, il volait là-dessus. C’était, quoi qu’il en soit, un vrai casse-cou. Il faut dire que le Congo était chaud, à cette époque. J’ai d’ailleurs eu quelques copains à Paris-Match qui se sont fait descendre là-bas".

-"Avait-il des projets de long-métrages de fiction ?"

- "Oui, absolument ! Jean-Michel travaillait beaucoup sur un projet de film « Blueberry ». Il avait trouvé l’interprète qui était d’ailleurs complètement inconnu et il m’avait proposé d’être photographe de plateau, s’il parvenait à monter la production. Le film aurait été tourné par un réalisateur américain, aux États-Unis. Il me parlait peu de bande dessinée, comme je te l’ai déjà expliqué, mais je crois pouvoir dire que « Blueberry » était vraiment son enfant chéri. Les États-Unis le passionnaient, et, d’ailleurs, il avait, à Paris, une grosse voiture américaine pour circuler. Je me souviens aussi qu’au moment où il avait envisagé de me la vendre pour en acheter une autre, il se l’ai fait voler !"

-"Était-il autant en retard à la télévision que dans la livraison de ses scénarios de BD ?"

- "Oui. Il faut avouer qu’il était perpétuellement en retard, ce qui posait des problèmes graves, dans la mesure ou nous avions un créneau horaire qu’il était impératif de respecter. Cela dit, ces retards tenaient aussi au fait que le montage de telles émissions était particulièrement compliqué et qu’il était très perfectionniste".

Propos recueillis par Gilles RATIER

Jean-Michel Charlier

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