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mardi 28 mars 2017
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ATS, 11 février 2017

Corruption : Arrestation des fondateurs de Mossack Fonseca


Vue de Panama City

Les deux fondateurs du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca ont été placés en détention provisoire au Panama dans le cadre du scandale de corruption Odebrecht, le groupe de BTP brésilien.


Panama

Jürgen Mossack et Ramon Fonseca Mora ont été arrêtés, jeudi 9 février 2017, dans la capitale panaméenne, et ont été présentés au parquet, a annoncé Elias Solano, un des avocats de Mossack Fonseca. Le ministère public, qui accuse les deux associés de blanchiment de capitaux, a perquisitionné jeudi le cabinet. Selon le procureur Kenia Porcell, Mossack Fonseca est soupçonné d’être "une organisation criminelle qui se chargeait de cacher des actifs et des sommes d’argent à l’origine douteuse". Le cabinet se chargeait également, selon elle, "d’éliminer les preuves (contre) des personnes impliquées dans les activités illégales liées au cas "Lavage Express".

Jürgen Mossack

Déclenchée en 2014, cette opération a mis en lumière un système de corruption que les groupes brésiliens de bâtiment, dont Odebrecht, avaient monté pour truquer les marchés de sous-traitance lucratifs de Petrobras, distribuant des centaines de millions de dollars de pots-de-vin à des responsables politiques au Brésil et dans une dizaine de pays en Amérique latine. Des accusations rejetées par leur avocat qui dénonce un "manque de preuves".

Jeudi 9 février 2017, peu avant son placement en détention, M. Fonseca a porté des accusations contre le président du Panama, Juan Carlos Varela, qui aurait, selon lui, reçu des pots-de-vin du groupe Odebrecht. "Le président Varela m’a dit qu’il avait accepté des dons d’Odebrecht en expliquant qu’on ne pouvait pas être fâché avec tout le monde. Que la foudre me frappe si ce n’est pas vrai", a-t-il lancé. Le président Varela a réfuté ces propos et assuré qu’il "n’existait pas de donations de l’entreprise Odebrecht" pour sa campagne électorale de 2014.

Juan Carlos Varela

M. Fonseca, conseiller du gouvernement Varela et dirigeant du parti de droite au pouvoir, avait dû démissionner, en 2016, après les révélations des Panama Papers. Ces 11,5 millions de documents issus de Mossack Fonseca ont été rendus publics, mettant au jour un vaste système d’évasion fiscale impliquant de hauts responsables politiques, des sportifs ou des milliardaires.

Agence télégraphique suisse

Ramon Fonseca Mora

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