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jeudi 27 juillet 2017
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AFP, 10 septembre 2004

Irak : L’occupant et le gouvernement de la collaboration poursuivent leurs massacres de civils


BAGDAD (AFP) - Un groupe islamiste a fixé, vendredi 10 août, un ultimatum de 24 heures à l’Italie, exigeant la libération de "toutes les musulmanes emprisonnées en Irak", alors que des dignitaires religieux dénonçaient comme un "génocide" les bombardements américains qui ont fait au moins 57 morts jeudi 9 août 2004.


"Si le gouvernement italien ne répond pas à nos exigences dans un délai de 24 heures, le peuple italien ne connaîtra jamais le sort réservé aux otages italiennes", a affirmé le groupe Ansar Al-Zawahiri (les partisans de Zawahiri, numéro deux du réseau terroriste Al-Qaïda) dans un communiqué diffusé sur internet, dont l’authenticité ne peut être vérifiée. Ce groupe a revendiqué l’enlèvement, mardi 7 septembre 2004, dans leur bureau à Bagdad de Simona Pari et Simona Torretta, travaillant pour l’ONG italienne "Un pont pour Bagdad", ainsi que de deux travailleurs humanitaires irakiens, un homme et une femme, sans en fournir la preuve. "En échange d’informations sur le sort des Italiennes" prises en otages, les ravisseurs exigent que "toutes les musulmanes emprisonnées en Irak" soient libérées.

Entre-temps, les autorités italiennes poursuivaient leurs efforts afin d’obtenir la liberté pour leurs ressortissants. La secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Margherita Boniver, est arrivée, vendredi 10 septembre 2004, à Amman, troisième étape de sa tournée dans des pays arabes, destinée à recueillir leur soutien.

A Rome, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi recevait le président irakien Ghazi al-Yaouar. Ce dernier avait assuré que Bagdad ferait son possible pour faciliter la libération des deux Italiennes, tout en estimant que leur rapt relevait du banditisme et n’avait pas de motif politique. "Il est très clair que leur enlèvement a pour but de demander une rançon", a-t-il dit.

Le coordinateur démissionnaire des ONG en Irak, Jean-Dominique Bunel, a estimé, vendredi 10 septembre 2004, à son retour à Paris, que cette prise d’otages s’apparentait à "un hold-up" commis par "des connaisseurs". Dans l’Irak actuel, "il y a des passerelles entre réseaux terroristes, un véritable marché, avec même des cotations, des enlèvements d’étrangers", a noté M. Bunel après avoir quitté pour des raisons de sécurité son poste à la tête du Comité de coordination des ONG en Irak, qui supervisait environ 50 organisations humanitaires. C’est "la première fois que l’on s’en prend à des humanitaires", a-t-il souligné en relevant aussi le fait "inédit" de l’enlèvement de trois femmes à la fois.

Vendredi 10 septembre 2004, à Bagdad, trois Libanais, dont une femme, ont été tués par balles au cours d’une tentative d’enlèvement, dénoncée à Beyrouth par le ministre des Affaires étrangères Jean Obeid. Gébrane Badine, Karim Khoury et son épouse, Evelyne Abou Dib, qui venaient de se marier, ont été tués aux premières heures du jour dans le quartier de Mansour, abritant des ambassades, par trois hommes armés.

Sur le terrain militaire, la ville de Tall Afar, située à 450 km au nord de Bagdad, restait toujours bouclée, vendredi 10 septembre, par l’armée américaine et les Gardes nationaux irakiens, après les bombardements qui ont fait 45 morts et plus de 80 blessés jeudi 9 septembre 2004. L’aviation américaine faisait des survols de reconnaissance au-dessus de Tall Afar que la Force multinationale (FMN) a affirmé vouloir "libérer du terrorisme".

Des dignitaires sunnites influents ont qualifié de "crime" et de "génocide" les opérations américaines contre Tall Afar et la ville de Falloujah, à 50 km à l’ouest de Bagdad, où douze Irakiens, dont deux femmes et cinq enfants, avaient été tués jeudi 9 septembre 2004. "Les forces d’occupation commettent un génocide", a déclaré dans son prêche du vendredi à Bagdad cheikh Abdel Ghaffour al-Samarraï, du Comité des oulémas musulmans, l’organisation la plus représentative des sunnites d’Irak.

Dans la ville septentrionale de Mossoul, cheikh Salah al-Jabouri de la mosquée Tabarak al-Rahmane a accusé les forces américaines de commettre "un crime immense" à Tall Afar. "Il faut faire cesser ces pilonnages sauvages qui ne font pas de différences entre civils désarmés et ceux qui portent les armes", a-t-il lancé.

A Mossoul, un traducteur irakien travaillant pour les forces américaines a été abattu, vendredi 10 septembre 2004, à l’arme automatique, a annoncé la police. La guérilla s’en prend régulièrement aux Irakiens travaillant pour les Américains. Par ailleurs, un ancien colonel de l’armée du régime déchu de Saddam Hussein a été tué dans la même ville par des hommes armés, selon une source policière.

Vendredi 10 septembre 2004, à Falloujah, un éboueur a été tué par un missile tiré d’un avion américain, a déclaré à l’AFP un de ses collègues.

Deux partisans du chef chiite irakien Moqtada Al-Sadr ont été tués et cinq autres blessés par des membres de la Garde nationale irakienne, qui ont ouvert le feu sur une foule après la prière hebdomadaire du vendredi 10 septembre 2004, à Bagdad, selon une source hospitalière.

Agence France Presse

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