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lundi 24 juillet 2017
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AFP, 15 septembre 2004

Irak : Une jungle pour les journalistes


Dix personnes ont été tuées et six autres blessées dans de nouveaux affrontements, mercredi 15 septembre 2004, entre résistants et US Marines, dans la ville sunnite de Ramadi, à l’ouest de Bagdad, a annoncé le ministère de la Santé irakien.


"Dix personnes ont été tuées et six autres blessées ce matin dans des affrontements à Ramadi", a indiqué à l’AFP un responsable du ministère, chargé de centraliser les bilans des victimes des violences. Parlant sous le couvert de l’anonymat, celui-ci a précisé que les affrontements de mardi 14 septembre 2004, dans la ville, avaient fait dix morts et trente-deux blessés, ajoutant dix blessés au bilan qu’il avait fourni la veille.

Un porte-parole militaire américain a indiqué que des Marines basés à Ramadi avaient été pris pour cible, mercredi 15 septembre 2004, vers 07h30 heure locale (03h30 de tirs de rebelles. "Aucun soldat n’a été blessé et les Marines ont riposté à l’artillerie à ces tirs", a-t-il déclaré, ajoutant ne pas être en mesure de préciser les dommages infligés.

Trois corps décapités découverts au nord de Bagdad

Les corps décapités et les têtes de trois personnes, apparemment des Irakiens, ont été découverts, mercredi 15 septembre 2004 au matin, par des soldats américains au nord de Bagdad, a-t-on appris de source militaire américaine. "Des soldats de la 1ère division d’infanterie ont découvert les corps sur le bas-côté de la route, à l’ouest de Balad, à 07h05 (03h05 GMT) (...). Nous pensons qu’ils s’agit de civil irakiens", a indiqué à l’AFP le sergent Robert Powell, basé à Tikrit. "Les corps étaient décapités et les restes humains ont été découverts ensemble", a-t-il ajouté.

De sont côté, un officier de la police de Balad, le lieutenant-colonel Hamid Ahmed a indiqué que la découverte avait été faite dans la région de Dajil, à 33 km au nord de Bagdad. "Il était difficile de reconnaître les corps des victimes, qui ont été exécutées depuis longtemps", a-t-il déclaré à l’AFP, ajoutant que les corps ont été emmenés dans une base américaine proche de la ville située à 60 km au nord de Bagdad. Un médecin de l’hôpital de Balad qui a examiné les corps a estimé que la décollation des victimes remontait de cinq jours. "Les corps ont été déchirés notamment au niveau du cou", a indiqué ce médecin, le Dr Adel Ahmad.

Un officiel iranien des pèlerinages tué en Irak

Un employé de l’organisation iranienne des pèlerinages a été assassiné en Irak, près de Kerbala, a indiqué le ministère des Affaires étrangères iranien cité, mercredi 15 septembre 2004, par les médias officiels. "L’Iran condamne fortement l’assassinat de Labib Mohammadi, un officiel du bureau de Bagdad de l’organisation des pèlerinages", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Asséfi. Labib Mohammadi a été victime de "terroristes inconnus", a-t-il dit, sans préciser la date de sa mort. "La République islamique réclame que le gouvernement intérimaire irakien s’occupe sérieusement d’identifier et de punir les coupables de cet acte criminel", a dit M. Asséfi.

Le chargé d’affaires irakien, Khalil Salman al-Sabihi, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères qui a "sévèrement protesté contre cet acte terroriste". Rappelant l’assassinat, en avril, du premier secrétaire de l’ambassade d’Iran à Bagdad, le directeur général des affaires consulaires du ministère des Affaires étrangères, Rassoul Mohair, a affirmé que "malheureusement jusqu’à maintenant les efforts du gouvernement irakien pour identifier les responsables de ce crime n’ont pas abouti". Le diplomate, Khalil Naimi, avait été tué par balle, le 15 avril 2004, à Bagdad.

Un autre diplomate iranien, Fereydoun Jahani, disparu, le 4 août 2004, sur la route entre Bagdad et Kerbala, serait toujours aux mains de l’Armée islamique d’Irak qui a revendiqué son enlèvement.

Certains des lieux saints les plus révérés par les chiites, majoritaires en Iran comme en Irak, se trouvent en Irak. Des centaines de milliers d’Iraniens y ont afflué depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003.

Un US Marine tué dans l’ouest de l’Irak

Un soldat américain du corps des Marines a été tué, mardi 14 septembre, lors d’une opération dans la province occidentale d’Al-Anbar, foyer d’insurrection sunnite, a annoncé, mercredi 15 septembre, l’armée dans un communiqué. "Un Marine du premier corps expéditionnaire a été tué, le 14 septembre 2004, alors qu’il participait à une opération dans la province d’Al-Anbar", à l’ouest de Bagdad, indique le texte. Le communiqué ne donne aucune autre indication sur la nature et le lieu exact de cette opération.

Avant ce décès, le Pentagone faisait état de 1018 militaires américains tués en Irak depuis l’invasion du pays en mars 2003.

Une jungle pour les journalistes

BAGDAD (AFP) - Avec près d’une trentaine de journalistes tués depuis l’invasion de mars 2003 et les enlèvements à répétition, l’Irak est devenu pour les représentants des médias une véritable jungle, dans laquelle aucune règle n’est respectée.

L’armée américaine a présenté, mercredi 15 septembre, de vagues excuses pour la mort, dimanche 12 septembre 2004, de Mazen Al-Tomaizi, journaliste palestinien de 25 ans collaborant avec les chaînes arabes Al-Arabiya, et Al-Ekhbariya tué par des tirs de missiles américains alors qu’il couvrait en direct des heurts dans le centre de Bagdad.

Au risque des balles perdues et des éclats de missiles s’ajoute celui des enlèvements qui touchent désormais les représentants de la profession, dont l’un, l’Italien Enzo Baldoni, a été assassiné par ses ravisseurs, et deux autres, les Français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, restent aux mains du groupe islamiste qui les détient. "Cela renforce notre sentiment de vulnérabilité (...) Cela peut arriver à n’importe qui", souligne Farnaz Fassihi correspondant du Wall Street Journal à propos de ces enlèvements.

Et pour Didier François de Libération, ces enlèvements "indiquent un changement de stratégie au sein de la résistance" et obligent les journalistes travaillant en Irak "à sérieusement réévaluer leur situation sécuritaire". "En dépit des appels de chefs religieux de premier plan (...) il n’a pas encore été possible d’obtenir la libération (des journalistes français). Cela signifie que la protection, ou du moins le sentiment de protection que nous pensions avoir s’est évaporé", estime-t-il.

Les arrestations et les pressions de toutes sortes sont également le lot habituel des journalistes en Irak où chaque partie tente de peser sur le contenu de l’information. En août 2004, la police de Najaf a arrêté des dizaines de journalistes venus couvrir les affrontements dans la ville sainte, entre résistants chiites et soldats américains, avant de les libérer.

Les journalistes irakiens travaillant pour les médias étrangers, souvent en première ligne, ont payé un lourd tribut avec une douzaine de morts et une pression constante.

Le correspondant de l’AFP à Ramadi a été enlevé, récemment, pendant 48 heures, emmené à Falloujah, à 40 km plus à l’est, et battu à coups de crosse, avant d’être libéré, par des inconnus qui affirment appartenir à la résistance.

A Falloujah, où règnent les groupes armés, tout journaliste est pris pour un espion et les correspondants étrangers évitent la ville depuis des mois. "La population, la résistance et les Moudjahidines de Falloujah pensent que tout journaliste étrangers est un espion en puissance", selon un rapport récent sur la presse en Irak, citant un correspondant irakien de la ville présenté sous le seul prénom de Mohammed.

L’armée américaine n’est pas en reste quand il s’agit de maltraiter des journalistes. L’agence britannique Reuters a élevé, cette année, des protestations, au Pentagone, contre le traitement réservé par des soldats américains, qu’elle accuse d’avoir humilié sexuellement et maltraité les membres de l’une de ses équipes irakiennes.

Le nouveau gouvernement irakien tient en suspicion pour sa part la presse et a interdit à la chaîne de télévision Al-Jazira du Qatar de travailler dans le pays, arguant qu’elle incite à la violence.

Le ministre de la Défense américain Donald Rumsfeld a le même discours sur cette chaîne de télévision : il a accusé, mardi 14 septembre 2004, des journalistes d’avoir vent à l’avance d’actions terroristes, faisant notamment allusion à Al-Jazira. Cette télévision "est sur le terrain un peu trop souvent à mon goût", a-t-il dit, sans toutefois donner davantage de détails, lors d’un discours prononcé devant des soldats sur la base de Fort Campbell (Kentucky).

Agence France Presse

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