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AFP, 15 septembre 2004

République démocratique du Congo : L’écotourisme, un moyen de préservation des gorilles des montagnes


Des gorilles

PARIS (AFP) - Espèce menacée, le gorille des montagnes pourrait devoir son salut au développement du tourisme dans les monts Virunga où il est établi, aux confins de la République démocratique du Congo (RDC), de l’Ouganda et du Rwanda, mais à condition que les habitants profitent de la manne, selon des experts.

République démocratique du Congo


"Comment le préserver ? Une partie de la réponse ? C’est l’écotourisme autour du gorille, ressource économique très importante", explique Annette Lanjouw, coordinatrice du Programme international de conservation des gorilles (PICG), lors d’un séminaire organisé à Paris par l’Unesco sur la protection de la biodiversité de la RDC, mise à mal par les guerres ayant embrasé la région depuis les années 1990.

Annette Lanjouw

A condition toutefois, souligne l’experte, que cette manne bénéficie aux populations riveraines, les sensibilisant ainsi à la nécessité de réduire les activités mettant en danger l’espèce, dans cette zone qui abrite plus de la moitié des quelque 700 gorilles des montagnes survivants dans le monde.

Un gorille

De la seule vente des permis d’écotourisme, le Rwanda et l’Ouganda ont tiré 20 millions de dollars de revenus annuels en 2000 et 2001. La République démocratique du Congo a engrangé quelque 80000 dollars depuis la réouverture, en janvier 2003, de cette activité.

Un gorille

Des touristes fortunés, prêts à mettre leurs traces dans celles de Diane Fossey, la célèbre primatologue américaine assassinée par des braconniers en 1985, paient jusqu’à 375 dollars le droit de passer une heure avec les grands singes anthropoïdes, à au moins sept mètres de distance, sans fumer, manger, ni tout autre comportement "perturbateur". "L’écotourisme est un outil qui doit être très bien géré, sous peine de tuer les gorilles, et les trois gouvernements sont fermement à nos côtés là-dessus", assure Mme Lanjouw.

Diane Fossey

Le Rwanda accueille ainsi au maximum 36 de ces visiteurs par jour, l’Ouganda 26 : 18 dans le Parc National Impénétrable de Bwindi, 8 dans l’aire de Mgahinga. "Le tourisme est effectivement une réponse, d’autres sont à rechercher", ajoute Jean Bihini won wa Musiti, de l’Union mondiale pour la nature (UICN), venu plaider pour une stratégie régionale de coopération, en matière notamment de trafic de viande de brousse, un des fléaux frappant les primates.

Les monts Virunga

Pour ces experts, "le défi", aujourd’hui, est de parvenir à faire bénéficier les populations locales, en général très pauvres, des retombées économiques de cette industrie. "On arrive à développer des activités de substitution ou des activités agricoles en dehors des parcs nationaux, mais cela ne réduit pas les activités illégales. Le partage des recettes du tourisme est probablement l’outil le plus efficace pour réduire ces activités illégales", estime Mme Lanjouw.

Un jeune gorille

"On ne peut pas se contenter de l’interdit. Même si vous postez un bataillon militaire, vous verrez toujours des gens se faufiler avec de la viande de brousse" ou exploiter la forêt, souligne Jean Ngog Nje, directeur de l’Ecole régionale d’aménagement et de gestion intégrée des forêts tropicales (ERAIFT).

Un gorille

Au Rwanda et en Ouganda, "100 % des achats de permis" d’écotourisme reviennent aux autorités directes des aires protégées. "En Ouganda, celles-ci en partagent 12 % avec les populations locales, en finançant notamment des projets pour la population riveraine. Le Rwanda développe cette approche et travaille à trouver actuellement un pourcentage approprié", selon Annette Lanjouw.

Un gorille

En revanche, en République démocratique du Congo, seuls 10 % de ces revenus sont perçus par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), contre 100 % avant guerre. "Nous espérons qu’avec la stabilité on reviendra à ce niveau et qu’on rétablira un pourcentage aux populations riveraines", déclare la responsable du PICG.

Agence France Presse

Un gorille

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