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dimanche 25 juin 2017
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AP, 19 septembre 2004

Irak : Les négociations de trêve pour le quartier de Sadr City sont dans l’impasse

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BAGDAD (AP) - Les négociations visant à mettre un terme aux affrontements dans le quartier de Sadr City, à Bagdad, sont dans une impasse, ont annoncé, dimanche 19 septembre 2004, l’armée américaine et des proches de Moqtada Al-Sadr.

En cause, le refus de l’imam chiite de démanteler sa milice, l’Armée du Mahdi.


Un groupe de chefs de tribu et des représentants de Moqtada Al-Sadr se sont réunis, samedi 18 septembre 2004, en présence d’un conseiller municipal de la capitale irakienne, qui a servi d’intermédiaire entre les deux camps. Ils ont abordé une proposition en douze points, qui appelle les combattants irakiens à désarmer en échange de plusieurs millions de dollars de compensation pour les victimes et la reconstruction du pays. Ce projet prévoit également que les forces irakiennes reprennent le contrôle de la sécurité dans le quartier, situé dans l’est de la capitale, et de limiter les mouvements des soldats américains. Aucun commandant de la coalition n’a participé aux discussions, selon l’armée américaine.

"Le seul point de friction, c’est l’insistance des Américains pour que l’Armée du Mahdi soit démantelé, et ce n’est pas acceptable pour nous", a expliqué à l’Associated Press Karim al-Bakhatti, un représentant de l’imam. Le colonel Bryan Roberts, un porte-parole de la 1ère Division de cavalerie, a pour sa part accusé Moqtada Al-Sadr de revenir sur ses promesses. "La milice de Moqtada Al-Sadr avait accepté de rendre les armes lourdes et de se démobiliser, mais nous n’avons aucune preuve qu’ils se soient exécutés", a-t-il souligné. "Leurs actes de violence aléatoires ont tué d’innombrables civils irakiens innocents et ne seront pas tolérés. Nos forces ne changeront pas d’avis".

Moqtada Al-Sadr avait mené l’insurrection de la ville sainte de Nadjaf, insurrection qui a pris fin en août 2004, après un accord de paix ayant permis aux résistants de conserver leurs armes. "Je ne comprends pas pourquoi les Américains sont prêts à accepter des compromis partout en Irak, sauf à Sadr City", a observé Karim al-Bakhatti.

Dans une interview qui doit être diffusée, dimanche 19 septembre 2004, sur la chaîne américaine ABC, le Premier ministre irakien Iyad Allaoui a lui aussi affirmé que le désarmement n’était pas négociable. Selon lui, l’imam chiite doit répondre des atrocités présumées commises à Nadjaf avant de prendre part au processus politique. "Il doit se laver de tout soupçon. Ensuite, il sera le bienvenu. Dans le cas contraire, la police fera ce qu’elle doit faire pour soumettre les gens à la justice".

Associated Press

Commentaire

On relèvera la tournure d’esprit d’Iyad Allawi. Il accuse Moqtada Al-Sadr d’être responsable d’"atrocités". Il ne fournit aucune preuve à l’appui de son accusation. Et il prétend que c’est à l’accusé, non seulement de prouver son innocence, mais de se laver du moindre "soupçon", face à des accusateurs dont le cynisme est sans limite et la mauvaise foi avérée.

Dans ces circonstances, on comprend aisément que les résistants exigent de garder leurs armes.

Frank BRUNNER

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