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dimanche 28 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (5ème partie) : De septembre 2004 à décembre 2004
Reuters, 23 septembre 2004

Haïti enterre ses morts après le passage de la tempête Jeanne

par Joseph GUYLER DELVA


Des Haïtiens chassés par les crues, après le passage de Jeanne, le 22 septembre 2004

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Les Haïtiens ont commencé mercredi à enterrer leurs centaines de morts victimes du passage de la tempête tropicale Jeanne. Le bilan s’élève à 1008 morts dans la région de l’Artibonite autour de la ville côtière des Gonaïves, dans le nord du pays, et à 72 morts dans la province du Nord-Ouest, d’après un responsable gouvernemental, Carl Murat Cantave.

Environ un millier d’autres personnes sont portées disparues et le bilan final devrait atteindre les 2000 morts, a-t-il ajouté.

Haïti


D’après ce représentant du gouvernement dans la région de l’Artibonite, quelque 200 corps devaient être inhumés, dans des fosses communes, dans la seule journée de mercredi 22 septembre 2004, par des fonctionnaires et des casques bleus de l’ONU.

Un trax charge des cadavres sur un camion qui les conduira au cimetière, où ils seront enterrés dans une fosse commune, à Gonaives, le 22 septembre 2004

L’objectif est d’éviter la propagation de maladies autour des Gonaïves, ville côtière de 200000 habitants où ont été recensées la plupart des victimes de la tempête Jeanne, dont les ravages ont été accentués par la déforestation.

Un camion décharge des cadavres dans une fosse commune, au cimetière de Gonaives, le 22 septembre 2004

Ralentie par les coulées de boues et les torrents, l’aide humanitaire commence à arriver. Un premier convoi du Programme alimentaire mondial (Pam) a atteint cette zone isolée d’Haïti, dans la nuit de mardi 22 septembre à mercredi 23 septembre 2004, avec 40 tonnes de vivres.

Un enfant transporte un sac en plastique plein d’eau potable, obtenu à un point de distribution, à Gonaives, le 22 septembre 2004

Appels à l’aide internationale

"A ce stade, nous pensons qu’au moins 175000 personnes sont touchées dans tout le pays. Nombre d’entre elles étaient déjà très vulnérables ; aujourd’hui, ils ont perdu leurs habitations, leurs récoltes entières, leur bétail et les rares biens qu’ils possédaient", a estimé Guy Gauvreau, directeur du Pam à Haïti. "C’est un terrible désastre. L’eau a tout emporté", a-t-il ajouté.

Distribution d’eau potable à Gonaives, le 22 septembre 2004

Pays le plus pauvre d’Amérique, Haïti est particulièrement vulnérable aux inondations en raison d’une forte déforestation. Quelque 2000 personnes ont ainsi déjà péri en mai 2004.

Scène de rue à Gonaives, le 22 septembre 2004

Les troupes brésiliennes et argentines sous mandat de l’ONU déployées dans l’île après le départ du président Jean-Bertrand Aristide, chassé en février 2004 par un soulèvement armé, prêtent main forte aux secours en fournissant main d’oeuvre et moyens de transport.

Une habitante de Gonaives, le 21 septembre 2004

Profitant de la tribune de la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, le président haïtien par intérim Boniface Alexandre a lancé un appel à l’aide internationale pour faire face à "cette tragédie, dont l’ampleur est celle d’une catastrophe humanitaire". La Croix-Rouge a réclamé de son côté une aide d’urgence de 3,3 millions de dollars.

Boniface Alexandre

Avant de s’abattre sur Haïti, Jeanne avait fait onze morts et détruit des centaines d’habitations en République dominicaine, qui partage l’île d’Hispaniola avec l’ancienne colonie française. Devenue ouragan avec des vents qui atteignent 160 km/h, elle se trouvait mercredi à 21h00 GMT à 800 km à l’est de Grand Abaco, une île des Bahamas, et progressait lentement dans une direction ouest-sud-ouest. Elle pourrait menacer les côtes des Etats-Unis la semaine prochaine.

Dans le quartier populaire de Kasoleil, aux Gonaïves, chaises, matelas, armoires s’entassent sur les toits en terrasse, alors que les habitants des cases en tôle ou en bois emportées par les pluies torrentielles ont été logés dans des centres d’hébergement, le 23 septembre 2004

Deux nouvelles tempêtes tropicales sont en formation dans l’Atlantique, l’ouragan Karl, localisé à 2240 km à l’ouest-sud-ouest de l’archipel des Açores. Il ne devrait pas toucher terre. La tempête Lisa se trouve également en pleine mer, à 1930 km à l’ouest des îles du Cap-Vert.

Joseph GUYLER DELVA

Une zone déboisée par les inondations, à Cayes Didier, le 31 mai 2004

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