retour article original

mercredi 26 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Suisse (1ère partie) : Du 17 octobre 2003 au 28 mars (...)

Abus des étrangers pour les rentes de l’assurance invalidité (AI) suisse : l’Office fédéral des assurances (OFAS) conteste

Suivi d’un commentaire


Vue de Berne

BERNE - L’Office fédéral des assurances sociales dénonce les manipulations populistes de l’Union démocratique du centre (UDC). Selon l’OFAS, les prestations AI versées à l’étranger ne sont pas synonymes d’abus. La probabilité de recevoir une rente reste plus grande pour un Suisse.

Les chiffres "démentent sans ambiguïté la rumeur selon laquelle une part importante du total des rentes de l’assurance invalidité (AI) serait versée à l’étranger", souligne un document publié par l’OFAS. L’UDC a notamment abordé ce thème dans sa campagne contre les "faux invalides".


Si l’OFAS reconnaît que les demandes de prestations adressées à l’AI depuis l’étranger requièrent un examen plus complexe, il estime faux de dire qu’elles sont potentiellement sources d’abus. Les requêtes sont examinées sur la base du droit suisse par des équipes de spécialistes qui décident des suites à leur donner.

D’une manière générale, le nombre des bénéficiaires de l’AI est en nette hausse depuis 1990. La répartition entre Suisses (65 %) et étrangers (35 %) reste en revanche stable depuis 1995, selon l’étude.

Les Italiens restent le groupe le plus important de rentiers AI étrangers. Il ne grossit plus contrairement à celui des ressortissants de l’ex-Yougoslavie. Cette différence s’explique par des facteurs démographiques : 9 % des rentiers italiens passent chaque année à l’AVS et ne reçoivent donc plus de rente AI alors que ce taux n’est que de 1 à 2 % chez les Portugais ou les ressortissants de l’ex-Yougoslavie.

La probabilité d’obtenir une rente est quasiment deux fois plus élevée pour les cotisants suisses que pour ceux d’une autre nationalité. Et ceci alors même que le taux d’activité des ressortissants étrangers est plus élevé, que nombre de ces personnes travaillent dans des secteurs plus dangereux et que leur niveau de formation est en général plus bas.

© SDA-ATS News Service

Vue du Caire

Commentaire

Au Caire, où des familles entières dorment à la rue, une rumeur circule, selon laquelle on aurait découvert une fortune dans la paillasse d’une mendiante. Bien entendu, l’anecdote est une pure invention, et la même circule sans doute, au même moment, dans des centaines d’autres villes.

Aussi ridicules soient-elles, ces rumeurs sont néanmoins colportées avec le plus grand zèle par tous ceux qui veulent se donner un prétexte pour fermer les yeux devant la misère de leurs concitoyens.

Vue de Genève

En Suisse, les milieux patronaux, que ce soit directement ou par politiciens interposés, font régulièrement circuler des rumeurs concernant telle ou telle catégorie de la population présentée comme « des profiteurs » qui « abusent ». Ces rumeurs sont fondamentalement calomnieuses, même si elles paraissent a priori vraisemblables.

Ainsi, on ne saurait contester a priori qu’il se commette des « abus » au sein d’un groupe social quelconque : qu’il s’agisse d’un employé tire-au-flanc, d’un chômeur travaillant au noir et empochant ses indemnités de chômage, ou d’un « requérant d’asile » dont les motivations « politiques » sont de la foutaise. Mais la rumeur présente toujours ces inévitables moutons noirs comme la norme plutôt que l’exception. La rumeur prétend que les abus seraient massifs.

En réalité. la rumeur n’est qu’un prétexte. Elle permet de justifier, à ses propres yeux, et aux yeux des autres, une attitude d’indifférence cynique au lieu d’une réaction de solidarité par rapport à l’ensemble de la catégorie sociale visée. Comme par hasard, il s’agit toujours d’une catégorie de la population qui se fait gruger, exploiter ou discriminer.

Même si on détenait la preuve qu’aucun abus n’est commis, on persisterait néanmoins à faire circuler la rumeur. Et ceux qui se livrent à ce petit jeu cynique, ayant pour conséquence de détruire toute solidarité sociale, se donnent des airs de moralistes...

Ainsi, par exemple, en Suisse, lorsqu’il a été décidé de couper les subventions à l’agriculture -ce qui allait provoquer la ruine de dizaines de milliers de fermiers-, la rumeur a présenté les agriculteurs comme autant de « privilégiés » dont chacun était censé posséder une -voire plusieurs- Mercedes. En réalité, comme le milieu parlementaire ne cessait de voter des lois écologiques introduisant de nouvelles normes pour la production agricole, tous les agriculteurs avaient dû procéder à de coûteux travaux d’aménagement. Pour financer ces travaux, ils avaient dû s’endetter auprès des banques. Dès l’instant où on diminuait leurs subventions, ils ne pouvaient plus rembourser les banques et faisaient faillite.

Agriculteur au travail

Lorsqu’il s’agissait de justifier le dumping salarial, une rumeur a présenté les salariés suisses comme autant de fainéants « qui ne savent plus ce que travailler veut dire ». En réalité, les salariés suisses avaient rejeté, en votation, plusieurs initiatives populaires proposant une diminution du temps de travail.

Quand il s’agissait de diminuer le montant et la durée des indemnités de chômage, tous les chômeurs étaient présentés comme « des faux chômeurs » qui, soi-disant, n’auraient eu aucune peine à obtenir un emploi s’ils l’avaient vraiment voulu. En réalité, les PME faisaient faillite au même rythme que les exploitations agricoles et les multinationales passaient leur temps à fusionner et à licencier massivement.

La dernière rumeur du genre vise les invalides suisses. Selon cette rumeur, la plupart des invalides seraient de « faux invalides », des « profiteurs » qui se la couleraient douce sous les tropiques, où ils se font verser leur rente d’invalidité. En réalité, le montant de la pension d’invalidité est tellement misérable que les « bénéficiaires » ne peuvent pas vivre décemment en Suisse. Ainsi, ceux auxquels leur état de santé n’interdit pas les déplacements préfèrent-ils aller vivre dans des pays où le coût de la vie est beaucoup plus bas qu’en Suisse.

En l’occurrence, c’est l’Union démocratique du centre (UDC) qui est mise en cause comme propagatrice de rumeurs calomnieuses. Mais, quelques jours plus tôt, avec sans doute cette même « rumeur » en guise d’argument, c’est Peter Hasler, directeur de l’Union patronale suisse, qui avait exigé « des mesures contre les abus des invalides ». Et, à la suite de cette injonction patronale, le Conseil fédéral suisse (l’exécutif) s’est déclaré favorable à une modification de la loi sur l’assurance invalidité.

On relèvera que cette prédilection pour les rumeurs est caractéristique de la tournure d’esprit du classique intrigant politicard. Entre eux, les politiciens passent leur temps à colporter des ragots. Plus ils en colportent et plus ils se donnent l’air d’être « informés ».

La plupart de ces ragots de politicards n’ont aucun rapport avec l’intérêt public. Il s’agit simplement de se dénigrer réciproquement. On n’hésite pas à colporter les coucheries supposées des uns et des autres : « Vous vous rendez compte ? Il paraît que la conseillère municipale Machin couche avec le député Truc ! C’est scandaleux ! Ils ne sont pas du même parti ! ». Ainsi, dans ce milieu, les rumeurs concernant telle ou telle catégorie de « profiteurs » se propagent avec une grande rapidité. Charles de Gaulle appelait le milieu politique « la classe jacassante ».

Comme il s’agit d’un milieu d’esprits à la fois superficiels et conformistes, chacun s’empresse de colporter la rumeur, sans se soucier de la vérifier. Sans même se donner la peine de la confronter à un élémentaire raisonnement. Et chacun se persuade qu’elle est nécessairement fondée « puisque tout le monde le dit »...

Parallèlement, la rumeur est relayée par divers éditorialistes -petits copains des politiciens au pouvoir-, qui la présentent comme un fait avéré, prêchent « la lutte contre les abus » et démontrent, selon leur habitude, que le journalisme mène à tout. A commencer par la prostitution.

Frank BRUNNER

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, et si vous souhaitez promouvoir la politique d’intérêt général qu’il préconise, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source