retour article original

jeudi 23 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (10ème partie) : Septembre 2004
AFP, 24 septembre 2004

Irak : La résistance continue de s’en prendre aux "collaborateurs"


BAGDAD (AFP) - Policiers, soldats mais aussi entrepreneurs, traducteurs ou même ouvriers : les Irakiens qui travaillent avec la Force multinationale continuent d’être dans la ligne de mire de la résistance qui les accuse de "collaborer" avec l’ennemi.


Lorsqu’ils sont enlevés, ces "collaborateurs" sont présentés devant des "tribunaux islamiques" dont les séances sont filmées avant d’être diffusées, via internet ou par le moyen de vidéos vendues au grand jour à Bagdad. "Le but de cette stratégie est de décourager les candidats potentiels et de priver les Américains d’une précieuse assistance qu’ils ont commencé à mettre en avant lorsque leur popularité s’est mise à décliner auprès des Irakiens", note un diplomate sous le couvert de l’anonymat.

Dans la police, ils sont plus de 600 à être tombés dans les attaques et les attentats de la résistance, depuis la chute du régime de Saddam Hussein, en avril 2003, selon des chiffres officiels. L’armée américaine compte de plus en plus sur ce corps qu’elle place en première ligne dans la lutte quotidienne contre la violence. La police irakienne est composé de 90000 hommes, un effectif appelé à passer à terme à 132000 éléments.

En huit jours, du 14 au 22 septembre 2004, les groupes armés ont fait exploser trois véhicules piégés devant des centres de recrutement à Bagdad et à Kirkouk, tuant plus de 70 personnes et blessant plus de 200 autres. C’étaient en majorité des volontaires. Les attentats ont été revendiqués, jeudi 23 septembre 2004, sur un site internet, par le groupe Tawhid wal Jihad (Unification et guerre sainte) du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui qui affirme avoir visé des "apostats qui s’apprêtaient à s’engager dans la police et l’armée des traîtres".

Dans certains cas, les groupes armés n’hésitent pas à utiliser les familles comme arme de dissuasion. Dernier exemple connu, la famille d’un colonel de la Garde nationale enlevé il y a quelques jours à Baaqouba, par des hommes armés qui, en outre, ont fait sauter sa maison à l’aide d’explosifs. L’épouse du colonel Khalass Ali Husseini, ses trois enfants ainsi que son père ont été enlevés au cours de cette opération.

Malgré ces risques, des "bataillons" de jeunes se bousculent tous les jours devant les centres de recrutement de la police dans l’espoir de s’y faire une place. Le manque de perspectives à cause d’un chômage endémique peut expliquer en partie ce choix. "Les jeunes ne sont pas découragés et n’ont pas peur parce qu’ils ont pris conscience du danger que représente le terrorisme pour leur pays", analyse un porte-parole du ministère de l’Intérieur. "Le pays traverse une étape décisive et ils veulent contribuer à le sauver des griffes du terrorisme", ajoute Kazem Sabbah.

"Il faut être réaliste", tempère un policier de 35 ans qui n’a pas voulu dévoiler son identité. "Il n’y a pas de travail et la mort guette à tout coin de rue. Je me suis engagé dans la police rien que pour le salaire", affirme-t-il.

Mais la campagne de terreur ne concerne pas que les membres des forces de sécurité. Des dizaines de traducteurs, attirés par les salaires, ont été assassinés, poussant nombre d’entre eux à abandonner leur travail ou au moins à changer leurs méthodes. "On ne sort plus à visage découvert ni même dans les endroits où on est connu, car il y a des indicateurs qui fournissent les renseignements aux groupes armés", explique ainsi un traducteur qui a cessé de travailler avec les Américains. De peur d’inquiéter leurs familles, certains d’entre eux évitent même de les avertir lorsqu’ils sont embauchés, ajoute-t-il. La semaine dernière, quatre ouvriers travaillant pour les Américains ont été abattus dans deux attaques séparées dans le nord de l’Irak.

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source