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samedi 27 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (5ème partie) : De septembre 2004 à décembre 2004
AP, 24 septembre 2004

Haïti : 300000 sans-abri


Scène de rue à Gonaives, le 23 septembre 2004

GONAIVES, Haïti (AP) - Encore traumatisés par le passage dévastateur de la tempête tropicale Jeanne, qui a fait plus de 1100 morts et de très nombreux sans-abri, les Haïtiens continuaient à enterrer les cadavres des victimes, vendredi 24 septembre 2004, alors que certains habitants tentaient de piller des camions apportant de l’aide humanitaire.

Haïti


Affamés et assoiffés, des survivants ayant perdu parfois toute leur famille et tous leurs biens perdaient patience en attendant les secours. Complètement démunis, certains déféquaient dans les rues encore pleines de boue, de carcasses d’animaux et de débris divers, un environnement particulièrement propice au développement des épidémies. "C’est une situation critique en terme d’épidémies", a d’ailleurs déclaré Françoise Gruloos, directrice de l’Unesco en Haïti. Aux Gonaïves, la troisième ville du pays, particulièrement touchée, on continuait à rechercher les corps de victimes.

Des habitants de Gonaives s’efforcent d’échapper à l’odeur des cadavres en décomposition, à Gonaives, le 23 septembre 2004

Jeudi 23 septembre au soir, 1013 corps avaient été enterrés dans cette cité de 250000 habitants, a affirmé Dieufort Deslorges, porte-parole de la protection civile, en précisant qu’au total, 1160 corps avaient été retrouvés vendredi 24 septembre 2004 au matin. Il a également évalué à 1251 le nombre de disparus et à près de 300000 le nombre de sans-abri dans le nord-ouest du pays, essentiellement aux Gonaïves.

Une habitante de Gonaives lave du linge, le 23 septembre 2004

Jeudi 23 septembre 2004, des habitants ont pris d’assaut un camion apportant des vivres collectés par des membres du Rotary Club de Port-au-Prince, la capitale située dans le sud du pays. Le camion a essayé de se dégager, mais la foule l’a vidé de toute sa cargaison en une dizaine de minutes : nourriture, eau, gants chirurgicaux et allumettes.

La principale route menant à Gonaives, le 23 septembre 2004

Par ailleurs, un journaliste de l’agence Associated Press (AP) a vu des gens arrêter une cérémonie d’inhumation de nombreux corps. Des employés d’un cimetière demandaient de l’argent. "Nous avons arrêté cette inhumation parce que ça sentait trop mauvais, ça infecte nos poumons et ils ne nous paient pas", expliquait un fossoyeur, Jeudi Nestin. D’autres s’opposaient à ces enterrements parce que selon eux, un corps enterré sans rite religieux va errer sans fin et commettre des actes mauvais.

La principale route menant à Gonaives, le 23 septembre 2004

A l’aube, vendredi 24 septembre 2004, des agriculteurs tentaient de se frayer un chemin dans les champs transformés en marécage, emportant des seaux et des sacs vides dans l’espoir d’acheter quelque chose à manger sur le marché d’Aupotau, une ville où ils viennent d’habitude vendre leurs produits, "l’endroit le plus proche qui n’a pas été dévasté", ont-ils expliqué.

L’école de Caritas, à Gonaives, le 23 septembre 2004

Cette semaine, le président par intérim d’Haïti, Boniface Alexandre, avait lancé un appel à la communauté internationale pour obtenir une aide d’urgence.

Boniface Alexandre

Plusieurs pays ont déjà envoyé de l’aide en Haïti, ainsi que des membres de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, dans des avions qui sont arrivés du Panama, du Canada et de France ces derniers jours.

Déchargement d’un hélicoptère de l’ONU, à Gonaives, le 21 septembre 2004

Jeudi 23 septembre 2004, le gouvernement américain a annoncé qu’il fournirait plus de deux millions de dollars d’aide.

Une file d’attente devant un point de distribution de nourriture, à Gonaives, le 23 septembre 2004

L’acheminement de l’aide aux personnes qui en ont besoin sera plus difficile. "Nous travaillons à organiser la sécurité aux points de distribution parce que c’est un problème de plus en plus important, avec des gens qui ont passé quatre ou cinq jours sans nourriture ni eau", a expliqué Hans Havik, de la Fédération internationale de la Croix-Rouge.

Associated Press

Un enfant crie pour obtenir de la nourriture, pendant une distribution dans une église, à Gonaives, le 23 septembre 2004

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