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vendredi 24 février 2017
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AFP, 25 septembre 2004

Haïti : La situation est toujours catastrophique aux Gonaïves


Un cadavre en décomposition dans une rue de Gonaives, le 24 septembre 2004

GONAIVES (AFP) - Une semaine après le passage de la tempête tropicale Jeanne, de nombreux quartiers des Gonaïves, dans le nord-ouest de Haïti, sont encore inondés et le désordre règne dans cette ville de 250000 personnes où la plupart des habitants n’ont pas encore reçu d’aide humanitaire.

Le bilan s’alourdit chaque jour de plusieurs dizaines de morts. La dernière estimation, samedi 25 septembre 2004 au matin, de la Protection civile haïtienne, est d’au moins 1286 morts et 1129 disparus.

Haïti


Le mécontentement de la population -privée d’électricité et manquant de produits de première nécessité- grandit chaque jour. Le président intérimaire haïtien Boniface Alexandre a annulé une visite qu’il devait faire, samedi 25 septembre 2004, aux Gonaïves, pour des raisons de sécurité, a-t-on appris dans son entourage. De retour de New York où il assistait à l’assemblée générale des Nations unies, Boniface Alexandre a assuré qu’il veillerait à ce que des actions concrètes et efficaces soient entreprises aux Gonaïves, une ville déjà particulièrement déshéritée.

Distribution de nourriture à Gonaives, le 24 septembre 2004

Le gouvernement par intérim, au pouvoir depuis mars 2004, est très critiqué et accusé de lenteur dans la mise en place des réformes promises. Les autorités sont totalement dépassées par les évènements et l’assistance apportée aux Gonaïves repose presque exclusivement sur la communauté internationale. Les distributions d’aide alimentaire aux Gonaïves se sont multipliées ces derniers jours (120 tonnes, selon l’ONU) mais de nombreux habitants se plaignent que les répartitions se déroulent toujours dans les mêmes quartiers. La coordination de l’aide internationale explique qu’elle a besoin de conditions minimales de sécurité pour effectuer une distribution de nourriture et qu’il serait dangereux d’en organiser dans les quartiers aux rues étroites, chaque arrivée d’aide déclenchant une mini-émeute.

Des femmes s’éloignent d’une église de Gonaives avec la nourriture qui leur a été distribuée, le 24 septembre 2004

Pour l’instant les distributions de nourriture se sont concentrées dans la zone urbaine des Gonaïves et les villages durement touchés par la tempête dans la vallée de la Quinte, comme Passe-Rene, n’ont toujours pas reçu d’aide humanitaire. "Nous sommes dans une logique de crise humanitaire qui s’ajoute à une crise chronique", relève le coordinateur de l’aide internationale aux Gonaïves, Eric Mouillefarine. "Il nous faut maintenant déterminer qui a le plus besoin de recevoir de l’aide alimentaire, observe-t-il, la bonne nouvelle c’est que les marchés ont rouvert et la nourriture de base haïtienne est disponible".

Des femmes s’éloignent d’une église de Gonaives avec la nourriture qui leur a été distribuée, le 24 septembre 2004

Dans le domaine de la santé, la ville est aussi paralysée. L’hôpital a été dévasté par la tempête et les quatre dispensaires mis sur pied dans l’urgence se limitent aux premiers soins et aux accouchements. Les habitants ont besoin de chirurgie, souligne le fonctionnaire des Nations Unies. Au moins un hôpital de campagne doivent être installés le temps que l’hôpital public soit remis en service.

Des sinistrés, à Gonaives, le 25 septembre 2004. On notera le déboisement de la montagne, à l’arrière plan. Seul un programme de reboisement massif permettrait d’éviter de nouvelles catastrophes consécutives aux pluies et torrents de boue

Vendredi 24 septembre 2004 au soir, un convoi de la Croix-Rouge française est arrivé aux Gonaïves, avec 40 tonnes d’aide humanitaire : matériel de pompage et de distribution d’eau potable, kits médicaux d’urgence. L’aéroport étant toujours inondé, la route reste le seul moyen pour acheminer l’aide humanitaire. Les hélicoptères de l’ONU continuent leurs rotations mais disposent d’une faible capacité de transport.

Des habitants de Gonaives installés sur le toit de leur maison, le 25 septembre 2004

Les préoccupations d’ordre sanitaire persistent : la majorité des 250000 habitants de la ville ne disposant pas de toilettes et d’évacuation des eaux usées.

L’église Saint Charles de Gonaives, envahie par la boue, le 25 septembre 2004

Le Comité international de la Croix-Rouge cherche à mettre en place un service permettant aux habitants des Gonaïves d’informer leur famille en Haïti ou à l’étranger qu’ils sont en bonne santé. Des listes de personnes annonçant "je suis vivant" seront lues par les radios haïtiennes et des téléphones satellitaires seront mis à la disposition des sinistrés pour rassurer brièvement un proche.

Des Haïtiens nettoient un hôpital de Gonaives, le 24 septembre 2004

Des villages gravement sinistrés au nord des Gonaïves attendaient toujours, samedi 25 septembre 2004, une aide humanitaire.

Agence France Presse

Distribution de nourriture à Gonaives, le 25 septembre 2004

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