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mercredi 29 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Haïti (5ème partie) : De septembre 2004 à décembre 2004
AP, 30 septembre 2004

Haïti en proie aux pillages des gangs


Des soldats argentins transportent le cadavre d’un Haïtien qui n’a pas survécu à l’amputation d’une jambe, à Gonaives, le 27 septembre 2004

GONAIVES, Haïti (AP) - Dix jours après le passage du cyclone Jeanne, les Haïtiens ayant perdu parents et maisons sont à présent les victimes de gangs de rues qui s’attaquent aux convois de nourriture et aux points de ravitaillement, pillent les maisons à la tombée de la nuit et n’hésitent pas à tirer sur quiconque se met en travers de leur route.

Haïti


Ces milices, qui avaient aidé à chasser le président Jean-Bertrand Aristide, auraient dû être désarmées par le nouveau gouvernement soutenu par les Etats-Unis. "Il y a un vrai problème avec les gangs", a affirmé à l’Associated Press John Harrison, en charge de la sécurité pour la mission de stabilisation de l’ONU. Mardi 28 septembre 2004, il cherchait des points de distribution de nourriture sécurisés et s’est arrêté près du port où se tenaient des hommes armés. "Je pense que les choses pourraient empirer", a-t-il dit.

Une femme chante en préparant de la nourriture à vendre dans les rues de Gonaives, le 28 septembre 2004

La police locale, démoralisée et sous-équipée, a même assisté, impuissante, mardi 29 septembre 2004, au pillage d’un camion chargé de bouteilles d’eau potable. "Nous pensons que les pillages sont l’oeuvre des gangs", a affirmé le ministre de l’Agriculture Philippe Mathieu lors d’une conférence de presse à Port-au-Prince, la capitale du Sud. Le commissaire de police Abner Vilme a confirmé que les gangs des rues pénétraient dans les maisons la nuit. Il a affirmé que ses hommes avaient tenté de négocier avec les gangs sans succès.

Une file d’attente devant un point de distribution d’eau potable, à Gonaives, le 28 septembre 2004

Les équipes de secours ont retrouvé 1554 corps et 900 personnes sont toujours portées disparues depuis le passage de Jeanne. La plupart des disparus sont supposés morts, emportés par la mer ou ensevelis sous les décombres.

Un fermier contemple sa bananeraie dévastée par les intempéries, près de Gonaives, le 29 septembre 2004

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, se rendra aux Gonaïves jeudi 30 septembre. Selon lui, la reforestation doit être la priorité de manière à prévenir de telles catastrophes dans le futur. "La catastrophe des Gonaïves démontre clairement que les atteintes portées à l’environnement par le passé ont des conséquences déplorables aujourd’hui", a affirmé, mercredi 29 septembre 2004, M. Pettigrew, devant des journalistes, à Port-au-Prince. "Cela doit devenir une priorité", a-t-il ajouté.

Associated Press

Pierre Pettigrew

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